Mon grand-père le général Georges Comair s’en est allé il y a exactement un an, jour de la fête de saint Joseph qu’il aimait tant.
Ami des pauvres et des plus fragiles, il a été général médecin de l’armée libanaise, directeur de l’Hôpital militaire et commandant en chef du service de santé.
C’est à travers le témoignage de personnes inconnues que j’ai appris et découvert l’ampleur de son action.
Fondateur du système de santé militaire moderne et de la Sécurité sociale, il a milité pour assurer tous les moyens nécessaires aux hôpitaux, lieux d’accueil et de protection de la dignité humaine.
Passé par le Val-de-Grâce comme étudiant en médecine, il a eu la chance de rencontrer le général de Gaulle à plusieurs reprises. Amoureux de littérature française et arabe, les moments passés avec lui se transformaient en improvisation poétique.
Agriculteur, maire de Tannourine, village libanais résistant et de toute beauté, il m’a donné l’exemple d’une vie simple, offerte, tournée vers l’essentiel. Proche de la terre, loin du matérialisme, avec une grande foi et une force d’âme légendaire, il a traversé les périodes les plus noires de l’histoire, debout comme un cèdre du Liban et fidèle à son armée. Elle est aujourd’hui symbole de l’unité et espoir du peuple libanais, gardienne de sa démocratie et du vivre-ensemble.
Pendant la guerre, il avait hypothéqué ses propres biens auprès des banques pour assurer les salaires des militaires. Visionnaire, il a cru dans le pouvoir des institutions qui garantissent la continuité de l’État et les droits des citoyens.
Chéhabiste de la première heure, il ne restait plus que lui et son camarade Ahmad al-Hajj pour veiller le corps de l’ancien président qui nous a laissé le peu d’institutions qui fonctionnent aujourd’hui, les autres ayant déserté par manque de courage.
Il nous a quittés en cette période de crise sanitaire où les médecins sont en première ligne, avec une crise économique sans précédent.
Qu’il veille sur eux.
Le jour de ses obsèques, il y a un an, et depuis la forêt des cèdres de Tannourine, la plus grande réserve du Liban qu’il a su protéger et préserver durant son mandat de maire, et dans ce dernier adieu, la nature l’a couvert de son majestueux manteau blanc. Rappelant ainsi la pureté de sa conscience qui fut toujours droite et limpide.
Depuis Paris, mes pensées vont au Liban. Puissent nos dirigeants, baignés dans la puanteur de leurs vices et de leur médiocrité, prendre exemple sur ces hommes d’État.
Que la jeunesse poursuive son action contre ceux qui ont empoisonné la terre sainte du Liban et qui se sont acharnés sur elle.
Qu’elle soit portée par la charité et le dévouement, la paix et la vérité, au quotidien et dans les petites choses.
Sa petite-fille,
Christelle Fadi COMAIR
Ami des pauvres et des plus fragiles, il a été général médecin de l’armée libanaise, directeur de l’Hôpital militaire et commandant en chef du service de santé.
C’est à travers le témoignage de personnes inconnues que j’ai appris et découvert l’ampleur de son action.
Fondateur du système de santé militaire moderne et de la Sécurité sociale, il a milité pour assurer tous les moyens nécessaires aux hôpitaux, lieux d’accueil et de protection de la dignité humaine.
Passé par le Val-de-Grâce comme étudiant en médecine, il a eu la chance de rencontrer le général de Gaulle à plusieurs reprises. Amoureux de littérature française et arabe, les moments passés avec...


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