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Agenda - Hommage Au Dr Ibrahim Hitti

Du big bang à nos jours, la passion de comprendre

Tu es parti un peu trop tôt, mon cher Ibrahim, et j’aurais tant aimé que tu achèves ton œuvre avec ton quatrième et dernier tome sur l’apparition des hominidés. Notre histoire est une simple et belle histoire d’amitié, cette amitié qui a débuté lors de ton internat à l’hôpital Saint-Georges et qui ne s’est jamais départie depuis plus de 50 ans.

Formé à l’école du professeur Émile Riachi comme orthopédiste, tu vas parachever ta formation en France dans le traitement des scolioses puis tu reviens pratiquer, au Liban, cette spécialité dont tu es le promoteur. Te voilà donc exerçant une médecine de pointe au Liban durant des années, mais un beau jour, tu décides de quitter la médecine pour te consacrer à des recherches dans une tout autre direction, le cosmos. Tu remplaces le squelette humain par le squelette cosmique. Tu veux disséquer le parcours de l’univers depuis le big bang jusqu’à nos jours, et tu vas t’y atteler sans relâche pendant au moins une décennie. Le professeur Émile Riachi à qui tu remets ton premier livre s’exclame : « Peux-tu m’expliquer, mon cher Ibrahim, comment tu as sauté des os aux atomes ? » Mais les atomes ne sont-ils pas les os, le squelette du cosmos ? Et puis tu as continué tes recherches, et j’étais pour toi une sorte d’accompagnateur ou d’incitateur car j’essayais toujours de te pousser plus loin, pour te comprendre et pour faire jaillir de toi ce que tu pressentais inconsciemment. Durant de longues années, nous avons communiqué journellement, dans nos randonnées, dans nos rencontres ou même au téléphone. Nous discutions avec passion d’un tas de sujets. Je n’oublierai jamais qu’une fois nous avons discuté pendant des semaines pour trouver la traduction exacte d’un terme arabe. C’est cet entrechoc des idées, ces échanges intenses, cette communication permanente et chaleureuse que je regretterai surtout et qui me manquera. J’aimerais ici rappeler cette phrase de Gibran Khalil Gibran : « Et qu’il n’y ait de but dans l’amitié, sinon l’approfondissement de l’esprit. » Et c’est ce que nous faisions tous les jours! D’opinions politiques totalement opposées, nous ne nous ménagions point en arguments massifs, mais cela n’a jamais terni notre amitié car nous nous élevions toujours d’un cran. Libanais jusqu’aux os, croyant jusqu’à la moelle des os dans le Père et dans le Fils, en digne orthopédiste que tu étais, tu étais généreux jusqu’au sacrifice de ton corps durant la guerre où tu fus blessé pour apporter du pain à l’hôpital Saint-Georges. Quand nous discutions du plaisir et du bonheur, tu me disais toujours qu’il n’y a pas de bonheur plus grand que de donner sans rien attendre en retour, et tu me citais l’exemple-icône du bonheur, la mère qui allaite son enfant. Tu te révoltais de cette phrase de l’Église : « Tu es poussière et tu redeviens poussière » et tu voulais la remplacer par ta pensée : « Tu es du Père et tu reviens au Père. » Tes connaissances politiques étaient profondes et tu savais disséquer les imbroglios politiques. Habile en dessin, tu m’as offert un jour une partie de la fresque de Michel-Ange représentant Dieu qui donne la vie à Adam, la main de Dieu insufflant la vie dans la main d’Adam, mais pour moi j’ai par la suite considéré ce dessin comme étant ta main qui insufflait dans ma main l’étincelle de cette culture cosmique, comme Dieu avait insufflé l’étincelle de vie dans la main d’Adam. Ma seule consolation, c’est que nous avons réussi à vivre une amitié pleine, vraie, sincère, enrichissante, pleine d’échanges, et cela durant presque un demi-siècle. Je n’ai pas raté ce train au moins ! Repose en paix mon ami, mon frère, mon alter ego. Pour terminer, je voudrais citer ces deux pensées que tu as mis des mois à élaborer et que j’ai traduites non sans difficulté de l’arabe : Notre Père omniprésent

Nous sommes de ton essence depuis la nuit des temps et le fruit de ton esprit de don, qui a germé en sentiment d’amour dans nos cœurs, amour que nous apportons aux autres pour leur bien, leur dignité et leur épanouissement dans un parcours où nous sommes appelés à prendre conscience de l’essence de notre existence ; traversée que nous entreprenons pour vivre ton royaume avec ton fils bien-aimé Emmanuel.

Autre texte dans le même sens :

Ô Homme,

Souviens-toi que tu es de l’essence de l’esprit du Père depuis la nuit des temps et le fruit de son esprit de don pour l’éternité.

Dr Paul RISCALLA

Tu es parti un peu trop tôt, mon cher Ibrahim, et j’aurais tant aimé que tu achèves ton œuvre avec ton quatrième et dernier tome sur l’apparition des hominidés. Notre histoire est une simple et belle histoire d’amitié, cette amitié qui a débuté lors de ton internat à l’hôpital Saint-Georges et qui ne s’est jamais départie depuis plus de 50 ans. Formé à l’école du professeur Émile Riachi comme orthopédiste, tu vas parachever ta formation en France dans le traitement des scolioses puis tu reviens pratiquer, au Liban, cette spécialité dont tu es le promoteur. Te voilà donc exerçant une médecine de pointe au Liban durant des années, mais un beau jour, tu décides de quitter la médecine pour te consacrer à des recherches dans une tout autre direction, le cosmos. Tu remplaces le squelette humain par le...