Le mufti jaafari Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a invité hier la communauté chiite à mettre en application le testament de l’ancien président du Conseil supérieur chiite (CSC), Mohammad Mehdi Chamseddine, s’attirant une critique acerbe du mufti jaafari de Beyrouth, le cheikh Ahmad Kabalan.
Dans son homélie dominicale hier, Mgr Raï a évoqué le vingtième anniversaire de la mort du cheikh Chamseddine et rappelé l’un de ses commandements adressé à ses coreligionnaires. Après avoir indiqué qu’il avait reçu la veille la visite de l’ancien ministre Ibrahim Chamseddine qui lui a fait part de la date-anniversaire de la mort de son père, le patriarche maronite a souligné qu’il a passé avec son hôte le testament du président du CSC, consigné dans un livre. « Nous avons discuté de ses enseignements. Il avait commencé son testament par un appel à ses coreligionnaires dans chaque pays et société, les invitant à s’y intégrer et à ne pas s’en distinguer. Il leur avait demandé de ne pas inventer un projet qui leur soit propre et qui les distingue des autres », a déclaré le patriarche avant d’ajouter : « Il avait également considéré le Liban comme une réponse aux chrétiens et un besoin pour le monde arabe et islamique. » « Il nous adresse aussi un avertissement en nous demandant de ne pas solliciter l’aide d’un étranger contre nos compatriotes », a encore souligné Mgr Raï, avant d’affirmer, toujours en citant de testament du cheikh Chamseddine, que « le système politique libanais est sain, n’était-ce quelques erreurs dues à la formulation et à l’application de l’accord de Taëf, des erreurs qu’il est possible selon lui de corriger grâce à un effort national sincère ».
Ce discours est certes repris en écho par l’opposition chiite, mais il déplaît à l’aile proche du Hezbollah qui s’est empressée de répondre à l’homélie patriarcale. Sans citer Mgr Raï, le mufti jaafari Ahmad Kabalan s’est adressé à « certains, pour rappeler que depuis bien avant l’occupation ottomane et le mandat français, les chiites font partie des piliers et des résistants de ce pays et sont une partie prenante du partenariat religieux et national ». « Mais certains, au niveau national et international, ont pratiqué à leur encontre une politique d’exclusion sous les deux ères ottomane et française. C’est à d’autres qu’il faut demander de s’intégrer au Liban (…). Et s’il faut évoquer l’aide sollicitée de l’étranger, il faudra alors parler de la Moutassarifiya, de l’époque des émirs et de l’occupation israélienne et non pas de ceux qui ont en permanence fait de la résistance pour protéger le Liban du temps des Ottomans, des Français, des Israéliens et des jihadistes », a-t-il dit.


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Si seulement chaque libanais avait seulement le salut du Liban en tête il serait plus confortable et plus proche de ses concitoyens, mais surtout plus confortable dans sa propre religion! ... Allah Karim...
21 h 11, le 11 janvier 2021