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Agenda - Hommage

Adieu Eddie, on t’aimait bien

Une génération de grands publicitaires, bâtisseurs, nous quitte sans bruit, Covid oblige.

Monsieur Moutran était perçu par beaucoup, et cela sans méchanceté, comme un « shark, un bulldog, ou un bulldozer ; pour d’autres, il était le boss attentionné, exigeant et avide de résultats. La facette un peu cachée de Eddie était son vrai sens de l’amitié, de la générosité, de l’entraide et un regard attentionné porté sur sa communauté religieuse.

Quittant Irwin Guerovitch, un autre grand seigneur, il s’est partagé avec Akram Miknas la quasi-totalité du marché de la publicité du Moyen-Orient, relevant de Bahreïn. Puis ce fut le saut en avant Memac-Ogilvy. La prestigieuse agence mondiale de publicité et le développement par Eddie d’un vaste réseau sur la région MENA. Vint Mind Share en partenariat avec JWT et Roy Hadad, pour créer la première Media Buying Unit.

Si pour les novices, l’achat d’espace relevait du PR, pour Eddie c’était une vraie machine d’études quantitatives et qualitatives, c’était des pronostics, des projections, des insights et des mathématiques. Mind Share a tracé la voie à ce qu’allait devenir l’avenir du Media Unit dans notre métier.Eddie Moutran portait ses 130 ou 140 kg avec conviction. Il les défendait en bon viveur et en jouant au trictrac ou au jeu de cartes avec Antoine Choueiri, chacun se voulant toujours vainqueur. Les petits gestes reflètent toujours la disponibilité d’un ami. Quoique concurrents, Eddie était respectueux des arrangements publicitaires, la mondialisation a fait que certaines agences se partageaient les mêmes budgets. Eddie était toujours joignable au téléphone là où il se trouvait, contrairement à beaucoup d’hommes d’affaires libanais qui faisaient la sourde oreille.

Memac-Ogilvy était aussi un amour du Liban, partagé avec Liliane, inspiratrice de l’ombre. Un staff de plus de 500 publicitaires, appelés à relever le défi pour la sauvegarde de l’excellence des talents libanais dans cette discipline en pleine évolution.

Adieu Eddie, on t’aimait bien, tu sais ; c’est dur de quitter la publicité, mais elle saura garder tes empreintes.

Élie JABRE

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Une génération de grands publicitaires, bâtisseurs, nous quitte sans bruit, Covid oblige.Monsieur Moutran était perçu par beaucoup, et cela sans méchanceté, comme un « shark, un bulldog, ou un bulldozer ; pour d’autres, il était le boss attentionné, exigeant et avide de résultats. La facette un peu cachée de Eddie était son vrai sens de l’amitié, de la générosité, de...