Le juge d’instruction près la Cour de justice, Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la gigantesque double explosion meurtrière du 4 août 2020 au port de Beyrouth, a affirmé jeudi que le volet technique de l’enquête serait achevé dans les prochaines semaines et qu’il se donnait deux mois pour déterminer les causes du drame, alors que les familles des plus de 200 victimes réclament justice depuis dix mois. Il a également fait savoir que de nouvelles convocations de suspects sont prévues. Le juge a en outre annoncé que l’une des trois hypothèses qui pourraient expliquer la double explosion a été écartée à hauteur de 70 %, sans toutefois spécifier laquelle.
« Le volet technique de l’enquête sera bientôt achevé, et dans les prochaines semaines, la phase de convocations des personnes faisant l’objet de poursuites débutera », a annoncé le juge Bitar hier devant un petit groupe de journalistes qu’il a reçus dans son bureau au Palais de justice de Beyrouth.
Plusieurs responsables sécuritaires et politiques, notamment le Premier ministre sortant Hassane Diab, les députés Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, et l’ex-ministre Youssef Fenianos, avaient été inculpés pour négligence par le juge Fadi Sawan qui était initialement en charge de l’enquête. Il en avait été dessaisi, comme on le sait, au début de l’année pour être remplacé par Tarek Bitar.
Après avoir pris la relève de Fadi Sawan, M. Bitar avait interrogé depuis mars les prévenus et de nombreux témoins. Le magistrat s’est par ailleurs penché ces dernières semaines sur l’itinéraire et les pays de contact juridique du navire Rhosus chargé du nitrate d’ammonium. À cette fin, le magistrat avait émis des commissions rogatoires adressées aux pays concernés, directement ou non, par le passage de la cargaison, à savoir la Géorgie, pays d’origine du nitrate d’ammonium, le Mozambique, pays de destination, la Grèce, Chypre et la Turquie.
Trois hypothèses
Devant les journalistes, Tarek Bitar s’est dit confiant dans sa capacité à « parvenir à la vérité et à déterminer les responsabilités de ce drame ». Il a ensuite dit qu’il se donnait « deux mois pour déterminer les causes de l’explosion de manière finale et décisive ».
« L’enquête se concentre actuellement sur trois hypothèses : la première est celle d’une erreur lors de travaux de soudure sur la porte du hangar n° 12 et qui aurait provoqué l’incendie puis l’explosion. La deuxième est celle d’un acte sécuritaire ou terroriste intentionnel à l’intérieur du port et la troisième est celle d’une frappe aérienne à l’aide d’un missile », a expliqué le juge.
« L’une de ces hypothèses a été écartée à 70 % et le travail se concentre sur les deux autres », a-t-il précisé, sans spécifier clairement lesquelles. Mais commentant l’éventualité d’une frappe aérienne, il a dit que « cette hypothèse fait l’objet d’une enquête approfondie en se basant sur les dépositions des témoins (...), les données des radars et enfin l’analyse du sol pour déterminer la présence ou non de débris de missile ou de poudre, ou toute autre matière explosive ».
Le magistrat a dans ce contexte affirmé que c’est le dernier rapport qu’il a reçu des autorités françaises qui l’a poussé à écarter en grande partie l’une des trois hypothèses en question.
Lundi, la France avait remis au Liban un rapport « préliminaire » sur les causes de la double explosion, alors que la semaine dernière, des magistrats français en visite au Liban avaient remis au juge Bitar le volet « technique » du rapport. La France, aux côtés d’autres pays européens, avait répondu à la demande des autorités libanaises et a apporté son aide pour enquêter sur la double déflagration. Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert sa propre enquête sur le drame qui a aussi fait des victimes françaises. La coopération judiciaire entre les deux pays suit son cours.
Députés et immunités
Enfin, Tarek Bitar a annoncé que sept nouveaux témoins, tous employés au port et qui se trouvaient sur place lors de la double explosion, sont entendus actuellement, ajoutant que leurs témoignages sont considérés comme centraux à l’enquête. Les sept avaient survécu par miracle au cataclysme, au cours duquel ils avaient été grièvement blessés.
Interrogé sur le fait de savoir si des responsables politiques figurent parmi les suspects qui seront prochainement convoqués, le juge Bitar s’est contenté de dire qu’il prendra « toutes les mesures permises par la loi dans le cadre des prérogatives » qui lui sont attribuées. « Toute personne qui sera jugée coupable de collusion ou de négligence ne sera pas à l’abri » de poursuites, a promis le magistrat. Il a toutefois rappelé que les députés bénéficient d’une immunité. « La loi est claire : les députés ne peuvent être convoqués en justice, sauf s’ils sont attrapés en flagrant délit, dans un délai de huit jours, ou après la levée de l’immunité de la part du Parlement, en dehors de la session de la Chambre », a précisé Tarek Bitar.


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Étant un érudit des calculs, qu'on nous enseignait au jardin d'enfants, je me casse la tête pour comprendre, à chaque fois qu'un de nos zoms responsable de klkchause, à comprendre les pauvrecentages sur lesquels ils se fondent pour leurs décisions: Diab? 96%,,,, what!? Le juge? 70% et vlan, dans la face...what x 80% !! Résultats et khawatiiims, comme aiment nous répéter les tv et radios, 0% !! Car si on ose poser des questions on se retrouve Martyrisé physiquement ou moralement!!! De grâce que vos réponse soient oui, Oui! ou non, Non!
15 h 21, le 05 juin 2021