Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, lors d’une conférence de presse à l’issue hier de la Conférence de Bruxelles pour la Syrie. Francisco Seco/Pool via Reuters
Cette cinquième édition de la Conférence de Bruxelles pour la Syrie vise aussi à soutenir les pays voisins (Liban, Jordanie, Turquie, Irak, Égypte) qui ont accueilli 80 % des réfugiés syriens ayant dû fuir leur pays. L’aide financière doit notamment faciliter l’accès à l’enseignement pour les enfants réfugiés. L’ONU a appelé à des dons d’au moins 10 milliards de dollars pour l’année en cours en rappelant que 24 millions de personnes ont besoin de soutien en Syrie et dans la région, soit quatre millions de plus que l’an dernier.
L’objectif affiché est de collecter « au moins 4,2 milliards de dollars pour la réponse humanitaire à l’intérieur de la Syrie et 5,8 milliards supplémentaires pour soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil dans la région », ont précisé les Nations unies. « Depuis dix ans, les Syriens ont enduré la mort, la destruction, les déplacements forcés et les privations, et la situation ne s’améliore pas, au contraire », a plaidé dans un message vidéo le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Première puissance économique de l’UE, l’Allemagne avait déjà été, lors de la précédente édition en juin 2020, le donateur le plus généreux, avec 1,6 milliard d’euros.
« Regardez dans vos cœurs »
Heiko Maas a rappelé que depuis le début de la guerre en mars 2011, la moitié de la population syrienne avait dû fuir et qu’aujourd’hui encore « 90 % des Syriens vivent dans la pauvreté ». Dans le nord-ouest de la Syrie, près de trois millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire pour survivre, a-t-il relevé. La précédente édition de la conférence des donateurs s’était soldée par des promesses de financement à hauteur de 5,5 milliards de dollars pour l’année 2020, selon l’ONU.
De son côté, la Commission européenne avait évoqué « des engagements » totalisant 7,7 milliards de dollars, dont une part de près de 30 % correspondant à des promesses pour 2021. L’UE et ses 27 États membres revendiquent d’avoir contribué aux deux tiers de ce total. Le bloc européen dit avoir mobilisé quelque 29 milliards de dollars (24,7 milliards EUR) pour venir en aide au peuple syrien depuis 2011. Déclenché en mars 2011 par la répression d’une révolte populaire, le conflit en Syrie s’est transformé en guerre dévastatrice, qui a fait plus de 387 000 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). La guerre a aussi poussé à l’exode des millions de personnes.
Lundi, devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York, les États-Unis ont réclamé la réouverture de points d’accès humanitaires aux frontières syriennes, fermés en 2020 sous pression russe. « Comment est-il possible que nous ne puissions pas trouver dans nos cœurs l’humanité commune pour réellement prendre des mesures significatives ? Regardez dans vos cœurs », a imploré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.
La fermeture de l’unique point d’accès transfrontalier vers la Syrie arrêterait une distribution de vaccins anti-Covid-19 dans le nord-ouest du pays, a averti pour sa part hier Antonio Guterres, devant l’Assemblée générale de l’ONU. « Une réponse transfrontalière à grande échelle » à la crise humanitaire en Syrie « pour 12 mois supplémentaires reste essentielle pour sauver des vies », a-t-il dit face aux 193 membres de l’organisation. « Échouer à étendre le mandat de l’ONU (pour autoriser un accès transfrontalier sans accord de Damas) ferait arrêter les plans de distribution onusienne de vaccins anti-Covid-19 à des millions de gens dans le nord-ouest de la Syrie », a-t-il mis en garde.
Source : AFP


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