LE président libanais, Michel Aoun (g), recevant le député de Beyrouth Antoine Pano, le 5 mai 2021 au palais de Baabda. Photo Présidence libanaise
La présidence libanaise a affirmé mercredi que le chef de l'Etat, Michel Aoun, suivait le dossier de la saisie en Arabie saoudite d'une cargaison de Captagon en provenance du Liban et qui a poussé Riyad à suspendre les importations de fruits et légumes provenant du pays du cèdre il y a bientôt deux semaines.
Le royaume wahhabite avait pris cette décision sachant que les amphétamines saisies avaient été cachées dans une cargaison de grenades.
La suspension des importations de fruits et légumes libanais, qui vise selon Riyad à pousser les autorités de Beyrouth à trouver une solution radicale aux opérations de narcotrafic vers le royaume wahhabite, intervient alors que le pays est confronté à une crise financière, économique et sociale inédite. Les responsables libanais ont demandé à l’Arabie de revenir sur sa décision, affirmant leur détermination à renforcer la lutte contre la contrebande. Le président de la République avait chargé le ministre sortant de l'Intérieur d'assurer le suivi de cette affaire avec les autorités de Riyad. Il avait également exhorté "les services de sécurité à renforcer la lutte contre les opérations de contrebande et ceux qui sont derrière cette pratique", assurant que le Liban ne voulait en aucun cas porter atteinte à l'Arabie saoudite. Mais Riyad semble inflexible.
"Le président de la République a effectué le suivi des mesures prises lors de la réunion au palais de Baabda, la semaine dernière en vue de renforcer la lutte contre le trafic aux frontières libanaises, surtout après les derniers incidents ayant été signalés dernièrement", écrit Baabda. "Le président a également effectué le suivi de l'enquête sur le trafic de grenades vers l'Arabie saoudite et les arrestations qui ont eu lieu dans ce cadre", ajoute la présidence.
Dimanche, deux frères suspectés d'être impliqués dans la contrebande d'amphétamines vers l'Arabie ont été arrêtés.
Tentant de défendre le bilan des forces de sécurité dans la lutte contre le trafic de drogue, le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, a affirmé aux journalistes mercredi après une réunion sécuritaire que les services de renseignement des Forces de sécurité intérieure ont réalisé des "accomplissements" sur ce plan. "Il y a des statistiques qui en attestent", a-t-il affirmé. Il a toutefois reconnu l'existence de "déficiences structurelles de manière générale, notamment pour des raisons logistiques. Toute la structure a besoin d'amélioration, et nous avons commencé ce travail-là", a-t-il affirmé. "D'ici deux à trois semaines au plus, nous allons témoigner de changements sur le plan des (mesures de contrôle) des exportations", a promis le responsable.

