Le chef des Forces libanaises et farouche critique de la classe politique au pouvoir, Samir Geagea, a affirmé samedi que s’il était président de la République, il démissionnerait, dans une critique virulente à l’encontre de Michel Aoun.
Ces propos acerbes ont été tenus par le leader chrétien lors d’une conférence de presse à Meerab, où il a évoqué toutes les crises en cours dans la foulée de la gigantesque explosion au port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés, et jusqu’à la crise de formation du gouvernement.
Samir Geagea a estimé que « l’enchaînement des événements prouve une nouvelle fois que le groupe au pouvoir est incompétent et invivable ». Il a dans ce contexte affirmé que « la bataille n’est pas celle des prérogatives ». « Le problème n’est pas entre les chrétiens et les musulmans, mais avec une classe au pouvoir qui a mené le pays à la situation actuelle », a-t-il souligné. « La seule solution, ce sont des élections législatives anticipées afin de constituer un nouveau pouvoir », a encore dit M. Geagea.
« La crise actuelle est une crise d’hommes d’État qui n’existent pas. Si j’étais à la place du président de la République, je démissionnerais. Tout le groupe au pouvoir doit démissionner », a conclu Samir Geagea, en réponse à une question des journalistes.
Les propos de M. Geagea rejoignent ceux d’un autre leader chrétien, l’ancien ministre Sleiman Frangié, pourtant son adversaire politique, tenus jeudi dernier lors d’une émission politique à la MTV. M. Frangié avait estimé que le chef de l’État Michel Aoun devrait comparaître devant la justice dans l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth, au même titre que les responsables déjà inculpés, parmi eux l’ancien ministre des Transports publics Youssef Fenianos, qui est membre de son courant, celui des Marada.
Il s’est par ailleurs dit convaincu que « si le juge en charge de l’affaire, Fadi Sawan, veut faire assumer la responsabilité de la présence du nitrate d’ammonium aux responsables qui avaient eu connaissance de l’existence de ce stock, il devrait remonter jusqu’au chef de l’État ». Selon lui, « Michel Aoun est un militaire, qui sait ce que signifie le nitrate d’ammonium ». Il s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles le président n’avait pas « ordonné au ministre des Travaux publics (Michel Najjar, nommé par le courant des Marada) d’évacuer le contenu du hangar n° 12 » qui a explosé ce jour-là.


M. Geagea ne peut pas être à la place du chef de l'Etat pour démissionner ou pour rester. En toute logique il ne sera jamais président. Si Messieurs Bassil et Geagea choisissent ensemble de quitter la vie politique, ils permettraient la renaissance politique, et le retour en force dominante après 30 ans de déclin, de ceux qui ont donné une raison d'être à l'existence du Liban. "Tous, veut dire tous".
12 h 31, le 21 décembre 2020