Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafaël Grossi, lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation à Vienne, hier. AFP / ALEX HALADA
L’AIEA a prolongé hier son compromis technique avec l’Iran sur les inspections du programme nucléaire, extension qui offre un sursis aux grandes puissances négociant à Vienne pour sauver l’accord international de 2015.
« Les activités de surveillance et de vérification vont se poursuivre dans le cadre actuel pour un mois, expirant le 24 juin », a déclaré le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafaël Grossi, lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation à Vienne. L’Iran avait restreint en février l’accès des inspecteurs à certains sites, mais l’AIEA avait alors trouvé « une solution temporaire » pour garantir un degré nécessaire de surveillance. Téhéran refuse aussi depuis cette date de fournir en temps réel les enregistrements de caméras et autres outils dans les installations nucléaires. « L’équipement continue à être sous la garde de l’agence », a précisé M. Grossi. « Les données ne seront donc pas effacées, c’est un aspect important ».
Pas idéal
L’Iran s’est engagé à les transmettre dès que les sanctions américaines seraient levées. D’ici là, les informations « demeurent en possession de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) et ne seront pas transférées à l’AIEA », a prévenu Kazem Gharibabadi, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique, selon des propos cités par l’agence officielle iranienne IRNA. « Ce n’est pas idéal », a reconnu M. Grossi. « C’est une mesure d’urgence, (...) un remède palliatif pour éviter de naviguer complètement à l’aveugle ». De son côté, M. Gharibabadi a appelé les pays participant aux discussions qui ont démarré début avril dans la capitale autrichienne, à saisir cette occasion pour lever totalement les sanctions.
Les efforts pour relancer l’accord international sur le nucléaire iranien sont suspendus à une « décision politique » des États-Unis, a déclaré hier Téhéran après que Washington eut exprimé des doutes sur la volonté d’aboutir des Iraniens.
Cet accord a été conclu entre la République islamique et le groupe dit P5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) à Vienne en 2015. Il offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales le visant en échange de garanties prouvant que l’Iran ne cherche pas à acquérir l’arme atomique. Mais il est moribond depuis que les États-Unis s’en sont retirés unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump. En riposte, Téhéran a fait sauter depuis 2019 la plupart des garde-fous à son programme nucléaire qu’elle avait acceptés à Vienne.
Le successeur de M. Trump, Joe Biden, dit vouloir rejoindre l’accord. Des négociations indirectes mêlant l’Iran et les autres États encore parties au pacte, ainsi que les États-Unis, ont lieu à Vienne pour tenter de relancer l’accord.
« Nous avons fait des progrès importants et pensons toujours qu’un accord est à portée de main », a déclaré le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, lors d’une conférence de presse à Téhéran. Les pourparlers de Vienne « peuvent facilement donner des résultats si une décision politique est prise à Washington », a-t-il ajouté, disant attendre que les États-Unis « prennent leurs distances avec la rhétorique, l’attitude et le comportement », de M. Trump, qui avait décrété une campagne de « pression maximale » contre l’Iran.
Alors qu’une nouvelle session de discussions doit s’ouvrir cette semaine à Vienne, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a déclaré dimanche que les États-Unis n’avaient à ses yeux « pas encore de réponse » à la question de « savoir si l’Iran (...) est prêt à faire le nécessaire pour se conformer de nouveau à l’accord ».
De leur côté, les États-Unis savent « quelles sanctions vont devoir être levées si elles ne sont pas compatibles avec l’accord nucléaire », a encore déclaré M. Blinken, laissant entendre que Washington n’était pas prête à lever toutes sanctions réimposées ou instituées par M. Trump contre l’Iran, comme ne cesse de le demander Téhéran.
Source : AFP


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