Dans les milieux occidentaux, les réactions dénonçant l’assassinat de Lokman Slim et réclamant une enquête « transparente » ont été nombreuses.
« Je suis extrêmement troublé par la perte tragique de Lokman Slim, un journaliste et activiste respecté, une voix courageuse, honnête et indépendante, a tweeté Jan Kubis, ancien coordinateur spécial de l’ONU au Liban. Je demande aux autorités de mener une enquête rapide et transparente sur cette tragédie et d’en tirer les conséquences nécessaires. »
Le même appel à une enquête transparente a été formulé par Najat Rochdi, vice-coordinatrice de l’ONU au Liban, qui s’est dit « choquée » par la liquidation de Lokman Slim et a estimé que les Libanais « méritent un système judiciaire indépendant et efficace pouvant parvenir rapidement à des résultats et mettre fin à l’impunité ».
Interrogé par notre correspondante à New York Sylviane Zehil sur une éventuelle enquête internationale souhaitée par la famille de la victime, Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, a répondu que « la demande doit être faite officiellement par l’État membre où le crime s’est produit ».
Sur son compte Twitter, l’ambassadrice de France, Anne Grillo, a fait part de son « immense tristesse et préoccupation à la nouvelle de l’assassinat de Lokman Slim », et le Quai d’Orsay a condamné un « acte odieux, avec la plus grande fermeté ». « La France demande que les faits soient clairement établis et que tous ceux qui peuvent contribuer à la manifestation de la vérité y concourent pleinement. Elle attend des autorités libanaises et de tous les responsables qu’ils permettent à la justice d’agir avec efficacité, en toute transparence et sans interférence », selon un communiqué du Quai d’Orsay qui insiste sur le fait que « le pluralisme et la liberté d’expression sont des composantes essentielles du modèle de société auquel sont attachés les Libanais ».
L’ambassadrice des États-Unis, Dorothy Shea, a quant à elle condamné un « assassinat barbare (...) qui n’était pas seulement une attaque brutale contre une personne spécifique, mais une agression lâche contre les principes de démocratie, de liberté d’expression et de participation civique ». « Il est inacceptable de recourir aux menaces et à l’intimidation pour renverser l’État de droit et faire taire le débat politique », a-t-elle ajouté, insistant sur « la nécessité d’une enquête rapide sur cet assassinat et d’autres meurtres récents qui n’ont pas encore été résolus, afin que les auteurs de ces actes soient traduits en justice ». « Les assassinats politiques envoient au monde un mauvais signal de ce que représente le Liban », a-t-elle déploré.
« Choqué et très profondément attristé par l’assassinat de Lokman Slim. Nous déplorons la culture ambiante d’impunité au Liban où de tels actes haineux se produisent et demandons une enquête en bonne et due forme par les autorités compétentes », a tweeté pour sa part l’ambassadeur de l’UE Ralph Tarraf.
L’ambassade du Canada au Liban a déploré « la mort tragique de l’écrivain et activiste » et jugé que « seule une enquête crédible et transparente peut dévoiler la vérité et mettre fin à l’impunité ».
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, a de son côté « condamné dans les termes les plus vifs » l’assassinat de Lokman Slim. La Ligue a mis en garde « contre un glissement dangereux vers le chaos ».
L’organisation Human Rights Watch a qualifié Lokman Slim de « défenseur infatigable (...) pour un Liban juste et démocratique », appelant à une enquête indépendante pour « renverser la culture de l’impunité pour les crimes graves qui continuent depuis la guerre civile ».
« Lokman Slim était à l’avant-garde de la lutte contre l’impunité dans le Liban d’après-guerre, défendant activement le droit à la justice et à la vérité des familles de disparus », a de son côté rappelé Amnesty International. « Aujourd’hui, il est la victime d’un schéma vieux de plusieurs décennies et qui a toujours garanti l’impunité pour les (auteurs des) assassinats ciblés de militants, de journalistes et d’intellectuels », a ajouté l’ONG.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Devant l’indignation du monde civilisé après l’assassinat de Lockman Mohsen Slim et devant l’inertie de nos gouvernements depuis l’assassinat du journaliste Salim El-Laouzi le 4 mars 1980, je me vois contraint de reconnaître que ceux qui nous gouvernent actuellement ne feront pas davantage que leurs prédécesseurs en se contentant de nommer un comité Gustave pour désigner les assassins.
20 h 17, le 05 février 2021