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Politique - Décryptage

Au-delà des polémiques, un système à bout de souffle...

« La guerre des communiqués » entre le courant du Futur d’une part et la présidence de la République et le Courant patriotique libre de l’autre montre une chose : il devient de plus en plus difficile de former un nouveau gouvernement selon les pratiques habituelles depuis l’adoption de l’accord de Taëf.

La violence des termes utilisés de part et d’autre a étonné de nombreux Libanais qui se sont demandé si, après ces échanges, il est encore possible de trouver un compromis « à la libanaise » ou bien si, sciemment ou non, les responsables sont en train de pousser vers un changement du système.

On pourrait s’étendre longuement sur les raisons et l’impact de cet échange d’une violence rare entre des responsables condamnés à s’entendre pour former un gouvernement. Le CPL rappelle ainsi que c’est Saad Hariri qui a commencé à ouvrir le feu en ciblant personnellement le chef de l’État, d’abord au Vatican, puis ensuite au Parlement, alors que le député Bassil a insisté dans son discours sur l’attachement du président et du CPL à ce que Saad Hariri forme le prochain cabinet. Deux jours plus tard, le chef du CPL a répété la même chose, ajoutant toutefois la possibilité de tenir une table de dialogue si le blocage persiste, provoquant de nouveau la colère du courant du Futur.

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Dès lors, les milieux proches du « tandem chiite » (Amal et le Hezbollah) se sont demandé s’il y a une volonté délibérée de la part du « camp haririen » de détruire totalement toute possibilité d’accord avec Michel Aoun et son camp. Certes, le courant du Futur rejette la responsabilité du blocage sur le camp présidentiel accusé de ne pas vouloir depuis le début de Saad Hariri à la tête du gouvernement, mais les derniers développements montrent aussi que le camp haririen ne cherche pas non plus une entente.

Le conflit entre les deux responsables impliqués dans le processus de formation du gouvernement semble donc atteindre un niveau personnel assez grave. Au point d’ailleurs que, selon ses proches, le président de la Chambre lui-même aurait été choqué par la violence des mots utilisés dans les communiqués des deux parties. Nabih Berry, qui est considéré en général comme « le faiseur de miracles » ou encore comme « le magicien toujours prêt à sortir un lapin de son chapeau », serait donc aujourd’hui sur le point de renoncer à son rôle, et de plus en plus de rumeurs circulent sur le fait que le Liban pourrait rester sans gouvernement de fonction pendant des mois encore.

Au-delà des petites considérations politico-personnelles, des spécialistes constitutionnels estiment que le système instauré depuis Taëf ne fonctionne plus. De plus, celui qui y était le plus opposé en 1989 et qui a fini par y adhérer à partir de 2005 est aujourd’hui une des causes de son échec.

Un petit retour en arrière s’impose. Les spécialistes constitutionnels précités racontent ainsi que lorsque le général Michel Aoun était devenu président du gouvernement de transition après l’expiration du mandat d’Amine Gemayel, il a rapidement lancé sa campagne pour la fermeture des ports illégaux par souci de renforcer les institutions de l’État. Il s’est alors heurté aux milices et aux députés qui les appuyaient. Lorsque ceux-ci ont voulu se rendre à Taëf pour discuter de la nouvelle Constitution, il a même dissous le Parlement pour leur ôter tout caractère officiel. Dès lors, à Taëf, la principale obsession des députés était d’éviter une réédition du scénario Aoun. C’est pourquoi le chef de l’État a été privé d’importantes prérogatives, comme celle de dissoudre le Parlement, nommer le commandant en chef de l’armée (désormais désigné par le Conseil des ministres) et former le gouvernement. Selon des journalistes qui ont assisté aux débats de Taëf, cet accord a donc été conçu en fonction de deux personnes : Michel Aoun pour l’écarter définitivement et Rafic Hariri pour lui donner les pleins pouvoirs et ouvrir la voie à son arrivée en force à la tête du gouvernement. Pendant tout le mandat d’Élias Hraoui, Rafic Hariri a ainsi dominé la scène politique, avec ses deux partenaires de la troïka, Hraoui et Berry. Par la suite, il s’est heurté au président Émile Lahoud qui a refusé d’intégrer ce système. Il a fallu attendre l’élection de Michel Sleiman, après la réunion de Doha (mai 2008), pour que le système fonctionne de nouveau sur la base d’une troïka, mais cette fois, l’homme fort était Nabih Berry, aux côtés de Saad Hariri et Michel Sleiman.

Le billet de Gaby NASR

Ruades et reculade

Le retour de Michel Aoun en 2005 et son élection à la présidence en 2016 ont de nouveau grippé le système établi autour de personnes, au lieu d’être basé sur des institutions. Dans un État normal, il est en effet impensable que les responsables aient besoin d’une médiation pour discuter ensemble et faire leur travail. Mais au Liban, où les citoyens restent divisés en tribus confessionnelles, derrière des chefs qui ont noyauté les institutions publiques pour que tous les services passent par eux, ce schéma a fonctionné... jusqu’à récemment. Brusquement et pour diverses raisons, le système tout entier est paralysé. La plupart des institutions ne fonctionnent plus, les piliers traditionnels de l’économie libanaise (les secteurs médical, bancaire et éducatif) sont discrédités, alors que l’État qui a bâti son fonctionnement sur l’endettement ne trouve plus personne pour lui prêter de l’argent.

Est-ce la faute de Michel Aoun, de Saad Hariri, ou bien l’évolution logique d’un système condamné ? Pour les spécialistes constitutionnels précités, ce serait surtout le système établi depuis les années 90 – qui a permis à des personnes, aussi charismatiques soient-elles, de confisquer les institutions, les faisant fonctionner lorsqu’elles s’entendent et les paralysant lorsqu’elles sont en désaccord – qui serait responsable de l’impasse actuelle... Le diagnostic peut être exact, mais il ne donne pas le remède.Ce qui est sûr pour l’instant, c’est que le blocage semble total, selon les milieux du CPL et du courant du Futur. À cela, il faudrait ajouter que le dossier libanais n’est pas prioritaire pour la communauté internationale...

« La guerre des communiqués » entre le courant du Futur d’une part et la présidence de la République et le Courant patriotique libre de l’autre montre une chose : il devient de plus en plus difficile de former un nouveau gouvernement selon les pratiques habituelles depuis l’adoption de l’accord de Taëf.
La violence des termes utilisés de part et d’autre a étonné de nombreux Libanais qui se sont demandé si, après ces échanges, il est encore possible de trouver un compromis « à la libanaise » ou bien si, sciemment ou non, les responsables sont en train de pousser vers un changement du système.
On pourrait s’étendre longuement sur les raisons et l’impact de cet échange d’une violence rare entre des responsables condamnés à s’entendre pour former un gouvernement. Le CPL...
commentaires (8)

Mr. Berry est un magicien de tout meme son argent est en Suisse .....

Eleni Caridopoulou

20 h 59, le 04 juin 2021

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Commentaires (8)

  • Mr. Berry est un magicien de tout meme son argent est en Suisse .....

    Eleni Caridopoulou

    20 h 59, le 04 juin 2021

  • Il est clair que Hariri ne veut pas des solutions mille fois proposées sous différentes formes pour nous faire avaler que des concessions ont été faites par le président et sa meute alors qu’ils ne cessent de tourner autour de leur seul projet qui est de se réserver la majorité dans le nouveau gouvernement dans le seul but de pouvoir encore et toujours bloquer le pays quand bon leur semble. Lorsque vous dites que vous n’aimez pas le poulet et qu’on vous sert de nuggets vous avez le droit de le refuser puisque cela veut dire qu’on vous prend pour une idiote. Or c’est exactement ce qui se passe avec cette clique ils déguisent leur propositions mais le contenu est toujours le même alors il est plus que légitime de sortir de ses gongs et de les traiter de tous les noms puisqu’ils se croient plus malins et donc que celui d’en face est nul au point d’accepter. Compris où il faut un dessein. Personne n’est dupe et à force de les côtoyer on finit par les connaître sur le bout des doigts. Ils jouent aux accusateurs alors qu’ils ont massacré le pays et veulent persévérer si personne ne leur tient tête.

    Sissi zayyat

    14 h 58, le 04 juin 2021

  • "Le CPL rappelle ainsi que c’est Saad Hariri qui a commencé à ouvrir le feu en ciblant personnellement le chef de l’État, "... Apparemment le CPL et bien sûr les source de Mme blacksmith et Mme Haddad elle-même ont tous oublié la vidéo filtrée de notre "toit en acier" informé le pm démissionnaire que Hariri est kézab, menteur, ... après ceci il a fallu des semaines avant que Hariri ne hausse le ton de son côté aussi...

    Wlek Sanferlou

    13 h 58, le 04 juin 2021

  • Mme Haddad nous informe que " Les spécialistes constitutionnels précités racontent ainsi que lorsque le général Michel Aoun était devenu président du gouvernement de transition après l’expiration du mandat d’Amine Gemayel, il a rapidement lancé sa campagne pour la fermeture des ports illégaux par souci de renforcer les institutions de l’État. Il s’est alors heurté aux milices et aux députés qui les appuyaient." Ya madame, dites à ces "spécialistes" (j'immagine que c'est jreissati) que aoun avait pour mission de préparer les élections présidentielles seulement, que la milice insinuée par ce spécialiste avait, pour éviter tout conflit et remis à aoun le bassin n4 du port. j'estime que ce "spécialiste" vous a barratiné et vous le citez sans vérifier ses dires.

    DJACK

    12 h 55, le 04 juin 2021

  • le non dit de Mme hadad est l'origine de cet echec du "systeme" . c'est qu'elle aurait eu honte de le faire tellement ce serait accablant . c'est que les "acteurs" de 3e categories qui dirigent le pays depuis 1988 sont nuls, incompetents,arrogants et j'en passe. mais ca c'est encore "digerable". ce qu'elle a honte d'ecrire est qu'ils sont depourvus de dignite, de fierte d'esprit civique et enfin celui national.

    Gaby SIOUFI

    12 h 00, le 04 juin 2021

  • IL DEVIENT DE PLUS EN PLUS DIFFICILE DE FORMER UN GOUVERNEMENT SELON LES PRATIQUES HABITUELLE DIT MADAME TOUT EN SE TAISANT SUR LA CONSTITUTION. EN LISANT CA ON QUITTE CET ARTICLE CAR DU DEBUT ON DEVINE LE RESTE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 14, le 04 juin 2021

  • Juste une petite correction, Madame...Gebran Bassil n'est pas ministre, actuellement, il est chef de son parti, le CPL, c'est tout ! - Irène Saïd

    Irene Said

    07 h 44, le 04 juin 2021

  • En conclusion : ils sont TOUS responsables de la destruction du pays que ce soit le CPL, le Futur, les FL, le PSP, Amal, Hezbollah et tous les autres dirigeants politiques. Votre article, même biaisé, se résume en : kellon yaani kellon... allez oust du balai les corrompus et les incompétents

    Lecteur excédé par la censure

    07 h 38, le 04 juin 2021

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