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Moyen-Orient - Violences

Au moins 70 morts dans les affrontements entre Israël et le Hamas

Washington envoie un émissaire au Proche-Orient ; Moscou appelle à une réunion urgente du quartette.

Au moins 70 morts dans les affrontements entre Israël et le Hamas

La tour al-Sharouk à Gaza visée par les bombardement israéliens, hier. Qusay Dawud/AFP

Plus de 1 100 roquettes tirées vers Israël, des frappes continues sur la bande de Gaza et plus de 70 morts depuis lundi : l’affrontement entre le Hamas et l’État hébreu ne montrait hier soir aucun signe d’apaisement et faisait craindre une « guerre à grande échelle ».

La dernière victime connue, hier soir, de cette escalade militaire est un enfant de six ans, dans la ville israélienne de Sdérot, victime d’un nouveau barrage de roquettes du Hamas depuis la bande de Gaza qui a causé des ravages dans la ville voisine d’Ashkelon. Ce décès porte à sept – incluant un soldat – le nombre de personnes tuées en Israël depuis le déclenchement des hostilités lundi, les plus intenses depuis la guerre de Gaza de 2014.

À Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien et contrôlée par le Hamas, 65 personnes sont mortes dans les frappes israéliennes, dont 16 enfants et plusieurs commandants du Hamas. Le mouvement islamiste a annoncé hier le décès de Waël Issa, chef de sa branche militaire pour la ville de Gaza, la principale de ce territoire palestinien, tandis que les services de renseignements intérieurs israéliens ont annoncé le décès de trois autres ténors de l’organisation. L’aviation israélienne a aussi pulvérisé une tour de plus de dix étages abritant des bureaux de la chaîne palestinienne al-Aqsa créée il y a quelques années par le Hamas. « En représailles au raid sur la tour al-Shorouk et à la mort d’un groupe de dirigeants », le Hamas a lancé mercredi soir plus d’une centaine de roquettes vers Israël dont plusieurs ont été interceptées par le bouclier antimissiles « Dôme de fer ».

La diplomatie s’active

Face à cette intensification des combats, les États-Unis ont annoncé hier soir l’envoi d’un émissaire en Israël et dans les territoires palestiniens pour exhorter une nouvelle fois à la « désescalade », tandis que la Russie a appelé à une réunion d’urgence du quartette sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU). Le secrétaire d’État s’est par ailleurs entretenu au téléphone hier avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, auquel il a « réitéré son appel à toutes les parties en faveur d’une désescalade des tensions et pour mettre fin à la violence », a dit le département d’État dans un communiqué. Antony Blinken a de nouveau condamné les attaques du Hamas contre Israël « avec la plus grande fermeté », mais il a aussi estimé que « tout décès de civils » était « une tragédie ». Le ministre américain de la Défense Lloyd Austin s’est lui entretenu avec son homologue israélien Benny Gantz pour appeler également « toutes les parties impliquées » à « prendre des mesures pour ramener le calme ».

Le gouvernement allemand a estimé pour sa part qu’Israël « a le droit de se défendre face aux attaques » du Hamas, a indiqué hier son porte-parole Steffen Seibert, précisant que le gouvernement allemand condamnait « fermement ces attaques persistantes aux roquettes depuis la bande Gaza sur les villes israéliennes ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU a, de son côté, tenu hier une nouvelle réunion d’urgence à huis clos consacrée à cette crise sanglante, sans parvenir comme lundi à s’entendre sur une déclaration, en raison d’une opposition persistante des États-Unis à l’adoption de tout texte, selon des diplomates.

Signe de leur frustration, quatre membres européens du Conseil de sécurité – Norvège, Estonie, France et Irlande – ont tenu hier à publier un communiqué. « Le grand nombre de victimes civiles, dont des enfants, dues à des frappes aériennes israéliennes à Gaza et les morts israéliennes causées par des roquettes lancées de Gaza sont à la fois inquiétants et inacceptables », ont-ils indiqué. « Nous appelons Israël à cesser les activités de colonisation, de démolition et d’expulsions (de Palestiniens), y compris à Jérusalem-Est », affirme aussi leur communiqué, en allusion à l’un des vecteurs à l’origine du nouveau conflit.

Le président russe Vladimir Poutine a lui aussi appelé plus tôt mercredi à la désescalade dans le conflit opposant le Hamas et l’État hébreu, lors d’une conversation avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qui, nettement plus offensif, réclame de donner « une leçon » à Israël. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a, pour sa part, appelé hier à tout mettre en œuvre pour éviter un nouveau « conflit meurtrier ».Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », avait alerté mardi l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland : « Une guerre à Gaza serait dévastatrice, et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix », dans ce microterritoire palestinien de deux millions d’habitants, miné par un taux de chômage avoisinant 50 %.

Sur le terrain, le sergent-chef Omer Tabib, 21 ans, a été tué hier matin par des tirs antichars du Hamas « lors d’une opération visant à protéger des villages (israéliens) près de la bande de Gaza », a indiqué l’armée. La branche armée du Hamas avait auparavant annoncé avoir tiré un missile sur une Jeep de l’armée israélienne. Les services israéliens affirment avoir tué au total une « dizaine » de responsables du Hamas, mais aussi des cadres du Jihad islamique, second groupe islamiste armé de la bande de Gaza, dans des raids menés depuis lundi soir. Pour l’armée, les frappes sur Gaza se veulent une riposte aux « plus de 1 000 roquettes » lancées par différents groupes armés vers l’État hébreu depuis lundi.

Le Hamas avait lancé une première salve de roquettes vers Israël en signe de « solidarité » avec les plus de 900 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est occupée.

Outre le nombre croissant de morts, 335 Palestiniens ont été blessés dans ces frappes, dont beaucoup ont été sauvés des ruines fumantes de bâtiments. Côté israélien, plus de 100 personnes ont été blessées.

« Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête, et si (Israël) veut arrêter, nous sommes prêts aussi », a indiqué mardi soir le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, appelant les forces israéliennes à se retirer de l’esplanade des Mosquées. Aucune trêve n’est envisageable tant qu’un « calme durable » n’est pas assuré, a prévenu, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, alors que des dommages inégalés depuis la dernière guerre de Gaza en 2014 ont été constatés en Israël. Selon la procureure en chef de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda, des « crimes » pourraient avoir été commis.

Des violences ont aussi gagné des villes israéliennes ces derniers jours, notamment Lod, cité mixte juive et arabe du centre du pays.Moussa Hassouna, un jeune père de famille arabe israélien de 32 ans, est mort par balle cette semaine dans les heurts. Les images qui circulent sur les réseaux sociaux suggèrent que des Juifs nationalistes armés qui se tenaient dans un bâtiment à proximité sont derrière sa mort. Mardi soir, lors de ses funérailles, la situation a dégénéré avec un cortège de voitures incendiées, des jets de pierres mais aussi des cocktails Molotov, poussant Benjamin Netanyahu à déclarer « l’état d’urgence » à Lod. Le président Reuven Rivlin a dénoncé un « pogrom », tandis que certains observateurs craignaient une aggravation des troubles civils après que des manifestants ont notamment brûlé des voitures, affronté la police israélienne et attaqué des automobilistes juifs dans plusieurs villes mixtes. D’autres villes mixtes d’Israël sont également le théâtre d’affrontements entre Juifs et Arabes.

Source : AFP


Plus de 1 100 roquettes tirées vers Israël, des frappes continues sur la bande de Gaza et plus de 70 morts depuis lundi : l’affrontement entre le Hamas et l’État hébreu ne montrait hier soir aucun signe d’apaisement et faisait craindre une « guerre à grande échelle ».
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