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Dernières Infos - Diplomatie

La France fait un nouveau geste pour "la réconciliation" avec l'Algérie

Le président français Emmanuel Macron. Photo AFP / POOL / Ludovic MARIN

Le président français Emmanuel Macron a fait mardi un nouveau geste pour "réconcilier les mémoires" entre Français et Algériens en facilitant l'accès aux archives classifiées datant de plus de 50 ans, et donc sur l'histoire encore sensible de la guerre d'Algérie.

Cette décision marque une nouvelle étape dans la dynamique du chef de l'Etat français pour tenter de relancer les relations franco-algériennes en les purgeant des "tabous" qui demeurent vivaces des deux côtés de la Méditerranée, près de 60 ans après la fin de la colonisation et de la guerre en 1962.

Alors qu'il n'était encore que candidat à l'élection présidentielle en février 2017, Emmanuel Macron s'était déjà efforcé, lors d'un voyage en Algérie, de lever un de ces tabous en qualifiant la colonisation de "crime contre l'humanité" et de "vraie barbarie", déclenchant une vive polémique. Devenu chef de l'état, il avait franchi l'année suivante un pas de plus en reconnaissant que la France avait mis en place un "système" entraînant des actes de "torture" pendant la guerre d'Algérie.

Un travail de mémoire qui s'est encore accéléré depuis la remise le 20 janvier du rapport de l'historien Benjamin Stora et devrait s'amplifier d'ici la fin du mandat d'Emmanuel Macron. À l'approche du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (5 juillet 1962), les présidents français et algérien ont désigné chacun un expert, Abdelmadjid Chikhi (ancien combattant de la guerre d'indépendance, historien, directeur des archives nationales algériennes) pour l'Algérie, Benjamin Stora (historien, spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Algérie) pour la France.

Réconciliation

L'objectif est de rechercher les pistes pour une réconciliation face à une histoire commune, encore sensible et souvent douloureuse. Mardi dernier, M. Macron a ainsi reconnu la responsabilité française dans l'assassinat en 1957 d'un avocat indépendantiste, Ali Boumendjel. La décision sur les archives est moins symbolique et plus technique. Sa portée dépasse en outre le cadre algérien puisque le chef de l'Etat "a entendu les demandes de la communauté universitaire", qui se plaint de ses difficultés croissantes à accéder aux archives classifiées de plus de 50 ans en raison de l'application scrupuleuse du "secret défense nationale". Concrètement, à partir de mercredi, les Archives nationales et les services des ministères des Affaires étrangères et des Armées pourront déclassifier les archives par cartons entiers et non plus feuille par feuille comme cela était le cas. Cela devrait permettre d'"écourter sensiblement les délais d'attente liés à la procédure de déclassification, s'agissant notamment des documents relatifs à la guerre d'Algérie" (1954-1962), affirme la présidence. Les chercheurs auront accès aux documents allant jusqu'à 1970, soit l'année du départ du dernier soldat français d'Algérie. Ces dossiers peuvent ainsi porter sur "les disparus" de la guerre - 2.200 Algériens selon Alger - et sur "les documents internes que l'Etat a été susceptible de produire" durant cette période, selon un conseiller. Soit une "masse colossale" d'archives qui reposent dans "des milliers de cartons".

"On sait tout"

Pour préserver les informations restant ultra-sensibles, "le gouvernement a engagé un travail législatif" afin de renforcer, "avant l'été 2021", "la communicabilité" des archives "sans compromettre la sécurité et la défense nationales", selon la présidence. Par ailleurs, les informations sur les essais nucléaires menés par la France dans le Sahara algérien dans les années 1960 resteront secrètes, au grand dam d'Alger qui les réclame.

Pour des experts, l'ouverture des archives ne devrait pas déboucher sur de grandes révélations. "Sur l'Algérie on sait tout!", affirme un membre du renseignement. Après avoir fraîchement accueilli le rapport Stora, jugé "en deçà des attentes", les autorités et les médias algériens ont salué l'annonce sur Ali Boumendjel la semaine dernière, y voyant "un pas dans la bonne direction" selon le quotidien El Watan.

Alger a alors de nouveau insisté pour récupérer l'ensemble des archives de la période coloniale et, au delà, pour obtenir une "reconnaissance des crimes coloniaux" par Paris, qui a jusqu'à présent exclu de présenter des "excuses". Emmanuel Macron et son homologue Abdelmadjid Tebboune se sont engagés à travailler ensemble sur la question mémorielle. Mais, jusqu'à présent, aucun geste de réciprocité n'a été annoncé par Alger et l'alter ego de Benjamin Stora, Abdelmadjid Chikhi, n'a pas remis son rapport.

Le président français Emmanuel Macron a fait mardi un nouveau geste pour "réconcilier les mémoires" entre Français et Algériens en facilitant l'accès aux archives classifiées datant de plus de 50 ans, et donc sur l'histoire encore sensible de la guerre d'Algérie.Cette décision marque une nouvelle étape dans la dynamique du chef de l'Etat français pour tenter de relancer les relations franco-algériennes en les purgeant des "tabous" qui demeurent vivaces des deux côtés de la Méditerranée, près de 60 ans après la fin de la colonisation et de la guerre en 1962.Alors qu'il n'était encore que candidat à l'élection présidentielle en février 2017, Emmanuel Macron s'était déjà efforcé, lors d'un voyage en Algérie, de lever un de ces tabous en qualifiant la colonisation de "crime contre l'humanité" et de "vraie...