Rechercher
Rechercher

Sport - Portrait

Manon Ouaiss, une skieuse déterminée à atteindre des sommets

Sauf peu probable imprévu, la jeune Libanaise a sécurisé sa qualification pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin.

Manon Ouaiss, une skieuse déterminée à atteindre des sommets

« C’est la route vers (l’éventuelle) victoire qui est intéressante. Se battre avec un aplomb implacable pour atteindre ses objectifs », affirme Manon Ouaiss, ici en pleine action. Photo fournie par Manon Ouaiss

Au bout du fil, une voix chaude, légèrement rocailleuse et avenante. « On me pose souvent la question en raison de mon timbre de voix éraillé, mais non, je ne chante pas », répond-elle d’emblée. Et en riant, elle ajoute : « Non seulement je chante mal, mais je chante faux aussi. » Elle, c’est Manon Ouaiss, tout juste 20 ans. Et ce qu’elle maîtrise vraiment, c’est le ski. À haut niveau, puisqu’elle devrait décrocher son ticket pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022. Après une scolarité au Grand Lycée franco-libanais d’Achrafié et l’obtention de son baccalauréat français (section sciences économiques et sociales) avec la mention très bien, Manon Ouaiss poursuit actuellement des études de droit en France, à l’Université Paris II Panthéon-Assas, où elle effectue sa troisième année. « J’ai été admise au cursus sélectif de licence en droit réservé aux sportifs de haut niveau – L3 en apprentissage », explique la jeune femme. « Le but est de concilier mes ambitions académiques, sportives et professionnelles, poursuit-elle. La moitié de la semaine, je travaille dans un cabinet d’avocats, et l’autre moitié, je suis mes cours de droit dans la matinée et mes cours de préparation physique dans l’après-midi. Au-delà de la richesse que la polyvalence (académique et professionnelle) du programme procure, l’administration d’Assas est très flexible en termes d’absences afin que l’on puisse poursuivre une carrière sportive. »

Et à 20 ans, ce n’est pas une mince carrière que Manon Ouaiss a déjà accomplie. Sa dernière prouesse en date : elle a très récemment sécurisé – aux points glanés et sauf imprévu peu probable – sa qualification pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin (Chine) dans sa discipline, le ski alpin, qui reste à être officialisée toutefois d’ici à décembre 2021. Elle a également été médaillée d’argent aux championnats asiatiques de ski alpin en 2016, médaillée d’argent et de bronze à la Coupe SES (Small Evolving Ski Nations Cup) en 2017 et trois fois médaillée d’or à la Coupe SES en 2021.

Fin février-début mars aux Cèdres, Manon Ouaiss (sur la plus haute marche du podium) a remporté six médailles d’or sur six courses disputées lors des championnats du Liban de ski alpin. Photo fournie par Manon Ouaiss

Toujours cette année, fin février-début mars aux Cèdres, la jeune skieuse a remporté six médailles d’or sur les six courses disputées dans le cadre des championnats du Liban. Manon Ouaiss a en outre représenté le Liban aux championnats du monde juniors de la Fédération internationale de ski (FIS) à Davos, en Suisse, en janvier 2018, ainsi qu’aux championnats du monde FIS à Åre, en Suède en février 2019, et à Cortina d’Ampezzo, en Italie en février 2021. La jeune femme a par ailleurs été sélectionnée, parmi un panel de plus de 200 étudiants, pour représenter le Liban aux Jeux internationaux de la jeunesse (JIJ) – aquathlon, escalade, course d’orientation, badminton et touch rugby – à Singapour en juin 2016.Interrogée sur ses objectifs futurs et ses ambitions, Manon Ouaiss répond : « Me préparer au mieux pour représenter honorablement mon pays aux JO d’hiver. Que dans mes résultats, ma performance, transparaisse un niveau toujours meilleur du ski libanais. » Elle estime que « s’il y a une activité qui peut paraître simple, c’est bien le sport : un gagnant, un perdant ». Toutefois, « c’est la route vers (l’éventuelle) victoire qui est intéressante. Se battre avec une détermination implacable pour atteindre ses objectifs, faire de l’adversité une arme, de la discipline un mode de vie... Se surpasser tout simplement », ajoute-t-elle. « J’applique partout, notamment sur les plans académique et professionnel, l’esprit combatif qui m’a été transmis par le monde du sport et de la compétition. Quoi que j’entreprenne, je le fais à fond », dit-elle encore.

Manon Ouaiss, skieuse libanaise talentueuse âgée de 20 ans. En parallèle à sa carrière sportive, la jeune femme poursuit des études en troisième année de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas, en France. Photo fournie par Manon Ouaiss

La vie est un sport

Dans le contexte de sa plus que probable qualification pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022, Manon Ouaiss tient à souligner un épisode « frustrant mais si enrichissant » de sa carrière sportive. « À 16 ans, dit-elle, j’ai tenté de me qualifier pour les JO d’hiver de 2018, première année où j’y étais éligible. Favorite jusqu’alors, je me suis blessée à la cinquième course et ai vu mon rêve s’effondrer. Cette blessure a été la première d’une longue série. En quatre saisons, j’ai subi trois opérations : la clavicule fracturée deux fois et, entre les deux, ce qu’on appelle la triade malheureuse du genou (rupture totale du ligament croisé antérieur et du ligament latéral interne, ainsi qu’une fissure du ménisque). Ces blessures, en plus d’être éprouvantes pour le corps, m’ont fait rater des enjeux importants. » Depuis, « ma volonté de participer aux JO est passée d’un élan enthousiaste à une ferveur sans nom. C’est peut-être un cliché, mais je suis revenue plus forte de mes blessures », confie la jeune femme. « J’ai le sentiment que cet épisode est à l’image de la vie en général, assure-t-elle. Tomber et se relever parce que la vie aussi est un sport où il faut être à la hauteur. » Être à la hauteur dans tous les aspects de la vie. Au-delà de ses études et de ses engagements sportifs, Manon Ouaiss s’engage aussi dans la société puisqu’elle est volontaire au sein de l’ONG libanaise Offre-Joie, de l’ONG française Pierre Claver Assas et du CNA (Canal Network Assas) University Club-Paris.Dans les différents aspects de sa dense et riche vie, Manon Ouaiss souligne avoir toujours pu compter sur sa famille, et plus particulièrement ses parents et ses frères qui ne cessent de l’encourager. Et dans l’optique des JO, sur son club – le Faraya Sporting Club –, essentiel « en raison de son grand soutien depuis tant d’années », ainsi que sur la Fédération libanaise de ski (FLS) « et l’investissement de tous ses membres ».


Au bout du fil, une voix chaude, légèrement rocailleuse et avenante. « On me pose souvent la question en raison de mon timbre de voix éraillé, mais non, je ne chante pas », répond-elle d’emblée. Et en riant, elle ajoute : « Non seulement je chante mal, mais je chante faux aussi. » Elle, c’est Manon Ouaiss, tout juste 20 ans. Et ce qu’elle maîtrise...

commentaires (1)

Si fiere de toi ma si brillante eleve de la MSA du Lycee.. ...Je suis en admiration devant ta si belle modestie

Monique Haddad

08 h 19, le 15 mars 2021

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Si fiere de toi ma si brillante eleve de la MSA du Lycee.. ...Je suis en admiration devant ta si belle modestie

    Monique Haddad

    08 h 19, le 15 mars 2021

Retour en haut