Nenad Jovanov, 71 ans, mélangeant une eau de toilette dans une arrière-salle semblable à un laboratoire. Sava, sa parfumerie artisanale dans la vieille ville de Belgrade, est la dernière du genre à résister aux décennies qui passent. Andrej Isakovic/AFP
Nichée dans la vieille ville de Belgrade, la parfumerie artisanale Sava est la dernière du genre à résister aux décennies qui passent. On y mélange les fragrances depuis trois générations pour l’agrément olfactif des habitués et des touristes. La capitale serbe a changé au fil des années, mais la minuscule boutique semble intemporelle, avec ses fioles et ses pipettes transmises de père en fils.
Pour les Jovanov, ce travail est une passion même s’il ne leur permet pas tout à fait d’en vivre. « On est restés, par tradition, par amour, par affection et par volonté de faire un travail qui à certains moments ne fournit pas suffisamment de sources de revenus », dit le patron, Nenad Jovanov, 71 ans, en mélangeant une eau de toilette dans une arrière-salle semblable à un laboratoire.
La parfumerie est née durant la Seconde Guerre mondiale, mais elle ne prit son nom actuel qu’une décennie plus tard, quand les autorités communistes yougoslaves avaient autorisé l’entreprise privée. Les décennies 1950 et 1960 ont représenté « l’âge d’or » des parfumeries artisanales de Belgrade, se rappelle Nenad Jovanov. Mais l’ancienne Yougoslavie s’est ouverte aux importations et les parfums issus de la production de masse ont fini par éclipser l’artisanat. Les sanctions infligées à Belgrade dans la décennie 1990, au moment de l’explosion sanglante de la Yougoslavie, ont encore accentué le déclin. « Une à une, elles ont commencé à fermer. À la fin, il n’y avait plus que nous », ajoute le parfumeur.
Lorsque le client arrive dans la minuscule échoppe lambrissée de bois, Nenad ou son fils Nemanja, qui travaille dans l’industrie du cinéma, l’aide à s’y retrouver parmi les étagères remplies de flacons en verre. « Nous n’avons pas de noms de marque. Nos bouteilles n’ont pas de nom. Nos emballages n’ont pas de nom. On a simplifié notre packaging et notre intérieur pour que les clients puissent découvrir par eux-mêmes leurs préférences », explique Nemanja. Les parfumeurs s’enquièrent des préférences du client, entre notes florales, boisées, fruitées ou encore la gamme des agrumes, avant de l’asperger à l’aide d’un pulvérisateur à l’ancienne. Les gens sont encouragés à aller se balader pour permettre au parfum d’évoluer au contact de la peau. La plupart des ingrédients viennent de France, berceau de la parfumerie mondiale.
Source : AFP
Pour les Jovanov, ce travail est une passion même s’il ne leur permet pas tout à fait d’en vivre. « On est restés, par tradition, par amour, par affection et par volonté de faire un travail qui à certains moments ne fournit pas suffisamment de sources de revenus », dit le patron, Nenad Jovanov, 71 ans, en mélangeant une eau de toilette dans une arrière-salle semblable à un laboratoire.
La parfumerie est...

