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Sanctions

Pompeo accuse l’Iran d’être la « nouvelle base » d’el-Qaëda

Plusieurs spécialistes contestent les hypothèses émises par le secrétaire d’État américain.

Pompeo accuse l’Iran d’être la « nouvelle base » d’el-Qaëda

Mike Pompeo lors de son intervention devant le National Press Club, hier. Andrew Harnik/Pool via Reuters

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé hier l’Iran d’être la « nouvelle base » du réseau jihadiste el-Qaëda, « pire » que l’Afghanistan au moment des attentats du 11 septembre 2001, malgré le scepticisme de nombreux experts.

Dans un discours à Washington huit jours avant la fin du mandat du président Donald Trump, il a également confirmé pour la première fois officiellement la mort en août dans les rues de Téhéran du numéro deux d’el-Qaëda Abdallah Ahmad Abdallah, alias Abou Mohammed al-Masri. Le New York Times avait rapporté en novembre qu’il avait été abattu par des agents israéliens lors d’une mission secrète commanditée par les États-Unis.

Le secrétaire d’État n’a pas confirmé l’implication israélienne et américaine. Mais il a utilisé cet événement pour appuyer ses accusations de liens entre l’Iran chiite et la nébuleuse islamiste sunnite fondée par Oussama Ben Laden.

« El-Qaëda a une nouvelle base : c’est la République islamique d’Iran », a-t-il martelé devant le National Press Club.

« Le résultat, c’est que la création diabolique de Ben Laden est en passe de se renforcer et d’accroître ses moyens d’action. Si nous ignorons cet axe Iran/el-Qaëda, c’est à nos risques et périls. Nous devons le reconnaître. Nous devons l’affronter. Nous devons le vaincre », a-t-il assuré, appelant le monde à agir.

Le gouvernement iranien, qui a toujours démenti le moindre lien avec el-Qaëda, a renvoyé les États-Unis à leurs propres alliances régionales.

« Personne n’est dupe. Tous les terroristes du 11-Septembre venaient des destinations favorites de M. Pompeo au Moyen-Orient ; AUCUN d’Iran », a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, faisant référence au fait que la majorité des auteurs des attaques aux États-Unis étaient originaires d’Arabie saoudite.

Mensonges à consonance belliqueuse

Il a accusé le secrétaire d’État de terminer « de façon pathétique sa carrière désastreuse avec encore davantage de mensonges à consonance belliqueuse ».

Selon Mike Pompeo, ces liens existent depuis « près de trois décennies » et se sont intensifiés lorsque les jihadistes ont dû quitter l’Afghanistan lors de l’intervention américaine pour les traquer en 2001.

Le ministre trumpiste, fer de lance de la politique de « pression maximale » contre Téhéran depuis que Donald Trump a sorti les États-Unis en 2018 de l’accord international censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, est engagé dans un effort de dernière minute pour compliquer la tâche du président élu Joe Biden, qui souhaite revenir dans cet accord.

Mike Pompeo a affirmé que c’est justement en 2015, parallèlement à la négociation de ce texte, que « l’axe Iran/el-Qaëda » s’est réellement forgé.

À ce moment-là, a-t-il dit en assurant dévoiler « des informations nouvelles », « l’Iran a décidé de permettre à el-Qaëda d’installer un nouveau quartier général opérationnel ». « Depuis 2015, l’Iran a aussi donné aux chefs d’el-Qaëda plus de liberté de mouvement dans le pays », leur offrant « un soutien logistique comme des documents d’identité ».

« Ils sont partenaires dans le terrorisme, partenaires dans la haine », a-t-il insisté.

« Je voudrais dire que l’Iran est le nouvel Afghanistan », « mais en fait, il est pire », car il est plus difficile pour les Américains d’y traquer les jihadistes, a-t-il ajouté, malgré le scepticisme de certains dans les rangs des services de renseignements et du Congrès américains.

Plusieurs spécialistes contestent l’étendue de ces relations. « Si c’est vrai, pourquoi le révèle-t-il huit jours avant de quitter le pouvoir ? » s’interroge Trita Parsi, du Quincy Institute for Responsible Statecraft. « Probablement car il veut absolument tenter d’empêcher le gouvernement Biden de réparer les pots cassés », a-t-il dit.

Mike Pompeo a également annoncé des sanctions contre des chefs du réseau jihadiste « basés en Iran », Mohammad Abbatay, alias Abderrahman el-Maghrebi, et Sultan Youssef Hassan al-Arif.

Source : AFP


Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé hier l’Iran d’être la « nouvelle base » du réseau jihadiste el-Qaëda, « pire » que l’Afghanistan au moment des attentats du 11 septembre 2001, malgré le scepticisme de nombreux experts.Dans un discours à Washington huit jours avant la fin du mandat du président Donald Trump, il a également confirmé...

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