Quand Magritte était dans sa période Renoir
Le musée de l’Orangerie à Paris propose un volet insolite et peu connu de l’œuvre de René Magritte pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque le peintre belge délaisse le surréalisme pour s’inspirer des sujets peints par Pierre-Auguste Renoir, au risque d’un certain kitsch.
De 1941 à 1946, Magritte a sa « période Renoir » : une cinquantaine de tableaux, autant de gouaches et un nombre considérable de dessins, célébrant l’hédonisme et la sensualité retrouvée.
L’exposition de l’Orangerie, « Le surréalisme en plein soleil », met en regard une partie de ses toiles avec des chefs-d’œuvre du très populaire impressionniste : charmantes certes mais pas à leur niveau.
« Magritte respecte-t-il Renoir ou le détourne-t-il ? » interroge le commissaire Didier Ottinger, qui voit une inspiration « pop » annonçant Andy Wahrol ou Jeff Koons, et un degré d’ironie, comme dans son nu féminin multicolore de la Moisson reprenant un nu couché de Renoir.
Magritte, activiste de la cause antifasciste, se voit en prophète du bonheur quand le nazisme sera vaincu : « Le beau côté de la vie serait le domaine que j’explorerais. J’entends par là tout l’attirail traditionnel des choses charmantes, les femmes, les fleurs, les oiseaux, les arbres, l’atmosphère de bonheur. C’est un charme assez puissant qui remplace maintenant dans mes tableaux la poésie inquiétante que je m’étais évertué jadis à atteindre », écrira Magritte au poète Éluard en 1941.
Magritte juge même que sa « période Renoir » peut amener à une réforme du Surréalisme. Il adressera en 1946 son Manifeste pour un Surréalisme en plein soleil à André Breton, qui lui opposera une fin de non-recevoir. « C’est la transgression absolue, car le surréalisme a toujours détesté l’impressionnisme », souligne le commissaire Ottinger, spécialiste de la peinture moderne.
Ce qui conduira Magritte à « liquider » la « période Renoir » avec une nouvelle inspiration provocatrice et cynique dès 1947, celle de sa « période Vache ».
Jusqu’au 19 juillet.
Giuseppe Arcimboldo et ses influences
Un précurseur qui a influencé les plus grands : le Centre Pompidou-Metz expose à partir de samedi et jusqu’au 22 novembre le peintre milanais Giuseppe Arcimboldo, connu pour ses portraits composés de fruits, de fleurs ou d’animaux, source d’inspiration pour Dali, Magritte ou Picasso.
Arcimboldo (1526-1593) est une des figures de proue du maniérisme, mouvement qui désirait s’affranchir des règles de la perspective, en opposition avec les codes de la Renaissance.
« En parlant autour de nous, on a vu qu’il y avait beaucoup d’artistes contemporains, de la nouvelle génération ou des artistes confirmés, qui ont trouvé qu’Arcimboldo était révélateur de leur art, qu’il leur avait donné un degré de liberté possible », explique Chiara Parisi, commissaire de l’exposition « Face à Arcimboldo ».
Sa manière – inédite à l’époque – d’animer les natures mortes et de fusionner l’homme et l’animal a influencé de façon assumée ou inconsciente les 130 artistes exposés dans la Grande Nef du Centre Pompidou-Metz.
« On sort du réalisme en représentant symboliquement. Cela montre à quel point Arcimboldo est profondément contemporain », souligne Anne Horvath, autre commissaire de l’exposition.
La première rencontre du visiteur avec l’œuvre de l’artiste est Le Printemps (1563), un portrait allégorique de la saison composé de feuilles et de fleurs.
L’exposition montre à quel point Arcimboldo, tombé dans l’oubli puis revenu en grâce au début du XXe siècle, est précurseur des révolutions de la modernité, du cubisme au surréalisme.
« Il y a eu une grande exposition au MoMa (Museum of Modern Art à New York, NDLR) dans les années 1930 et c’est là qu’Arcimboldo fera son apparition, aux côtés du grand mouvement surréaliste », rappelle Chiara Parisi.
Dans chacune des trois sections de la Grande Nef, les œuvres du peintre du XVIe siècle interagissent avec celles des artistes surréalistes : Dali, grand admirateur d’Arcimboldo, René Magritte, Marcel Duchamp, Man Ray ou Picasso.
Autre œuvre majeure et énigmatique d’Arcimboldo : le Bibliothécaire (vers 1566), le portrait d’un homme-livre –
23 livres au total – dont on devine que la forme du pupitre représente son corps.
Pour le lancement de l’exposition, l’accès au Centre Pompidou-Metz sera gratuit tout le week-end (29 et 30 mai).
Le premier roman de Tarantino sort cet été
Le premier roman du réalisateur américain Quentin Tarantino, Il était une fois à Hollywood, adaptation libre de son film éponyme sorti en 2019 et primé de deux Oscars, sera publié en France le 18 août, ont annoncé les éditions Fayard.
Le réalisateur de Pulp Fiction – Palme d’or au Festival de Cannes 1994 et Oscar du meilleur scénario l’année suivante – racontera les aventures de Rick Dalton, acteur de western, et de son acolyte Cliff Booth dans le Los Angeles de 1969, où le mouvement hippie est à son apogée, indique Fayard dans un communiqué.
L’ouvrage sortira dans un premier temps aux États-Unis (29 juin), chez Harper Collins.
Il est « librement » inspiré de son film Il était une fois à Hollywood, sorti en 2019. Avec près de 400 millions de dollars de recettes au niveau mondial, il s’agit du deuxième plus grand succès du réalisateur, derrière Django Unchained (2012).
« Quentin Tarantino transcende son style unique, son inventivité débordante et son sens phénoménal du dialogue et du montage pour livrer un roman d’une incroyable virtuosité », écrivent les éditions Fayard.
Source : AFP
De 1941 à 1946, Magritte a sa « période Renoir » : une cinquantaine de tableaux, autant de gouaches et un nombre considérable de dessins, célébrant l’hédonisme et la sensualité retrouvée.
L’exposition de l’Orangerie, « Le surréalisme en plein soleil », met en regard une partie de ses toiles avec des chefs-d’œuvre du très populaire impressionniste : charmantes certes mais pas à leur niveau.
« Magritte respecte-t-il Renoir ou le détourne-t-il...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef