Plusieurs centaines de jeunes Tunisiens sont descendus samedi dans les rues de la capitale tunisienne pour protester contre la répression policière et pour réclamer la libération des manifestants arrêtés les jours précédents. Ils ont défilé de la place des Droits de l’homme, dans le centre de Tunis, jusqu’à l’avenue Habib Bourguiba avec l’objectif d’atteindre le ministère de l’Intérieur. Mais les forces de sécurité déployées sur cet axe important de la capitale ont bloqué leur progression. Certains manifestants les ont visées avec des bouteilles d’eau en plastique tandis que la foule scandait des slogans tels que « Liberté, liberté » et « Que tombe le régime policier ». Ils ont également dénoncé la « répression policière » et la « corruption » du gouvernement, avec des pancartes affirmant « Police partout, justice nulle part ».
Parallèlement, la condamnation à 30 ans de prison de trois personnes pour consommation de cannabis a été vivement dénoncée ces derniers jours par des organisations de défense des droits humains et sur les réseaux sociaux en Tunisie. Le jugement, rendu le 20 janvier par un tribunal de première instance au Kef (Nord), « ne porte pas uniquement sur la consommation de stupéfiants, mais aussi l’usage d’un terrain de sport pour la consommation de drogue », a indiqué hier le porte-parole du tribunal, Mohammad Faouzi Daoudi. La loi tunisienne prévoit une peine sévère pour la consommation de stupéfiants dans l’espace public. Le verdict a été dénoncé par Amnesty International, jugeant hier « inacceptables par principe toutes les condamnations émises concernant la consommation et la possession de stupéfiants ». La Ligue tunisienne des droits de l’homme a pour sa part dénoncé un « verdict injuste ».

