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Monde - Russie

Poutine met en garde l’Occident dans son discours annuel

« J’espère que personne n’aura l’idée de franchir une ligne rouge », a lancé le maître du Kremlin, promettant une riposte « asymétrique, rapide et dure ».

Poutine met en garde l’Occident dans son discours annuel

Le président russe, Vladimir Poutine, lors de son grand discours annuel hier à Moscou. Alexander Nemenov/AFP

Vladimir Poutine a promis hier à ses rivaux étrangers une riposte « dure » s’ils tentaient de s’en prendre à la Russie, sur fond de tensions croissantes avec l’Occident et avant des manifestations d’opposition menacées de répression. Washington et l’UE dénoncent depuis des semaines le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes aux frontières de l’Ukraine. Ils critiquent sans relâche l’emprisonnement du principal détracteur du Kremlin, Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis trois semaines et qui serait mourant selon ses proches.

Le président russe, dans son grand discours annuel, a adressé une mise en garde à ses adversaires étrangers. « Les organisateurs de provocations menaçant notre sécurité le regretteront comme jamais ils n’ont eu à regretter quelque chose », a-t-il martelé. « J’espère que personne n’aura l’idée de franchir une ligne rouge », a-t-il encore dit, promettant une riposte « asymétrique, rapide et dure ». Son porte-parole Dmitri Peskov a précisé aux agences russes que ces lignes concernaient les intérêts de Moscou, l’ingérence dans la vie politique intérieure et tout propos « insultant » pour le pays. La Russie, du fait du conflit en Ukraine, de la répression de l’opposition, d’accusations de cyberattaques, d’espionnage et d’ingérences électorales, est sous le coup de multiples sanctions occidentales.

Mais le seul dossier international précis abordé par M. Poutine est celui d’une supposée tentative « de coup d’État et d’assassinat du président de Biélorussie », révélée le week-end dernier par les services de sécurité des deux pays. M. Poutine a dénoncé le silence occidental à la veille d’une rencontre à Moscou avec son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko, honni en Occident du fait de la répression brutale d’un mouvement de contestation depuis août 2020.

Covid, crise et élections

Sur le plan intérieur, les crises économique et sanitaire due au Covid-19 ont figuré en bonne place du discours, d’autant que des législatives sont prévues en septembre. Il a promis des aides supplémentaires aux familles ou encore de freiner l’inflation des prix alimentaires. « Le plus important maintenant est d’assurer la croissance des revenus des citoyens », a-t-il dit, le pouvoir d’achat des Russes étant en berne depuis des années sous l’effet des sanctions et désormais aussi de la pandémie.

À l’approche des élections, Vladimir Poutine reste populaire, mais son parti, réputé corrompu, ne l’est guère. Selon le baromètre de l’institut Levada de mars, les intentions de vote pour Russie unie sont à 21 %. Une impopularité sur laquelle M. Navalny comptait s’appuyer durant la campagne.

Sur le plan sanitaire, M. Poutine a salué les succès scientifiques russes avec l’élaboration de vaccins anti-Covid nationaux qui doivent « permettre à l’immunité collective de se développer à l’automne ».

Pas un mot sur Navalny

Sans surprise, M. Poutine n’a dit mot du sort d’Alexeï Navalny, qui a cessé de s’alimenter le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention. L’Occident réclame sa libération et la vérité sur son empoisonnement en août 2020 dans lequel les services spéciaux seraient impliqués.

Hier, la police russe a interpellé quelque 300 personnes lors de manifestations de soutien Alexeï Navalny, a déclaré l’ONG russe OVD-Info, spécialisée dans le suivi des rassemblements d’opposants. Les partisans du principal détracteur du Kremlin, qui est emprisonné depuis février dans une colonie pénitentiaire à l’est de Moscou, craignent pour sa santé et exigent qu’il reçoive un traitement médical approprié. Les autorités russes répondent que Navalny est traité comme tous les autres prisonniers. Elles avaient averti que ces manifestations seraient illégales. Dès la semaine prochaine, la justice doit examiner une demande du parquet visant à classer comme « extrémistes » les organisations liées à l’opposant, ce qui exposerait ses militants à des peines de prison.

Lioubov Sobol, l’une des figures de la chaîne YouTube d’Alexeï Navalny, et Kira Iarmych, la porte-parole de l’opposant russe, ont toutes deux été placées en détention à Moscou quelques heures avant un rassemblement qui devait converger sur une place près du Kremlin. L’accès à la place a été bloqué par des barrières métalliques, la même chose a été observée sur la place Rouge, et des dizaines de fourgons de police ont été déployés sur les lieux. Dans l’est du pays, à Vladivostok, entre 200 et 300 personnes sont venues soutenir Alexeï Navalny, certaines brandissant des banderoles où l’on pouvait lire « Liberté pour les prisonniers politiques » ou « Non à la guerre, les répressions et la torture ! ».

Charles Michel, le président du Conseil européen, a déclaré hier que ces arrestations étaient « déplorables ». Un groupe d’experts du Conseil des droits de l’homme des Nations unies a de son côté demandé l’évacuation médicale de Navalny à l’étranger, disant craindre pour sa vie.

Source : AFP


Vladimir Poutine a promis hier à ses rivaux étrangers une riposte « dure » s’ils tentaient de s’en prendre à la Russie, sur fond de tensions croissantes avec l’Occident et avant des manifestations d’opposition menacées de répression. Washington et l’UE dénoncent depuis des semaines le déploiement de dizaines de milliers de soldats russes aux frontières de...

commentaires (1)

Charles Michel qui la ferme , ce qu'il a fait en Turquie n'est pas tolérable ???

Eleni Caridopoulou

19 h 12, le 22 avril 2021

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Commentaires (1)

  • Charles Michel qui la ferme , ce qu'il a fait en Turquie n'est pas tolérable ???

    Eleni Caridopoulou

    19 h 12, le 22 avril 2021

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