Le ministre libanais sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi. Photo d'archives ANI
Le ministre libanais sortant de l'Intérieur Mohammad Fahmi a estimé que les services de sécurité "n'ont pas commis d'erreur" lors des émeutes à Tripoli (Nord) en début de semaine au cours desquelles un manifestant a été tué et 300 autres personnes blessées, notamment plusieurs militaires.
Ces manifestations semblent avoir été provoquées par la crise socio-économique qui continue de s'aggraver au Liban, notamment avec le confinement strict en place jusqu'au 8 février pour tenter de limiter la propagation du coronavirus. L'incendie jeudi soir du siège de la municipalité de Tripoli par des manifestants avait provoqué un tollé dans le pays, les responsables politiques se rejetant la responsabilité de ces violences. Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, était même allé jusqu'à accuser l'armée d'être restée "les bras croisés" face aux casseurs, alors que d'autres responsables dénonçaient une éventuelle implication de services de renseignement dans les heurts.
"Les services de sécurité n'ont pas commis d'erreur à Tripoli. Il y avait un objectif clair de nuire au prestige de l'État", a affirmé M. Fahmi, dans une déclaration à une chaîne télévisée. "La municipalité de Tripoli n'est pas une caserne de l'armée ou des forces de sécurité, mais représente les institutions de l'État", a-t-il souligné. Le ministre a fait savoir que "l'enquête n'est toujours pas terminée". "Les forces de sécurité et l'armée libanaise ont défendu le Sérail gouvernemental à Tripoli et les manifestants, n'ayant pas réussi à le prendre d'assaut, se sont rendus au siège de la municipalité", a estimé M. Fahmi. "L'armée n'a pas manqué à ses obligation, et il n'y avait pas 600 membres des forces de sécurité à l'intérieur du Sérail", a-t-il encore affirmé.
L'armée avait annoncé vendredi avoir arrêté la veille trois individus, dont un ressortissant syrien, soupçonnés d'avoir incendié le bâtiment de la municipalité de Tripoli et participé à des actes de vandalisme. Deux autres personnes ont également été arrêtées pour avoir participé à des émeutes et des actes de vandalisme et attaques contre des propriétés publiques et privées et pour avoir bloqué l'accès de la municipalité à la Défense civile et les pompiers.
Une nouvelle manifestation est prévue aujourd'hui à Tripoli. L'armée a bloqué de manière préventive la place Al-Nour, haut lieu de la contestation populaire déclenchée le 17 octobre 2019. Des convois de protestataires ont pris le départ peu après 13h depuis la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, en soutien avec la "capitale du Nord".


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