Une médiation du patriarche maronite, Béchara Raï, pour réconcilier le président de la République, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a bien cours en ce moment, et c’est l’ex-archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, qui est chargé de son suivi, a-t-on appris hier de source autorisée. La visite que Mgr Matar a rendue mardi au Premier ministre désigné à la Maison du Centre s’inscrit dans cette démarche, a-t-on ajouté de même source, précisant que l’archevêque s’était rendu auparavant, en sa qualité d’envoyé spécial du patriarche, auprès du chef de l’État et du président de la Chambre.Le patriarche Raï avait relancé dimanche son initiative, compromise par la « fuite » d’une séquence vidéo filmée à l’intérieur du palais présidentiel, dans laquelle le chef de l’État traitait M. Hariri de « menteur ». Dans son homélie, il demandait au président Aoun de prendre l’initiative d’une réunion de « réconciliation » préalable à la reprise des échanges autour de la formation du gouvernement, qui se heurte à une interprétation divergente des prérogatives respectives du chef de l’État et du président du Conseil dans ce processus. « Nous souhaitons que le président de la République prenne l’initiative d’inviter le Premier ministre désigné à tenir une telle réunion, avait affirmé le patriarche. Le temps ne pardonne pas et la situation du pays et de la population ne souffre aucun retard dans la formation du gouvernement. La Constitution et le pacte national renouvelé dans l’accord de Taëf imposent à l’autorité politique d’en respecter la lettre et l’esprit, d’en compléter l’application et d’en corriger les défauts mis en évidence par la pratique, de renforcer l’indépendance de sa magistrature en sa qualité de pouvoir indépendant et de protéger l’institution militaire, dans sa dignité, son prestige et la plénitude de ses droits. »
« La démarche de Mgr Matar a pour objectif de créer un climat favorable à la rencontre. Certes, tout ne sera pas réglé pour autant, mais au moins l’atmosphère entourant le processus redeviendra positive », a affirmé hier à L’OLJ la source citée, qui capitalise en particulier sur « le fait qu’une enquête administrative a été ouverte, à Baabda, pour établir les circonstances dans lesquelles la vidéo a fuité ».
Et de rappeler que la médiation patriarcale table sur « une prise de conscience véritable des dangers qu’un retard dans la formation du gouvernement fait courir au Liban, en ce temps de bouleversements régionaux et de pandémie, aussi bien sur le plan national que sur le plan social ».

