Des installations pétrolières appartenant à Aramco, en Arabie saoudite. Ahmed Jadallah/Reuters/File Photo
Les prix du pétrole ont brièvement dépassé les 70 dollars le baril hier matin, dopés par des attaques contre les installations pétrolières d’Arabie saoudite et par les limitations volontaires de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses partenaires (OPEP+), avant de légèrement redescendre en fin de journée. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a ainsi culminé à 71,38 dollars en cours de séance asiatique, à son plus haut depuis le 8 janvier 2020. Malgré un léger repli en cours de séance hier (-0,37 % à 69,10 dollars pour le Brent, -0,27 % à 65,91 dollars pour le WTI américain), les deux références restaient à des niveaux plus vus depuis le début de la pandémie de Covid-19. « La possibilité de dégâts est particulièrement inquiétante pour le marché », soulignent les analystes de Commerzbank : les plus grands terminaux et centres de stockage pétroliers y sont situés, selon eux.
Depuis fin 2020, les marchés espèrent que les vaccinations contre le Covid-19 permettent une relance rapide. Mais la hausse des prix du brut « devrait alimenter la crainte des marchés sur un retour de l’inflation », prévient Stephen Brennock, analyste chez PVM. Par ailleurs, des prix aussi élevés pourraient inciter des producteurs américains à relancer de coûteuses exploitations de pétrole de schiste, commentent les analystes de JPMorgan, signifiant « une nouvelle guerre pour les parts de marché l’année prochaine ». Les États-Unis ont assuré l’Arabie saoudite de leur soutien en matière de défense et de sécurité au lendemain des nouveaux tirs de missiles ou de drones chargés d’explosifs en direction du royaume, des actions revendiquées par les houthis du Yémen. Aucune victime ni aucun dégât ne sont à déplorer après les attaques qui ont visé dimanche un parc de réservoirs de pétrole à Ras Tannoura, l’un des plus grands ports pétroliers au monde, et un complexe résidentiel à Dhahran appartenant au géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, ont déclaré les autorités saoudiennes. Ces actions surviennent à un moment de tension dans les relations entre l’Arabie saoudite et la nouvelle administration américaine dirigée par Joe Biden. Le président des États-Unis a fait récemment publier un rapport de la CIA mettant en cause le prince héritier Mohammad ben Salmane dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Washington reproche aussi à Riyad la coûteuse guerre menée au Yémen.
Soutien US à Riyad
Dans un message en arabe publié sur son compte Twitter, l’ambassade des États-Unis en Arabie a condamné « les attaques odieuses des houthis contre des infrastructures civiles vitales, qui démontrent leur manque de respect pour la vie humaine et leur mépris des efforts de paix ». « Les États-Unis se tiennent aux côtés de l’Arabie saoudite et de son peuple. Notre engagement à défendre le royaume et sa sécurité reste ferme », a ajouté l’ambassade. Le mouvement houthi a dit avoir utilisé dimanche 14 drones et huit missiles balistiques, et visé également des cibles militaires à Dammam, Asir et Djazan. La coalition dit avoir intercepté et détruit 12 drones et deux missiles balistiques. Les houthis combattent depuis six ans au Yémen une coalition de pétromonarchies du Golfe sous commandement saoudien. Beaucoup y voient une guerre par procuration entre les deux grands rivaux régionaux, Iran et Arabie saoudite.
Après les attaques de dimanche, le porte-parole du ministère de la Défense saoudien, le colonel Turki al-Malki, parlant au nom de la coalition, a accusé Téhéran de fournir des missiles et des drones aux houthis. Les rebelles chiites et l’Iran ont déjà rejeté de telles accusations.
Source : AFP

