Le chef des Forces libanaises a tenu hier une conférence de presse à Meerab. Photo ANI
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a fait assumer à la majorité parlementaire la responsabilité du blocage actuel et lui a demandé d’« agir » pour que le pays « à l’agonie » puisse être doté d’un gouvernement. Il a assuré qu’il n’existe aucune coordination avec le Courant patriotique libre (CPL) sur les sujets dans lesquels leurs positions se recoupent et aucune entente avec le président Michel Aoun.
M. Geagea a tenu une conférence de presse hier à Meerab pour commenter trois dossiers : l’audit des comptes de la Banque du Liban, les subventions et la formation du gouvernement.
Concernant ce dernier point, il a trouvé « tragique » que quarante jours après la désignation de Saad Hariri pour former une nouvelle équipe ministérielle, le pays « à l’agonie » soit toujours sans gouvernement. « Notre situation est réversible, a cependant affirmé le chef des Forces libanaises. Que personne n’essaie de nous convaincre du contraire.
Le pire est que les dirigeants se comportent de manière à diluer les responsabilités (…), le président accusant le Premier ministre désigné d’être à l’origine du blocage et vice-versa, alors que la responsabilité incombe en réalité à la majorité parlementaire, du moment que notre système est parlementaire. C’est la Chambre qui élit le président, qui nomme le Premier ministre et qui accorde sa confiance au gouvernement. »
Rappelant que la majorité parlementaire est constituée du « tandem chiite, du CPL et de leurs alliés », M. Geagea a estimé qu’elle se doit dans ce contexte de crise existentielle de s’adresser au président ou au Premier ministre désigné. Interpellant la majorité « sourde et aveugle, qui ne se manifeste que lorsque ses intérêts sont en jeu », il a déclaré : « Si vous vous trouvez dans une situation dans laquelle vous ne pouvez rien dire à l’un ou à l’autre, agissez. Faites une pétition. Elle n’a aucune valeur constitutionnelle, mais politiquement, elle peut faire tomber n’importe qui, qu’il soit président ou chef de gouvernement. Si vous ne voulez prendre aucune initiative, il vaut mieux que vous démissionniez et qu’on s’oriente vers des législatives anticipées », réclamées depuis plus d’un an par son parti.
Il a également déploré la querelle entre Baabda et la Maison du Centre autour des compétences constitutionnelles, estimant que « la mission principale de la Loi fondamentale est de protéger la population ». « Votre seul droit constitutionnel est de former un gouvernement (…) qui ne ressemble pas aux précédents », a dit M. Geagea en assurant, en réponse à une question, qu’il n’existe aucune coordination avec le CPL au sujet des deux dossiers de l’audit juricomptable de la banque centrale et de la proposition de loi électorale du groupe du président de la Chambre, Nabih Berry. Celle-ci prévoit l’organisation des élections sur base de la proportionnelle et d’une seule circonscription.
« Les différences sont énormes entre le CPL et nous (…). Nous n’allons pas changer notre position juste parce qu’elle se trouve proche de la leur », a-t-il expliqué, précisant que les contacts entre eux se limitent « au travail des commissions parlementaires ». Il a aussi fait état d’une « absence d’entente totale avec le président » et annoncé que les FL se maintiendront dans l’opposition.

