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Berry et le mouvement Amal sont "attachés" à l'audit juricomptable, affirme Khalil

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Le député Ali Hassan Khalil, conseiller du président du Parlement, Nabih Berry. Photo d'archives ANI

Le député et ex-ministre des Finances Amal Ali Hassan Khalil, a déclaré vendredi que le mouvement Amal, auquel il appartient, et son chef et président de la Chambre, Nabih Berry, sont "attachés" à la tenue de l'audit juricomptable de la Banque du Liban, soulignant l'importance qu'une telle procédure soit également menée dans d'autres institutions comme le ministère de l'Energie, un portefeuille longtemps détenu par son camp politique rival affilié au président de la République, Michel Aoun.

Dans une discussion virtuelle avec des cadres de son parti, M. Khalil, un des plus proches conseillers de M. Berry, a critiqué assez vertement le chef de l'Etat, Michel Aoun, et le discours qu'il a prononcé mercredi soir, estimant que "ceux qui veulent vraiment demander des comptes aux autres" ne devraient pas avoir recours à la "propagande". 

L'audit de la BDL est une procédure qui aurait dû être lancée depuis des mois mais qui est sans cesse retardée. Le chef de l'Etat estime que le chef du législatif et ses alliés, notamment le courant du Futur de Saad Hariri, ainsi que la BDL et son gouverneur, sont responsables de ces atermoiements. Dans son discours de mercredi, M. Aoun a lancé des accusations tous azimuts, faisant porter la responsabilité du blocage de l'audit aussi bien à Nabih Berry qu'au ministère des Finances et à la BDL. En mentionnant le ministère de l'Energie, dirigé depuis des années par des ministres affiliés ou proches du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), M. Khalil renvoie donc les accusations dans le camp du président.

Nabih Berry, et le mouvement Amal "sont attachés" à l'audit juricomptable "afin d'appliquer la loi adoptée par le Parlement", et qui devrait être lancé "dans toutes les institutions de l'Etat à commencer par la Banque du Liban et en passant par le ministère de l'Energie, qui constitue plus de 50 % de la dette publique", a déclaré Ali Hassan Khalil. "Ceux qui veulent vraiment demander des comptes n'ont pas recours à la propagande", a ajouté le député du mouvement Amal. "Commencez à auditer là où vous le voulez", a ajouté M. Khalil, qui a souligné que "personne ne serait protégé". Il a en outre appelé à ce que tous ceux qui ont "obstrué" l'envoi des documents de la BDL au cabinet d'audit Alvarez & Marsal doivent "rendre des comptes", appelant l'exécutif à "prendre le plus rapidement possible" des décisions à ce sujet. Et d'indiquer que, pour Amal et Nabih Berry, les réformes et la lutte contre la corruption "ne doivent pas juste être une publicité populiste pour se détacher d'obligations politiques, d'une manière qui s'apparente à un crime contre la nation et les citoyens". 

"La principale sortie de crise consiste à former un gouvernement", a d'ailleurs déclaré M. Khalil. Il a souligné dans ce cadre que Nabih Berry, le président de la Chambre, dont il est un des plus proches conseillers, mène "un mouvement sérieux" pour parvenir à la mise sur pied d'une équipe conforme à l'initiative française, en "aplanissant les obstacles". Lors d'une seconde visite en un mois à Beyrouth, le 1er septembre 2020, le président français, Emmanuel Macron, avait présenté à tous les chefs des principales formations politiques libanaises une feuille de route de réformes nécessaires pour débloquer des aides internationales, et qui prévoyait notamment la formation d'un cabinet "de mission". Ali Hassan Khalil a encore estimé que les "dangers qui menacent actuellement le Liban, à différents niveaux, sont probablement parmi les plus graves dans l'histoire du pays", soulignant que la stabilité politique doit servir de "fondation" à la stabilité financière et économique. "Tout cela est lié à la mise sur pied d'un gouvernement de technocrates non-affiliés aux partis, dans lequel aucune partie ne dispose du tiers de blocage", a-t-il ajouté. Le mouvement Amal insiste depuis plusieurs semaines sur ces revendications, alors même que le tandem chiite (qu'il compose avec le Hezbollah) avait réclamé, dès le début des tractations gouvernementales, de pouvoir nommer eux-mêmes un ministre des Finances relevant de leur communauté. L'ancien ministre a souligné que la déclaration ministérielle du prochain gouvernement devrait "comprendre toutes les réformes incluses dans l'initiative française". Il a par ailleurs rappelé que le Parlement avait adopté des dizaines de lois permettant ces réformes qui "nécessitent seulement qu'on les applique". 

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août 2020, du cabinet de Hassane Diab suite aux explosions dans le port de Beyrouth. Le Premier ministre Saad Hariri, désigné en octobre dernier, n'a toujours pas réussi à former son équipe, en raison, entre autres, d'un bras de fer politique avec le président Aoun.


Le député et ex-ministre des Finances Amal Ali Hassan Khalil, a déclaré vendredi que le mouvement Amal, auquel il appartient, et son chef et président de la Chambre, Nabih Berry, sont "attachés" à la tenue de l'audit juricomptable de la Banque du Liban, soulignant l'importance qu'une telle procédure soit également menée dans d'autres institutions comme le ministère de l'Energie, un...