Des paramilitaires des Forces de soutien rapide soudanais, à Abraq, le 22 juin 2019. Photo d’archives AFP
Quelques centaines de personnes ont manifesté hier dans les villes soudanaises d’Omdourman et Khartoum pour protester contre la mort sous la torture d’un civil qui aurait été enlevé par un puissant groupe paramilitaire. Bahaa Eddine Nouri, 45 ans, membre du « comité de résistance » de son quartier, une association très active dans la dénonciation du régime de l’ex-président Omar al-Bachir, avait été enlevé le 16 décembre dans un café du sud de Khartoum par des hommes en civil à bord d’une voiture sans plaques, selon la presse locale. Son corps avait été retrouvé cinq jours plus tard à la morgue de l’hôpital d’Omdourman, grande ville qui fait face à la capitale Khartoum. La famille avait refusé de l’enterrer après avoir découvert des traces de coups et de torture.
Les paramilitaires des Forces de soutien rapide sont soupçonnés d’avoir commis ce meurtre qui a suscité un tollé général. Le bureau du procureur a affirmé lundi soir que l’autopsie du corps de Bahaa Eddine Nouri montrait qu’il avait souffert de plusieurs blessures ayant conduit à sa mort. Une procédure a été engagée pour « arrêter immédiatement et transférer devant le procureur tous les membres des Forces de soutien rapide impliqués dans l’arrestation puis dans la mort de Nouri afin qu’ils soient poursuivis » par la justice, a précisé le procureur. Rassemblés hier devant l’hôpital à Omdourman, les manifestants scandaient mardi « châtiment » ou « pendaison des coupables », alors qu’une banderole appelait à « Cesser de verser le sang des gens ». Les manifestants se sont rendus ensuite devant un bâtiment dans le nord de Khartoum, où Nouri aurait été arrêté et torturé par les Forces de soutien rapide. « Le cas de Nouri fait partie d’une série de crimes commis au nom de l’État en dehors de la loi », a déclaré l’avocat Walaa Salah lors du rassemblement. Un autre manifestant, Khaled Abidi, a déclaré que le rassemblement visait à « mettre fin à l’impunité ». Mardi, le commandant des Forces de soutien rapide, Mohammad Hamdan Daglo, a ordonné la levée de l’immunité du personnel impliqué dans l’affaire. L’Association des professionnels soudanais, moteur des manifestations ayant mené l’an dernier à la destitution de Omar al-Bachir, a qualifié de « pas en avant » la décision du procureur. Les Forces de soutien rapide sont accusées d’avoir commis des atrocités durant la guerre du Darfour (2003-2019) et leur commandant, le général Mohammad Hamdan Daglo, est le « numéro deux » du Conseil de souveraineté, plus haute instance exécutive du pays, mis en place après un accord entre civils et militaires à la suite de la chute de Bachir.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine