Selon le directeur de l’hôpital universitaire Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, la situation sanitaire « qui se dégradait rapidement » a pu « être stabilisée » grâce au confinement, bien que la transmission communautaire reste élevée et la capacité des hôpitaux « limitée ». Photo Nabil Ismaïl
Si le chiffre quotidien de contaminations au coronavirus semble s’être stabilisé au cours des derniers jours tout comme celui des hospitalisations et des admissions en unités de soins intensifs, celui des décès continue de faire hausser le compteur de l’épidémie. Le Liban a enregistré hier 63 décès et 2 020 nouvelles contaminations, avec un taux de contamination par rapport au nombre de tests effectués au cours des deux dernières semaines de 22 %. Ces chiffres font grimper à 303 072 le nombre des personnes ayant déjà contracté le virus depuis février 2020, au nombre desquelles 3 145 sont décédées et 183 263 guéries. Parmi les cas toujours actifs, 2 418 personnes sont hospitalisées, dont 960 en soins intensifs.
La baisse apparente du nombre de cas quotidiens ne signifie pas pour autant que la progression de la pandémie ralentit, malgré le confinement strict en place, mais serait plutôt liée à la réduction du nombre de tests PCR effectués durant le week-end, de nombreux laboratoires étant fermés. Hier en fait, près de 5 600 tests ont été effectués.
« Déconfinement progressif »
Commentant les chiffres, le directeur de l’hôpital universitaire Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, a estimé que la situation sanitaire « qui se dégradait rapidement » depuis les fêtes avait pu « être stabilisée » grâce au confinement, bien que la transmission communautaire reste élevée et la capacité des hôpitaux « limitée ». « Idéalement, un confinement plus long devrait permettre d’améliorer notre situation, a-t-il écrit dans une série de tweets. Mais cela serait-il accepté par la population? L’alternative évidente à une extension du bouclage est donc un déconfinement progressif. » Le Dr Abiad a en outre fait remarquer que la présence du variant britannique « compliquait la situation ». « Un allègement incontrôlé des mesures sanitaires risque de gâcher toutes les avancées enregistrées grâce au confinement », a-t-il mis en garde.
De son côté, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a insisté sur l’importance de respecter les mesures sanitaires au cours de cette troisième semaine de confinement renforcé « afin que nous puissions commencer à mettre en place un plan sérieux de déconfinement ». Dans une interview accordée dimanche soir à la chaîne télévisée al-Jadeed, il a noté que « le Liban occupe la quatrième position mondiale en termes de propagation du virus ». Mais, a-t-il estimé, si les mesures en vigueur sont respectées, « la propagation du virus pourra commencer à être contrôlée lors des deux prochaines semaines ». En ce qui concerne la vaccination, M. Hassan a indiqué que 174 000 personnes s’étaient jusqu’à présent inscrites sur la plate-forme mise sur pied à cet effet pour les personnes souhaitant se faire inoculer.
Immunité collective
La coprésidente de la commission nationale chargée de la lutte contre la pandémie et conseillère du Premier ministre sortant pour les affaires de la santé, Petra Khoury, a de son côté souligné qu’en raison de la propagation plus rapide du variant britannique du virus, l’immunité collective risquait d’être plus difficile à atteindre. « Le taux de contagion du variant B117 est 40 à 80 % plus élevé que celui du virus initial, ce qui signifie qu’une immunité de 80 à 85 % de la population serait nécessaire pour arrêter la propagation, au lieu de 70 % avec la version originale du coronavirus », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter. Elle a précisé que ce seuil d’immunité devait inclure les enfants, alors qu’aucun des vaccins actuellement approuvés de par le monde n’est autorisé pour les personnes de moins de 16 ans. Elle souligne qu’en vaccinant l’ensemble de la population adulte du pays, l’immunité collective n’atteindrait donc que 77 %, dans l’attente de données de la part des sociétés produisant les vaccins concernant l’inoculation des enfants.


Est ce que vous avez compte Tripoli? ???
17 h 19, le 02 février 2021