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Lifestyle - Dans les bacs

London Grammar, tout feu tout femme

London Grammar, tout feu tout femme

Le trio London Grammar : Hannah Reid, Dot Major et Dan Rothman. Archives AFP

Dans un clip, son personnage réduit une maison en cendres : Hannah Reid, à la tête de London Grammar, est en reconquête en tant qu’artiste et femme, et le fait savoir dans un album pop et enveloppant.

Le conte de fées qui vire au cauchemar est aussi un classique de l’industrie de la musique. Quand les trois membres de London Grammar entrent dans les playlists, avec leur premier album en 2013 (If you wait), ils plongent dans l’essoreuse tournées/promo/occupation du terrain. « On nous a fait croire que c’était normal, que c’est ce qu’on devait faire, mais ce n’est pas un schéma qui convient à tous. Certains artistes peuvent tourner indéfiniment, ils aiment ça, y puisent de l’énergie, d’autres ont besoin de trouver un équilibre avec du temps à la maison pour la création. Moi, je ne peux pas écrire sur la route », explique Hannah Reid.


La pochette de « Californian soil », le 3e album du trio London Grammar, qui sort demain chez Because.

S’ajoute à ce tableau le travail de sape de la misogynie du milieu. Les techniciens ne bougent pas quand l’auteure-interprète demande un réglage, problème que ne rencontrent pas les deux garçons du groupe, Dot Major et Dan Rothman. Même chose pour les séances photos. On l’oblige à mettre une mini-jupe tandis que les deux autres peuvent garder les vêtements qu’ils avaient au supermarché.

La fin de la tournée pour le 2e album, paru en 2017 (Truth is a beautiful thing), marque une rupture. C’est d’abord le corps de Hannah Reid qui dit stop, perclus « de douleurs chroniques ». « À vrai dire, j’ai tout essayé, acupuncture, yoga... Ce qui a aidé c’est un changement de diététique, la méditation et surtout une thérapie par la parole, confie-t-elle. Parole qu’elle prend aussi au sein du trio et en devient naturellement le leader en posant cadres et garde-fous pour la suite de l’aventure. La pochette de Californian soil, qui sort demain vendredi (chez Because), illustre cette nouvelle donne. Seule sur un îlot, sous un ciel menaçant, son image se reflète sur l’eau : la tête pensante de London Grammar est sortie des tempêtes et peut se regarder dans la glace. « Il y a la solitude, la vulnérabilité, cette image de force et, oui, de façon inconsciente, pouvoir se regarder dans le miroir. »

L’idée de nouveau départ irrigue des morceaux comme Californian soil et America. « J’utilise la métaphore du rêve américain pour décrire ce qui m’arrive. Quand j’ai perdu la santé, j’ai eu l’impression de tout perdre et j’ai presque tout reconstruit de zéro. » Le sentiment de ne plus rien avoir à perdre sert de carburant. La vidéo de How does it feel la voit mettre le feu à la maison où l’a conduite un petit ami, bientôt ex, qui ne l’a pas prise au sérieux.

Et dans le showbiz, les femmes sont-elles mieux considérées désormais ? « J’ai noté un changement (…) dans la façon dont les gens me parlent, me respectent davantage, mais (…) la prise de conscience de l’industrie musicale n’est pas encore au niveau de celle de Hollywood avec le mouvement #MeToo. » Le 3e album de London Grammar, plus lumineux que les précédents, est un message d’espoir à tous ceux qui se sentent ignorés.

Source : AFP


Dans un clip, son personnage réduit une maison en cendres : Hannah Reid, à la tête de London Grammar, est en reconquête en tant qu’artiste et femme, et le fait savoir dans un album pop et enveloppant.
Le conte de fées qui vire au cauchemar est aussi un classique de l’industrie de la musique. Quand les trois membres de London Grammar entrent dans les playlists, avec leur premier...

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