Cérémonie de remise de diplômes à des cadets libyens ayant reçu une formation en Turquie, samedi 26 décembre 2020, à Tripoli. Photo AFP
La Turquie répondra à toute attaque de l’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, contre ses forces présentes dans ce pays en guerre, a déclaré le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, lors d’une visite à Tripoli.
« Le criminel de guerre, le meurtrier qu’est Haftar et ses forces doivent savoir qu’ils seront considérés comme des cibles légitimes en cas d’attaque contre les forces turques » qui soutiennent le Gouvernement d’union nationale (GNA) dans le conflit en Libye, a indiqué le ministre, deux jours après des déclarations belliqueuses du maréchal à l’encontre d’Ankara.
« S’ils franchissent ce pas, ils ne pourront trouver aucun endroit pour fuir (...) tout le monde devrait revenir à la raison », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
Le soutien militaire turc a permis aux forces pro-GNA de repousser et de mettre en échec en juin 2020 une offensive des pro-Haftar lancée en avril 2019 pour s’emparer de la capitale libyenne Tripoli. Le GNA, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, contrôle depuis l’ensemble du nord-ouest du pays.
Jeudi, Khalifa Haftar a appelé à « chasser l’occupant » turc. Il n’y aura « pas de paix en présence d’un colonisateur sur nos terres », a dit le maréchal libyen, soutenu, lui, par la Russie et les Émirats arabes unis.
Le même jour et à l’occasion du 69e anniversaire de l’Indépendance du pays, le chef du GNA, Fayez al-Sarraj, a appelé ses compatriotes à « tourner la page des désaccords pour aboutir à la stabilité ».
Le ministre turc a en outre assisté à une cérémonie de remise de diplômes de cadets libyens ayant reçu une formation en Turquie dans le cadre de la coopération entre les deux camps. La Turquie a envoyé drones, instructeurs et conseillers militaires en Libye. Ces derniers sont basés notamment à al-Watiya (Ouest), la plus grande base militaire à la frontière tunisienne. La Turquie contrôle aussi en Libye une base navale et des camps de mercenaires syriens, selon Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut néerlandais Clingendael.
Le ministre libyen de la Défense Salaheddine al-Namrouch a de son côté « remercié les Turcs pour leur soutien au GNA. Maintenant, nous souhaitons réorganiser l’armée libyenne, y injecter du sang neuf ».
Malgré la multitude de séries de pourparlers interlibyens pour sortir le pays de la crise, rendues possibles par un cessez-le-feu signé en octobre sous l’égide de l’ONU et globalement respecté, les déclarations belliqueuses se multiplient.
Au premier jour de sa visite à Tripoli samedi, le ministre turc a discuté avec des responsables libyens des moyens de riposter à une éventuelle nouvelle offensive de Haftar, selon un communiqué du Haut Conseil d’État (HCE, pro-GNA).
« Ce qui compte, c’est que tout le monde contribue à une solution politique. Toute autre action ne pourra qu’être mauvaise », a-t-il déclaré samedi soir.
Le Parlement turc a adopté mardi dernier une motion prolongeant de 18 mois l’autorisation de déployer des « militaires » en Libye, pays plongé dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Source : AFP

