Un délai d’une semaine a été accordé hier par la justice aux avocats représentant les intérêts des hauts gradés actuellement poursuivis pour « enrichissement illicite », afin qu’ils puissent présenter un recours pour vice de forme. Ce délai a été annoncé à l’issue de l’interrogatoire par le premier juge d’instruction de Beyrouth par intérim, Charbel Abou Samra, de plusieurs de ces anciens responsables militaires. La prochaine séance de cette instruction aura lieu le 8 janvier 2021.
Dans la matinée, le magistrat a entendu les témoignages de l’ex-directeur des services de renseignements de l’armée, Edmond Fadel, de l’ancien chef de cabinet du général Jean Kahwagi, Mohammad Husseini, de l’ex-directeur des SR militaires de Beyrouth, Georges Khamis, et de l’ancien officier Abdel Rahman Cheheitelli. Il a ensuite accordé un délai d’une semaine aux avocats de ces prévenus pour la présentation d’un recours. Une fois ce recours réceptionné, il sera envoyé au parquet général de cassation, pour approbation ou rejet.
La semaine dernière, des poursuites avaient été engagées pour « enrichissement illicite » par le parquet de Beyrouth contre l’ancien commandant en chef de l’armée libanaise le général à la retraite Jean Kahwagi, ainsi que sept autres hauts gradés de l’institution militaire : , Mohammad Husseini, Edmond Fadel et Camille Daher ; l’ex-directeur des SR militaires de Beyrouth, Georges Khamis ; l’ex-directeur des SR militaires du Liban-Nord, Amer el-Hassan ; le général à la retraite Abdel Rahman Cheheitelli ; et le lieutenant-colonel à la retraite de la Sûreté générale Ahmad el-Jamal, dont le nom a été lié au scandale de l’École militaire (l’affaire des pots-de-vin encaissés en 2016 par des officiers de l’armée pour admettre des élèves). Il s’agit de la première affaire lancée en vertu de la « loi sur l’enrichissement illicite », adoptée le 30 septembre dernier par le Parlement.

