L’ancien ministre de l’Information Melhem Riachi nous a fait parvenir la mise au point suivante, suite à l’article « Comment les Forces libanaises tentent de surfer sur la révolution », publié dans notre édition du 9 décembre.
« Dès le départ, les principales revendications de la révolution ont porté principalement sur les (...) points suivants : la formation d’un gouvernement d’indépendants non partisans, la lutte contre la corruption et la dénonciation des pratiques de ceux qui détenaient réellement, en coulisses, les rênes du pouvoir. Or à titre de rappel, lors de la réunion élargie des chefs de partis et blocs politiques qui s’était tenue le 1er septembre 2019 au palais de Baabda, le Dr Samir Geagea a réclamé avec insistance la formation d’un gouvernement de non-partisans qui soit totalement indépendant des partis politiques. Il avait mis en garde contre la gravité de la situation socio-économique, affirmant que seul un gouvernement non partisan, totalement autonome des partis, pouvait faire face à la crise. C’était donc plus d’un mois et demi avant le déclenchement de la révolution du 17 octobre 2019 (...).
« Par ailleurs, dans son discours prononcé en 2017 à l’issue de la messe à l’intention des martyrs des FL, à Meerab, le Dr Geagea avait insisté sur la nécessité de lutter contre la corruption, soulignant que celle-ci sévissait au niveau de tous ceux qui détiennent les rênes du pouvoir. Il avait par la suite dénoncé la corruption généralisée à plusieurs reprises.
Enfin, le soutien des FL à l’accord de Taëf en 1989 avait marqué leur passage de la logique de milice résistante à celle de l’État. Les FL avaient alors misé sur l’édification d’un État garant des droits de toutes les composantes de la société. C’était un tournant fondamental dans l’option stratégique des FL qui avaient ainsi remis toutes leurs armes à l’État. Et c’est parce que Samir Geagea avait refusé de jouer le jeu de la Syrie, qui voulait réduire l’État au statut de simple instrument entre ses mains, que des faux procès ont été montés de toutes pièces contre lui.
« À l’époque, le général Michel Aoun avait lui-même affirmé dans une interview à L’Orient-Le Jour que “la justice est devenue un instrument entre les mains des renseignements”. Le Dr Geagea avait donc payé le prix de son attachement à un État souverain et indépendant, comme le réclame aujourd’hui la révolution, ou plutôt comme le réclament les révolutionnaires réellement sincères. S’il avait accepté de jouer le jeu syrien de torpillage de l’État central, il aurait profité du paradis du pouvoir et du partage du gâteau, dès le début des années 1990.
« Compte tenu de tout ce qui précède, dire que “les Forces libanaises tentent de surfer sur la révolution” est quelque peu réducteur. Cela occulte (...) le fait que bien avant le 17 octobre 2019, le Dr Geagea a soulevé à plusieurs occasions les points concrets qui seront bien plus tard au centre (du mouvement de) contestation. »


A partir du 31 octobre 2017, Mr Geagea s'est malheureusement disqualifié en transigeant avec Aoun ... et a perdu tout crédit, que généralement, l'on pouvait lui accorder. Il n'a, malheureusement pas été capable d'anticipation, lui pourtant qui dénonçait la corruption à tous les étages de la maison Liban... Non les FL n'ont pas vu venir la thaoura, elles auraient du réclamer depuis longtemps et non depuis cette révolution la formation d'un gouvernement d'indépendants. En définitive, à l'image de tous les partis politiques au Liban, ils ont été des témoins au moins passifs de ces évènements
22 h 16, le 11 décembre 2020