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Ethiopie

Le Premier ministre pose un ultimatum de 72 heures aux dirigeants du Tigré

Le Premier ministre pose un ultimatum de 72 heures aux dirigeants du Tigré

Des membres de milices de la région Amhara en route vers le Tigré, pour y combattre les forces de cette région dissidente, le 9 novembre 2020. Photo REUTERS/Tiksa Negeri

Le président de la région dissidente du Tigré, dans le Nord de l'Ethiopie, a affirmé lundi que son peuple était "prêt à mourir", au lendemain de l'ultimatum de 72 heures lancé par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed aux dirigeants tigréens pour qu'ils se rendent.

Près de trois semaines après le début de cette opération militaire visant à rétablir son autorité, le pouvoir fédéral éthiopien projette d'"encercler" prochainement Mekele, capitale du Tigré et siège du gouvernement local issu du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qu'il veut remplacer par des "autorités légitimes".

Il y a dix jours, M. Abiy avait lancé un premier ultimatum aux combattants tigréens, les appelant à faire défection au profit de l'armée fédérale. Quelques jours plus tard, il avait annoncé que l'intervention militaire au Tigré, lancée le 4 novembre, entrait dans sa "phase finale".

"Combien de fois (Abiy Ahmed) a-t-il dit trois jours ? Il ne comprend pas qui nous sommes. Nous sommes un peuple de principes et prêt à mourir pour défendre notre droit à administrer notre région", a réagi auprès de l'AFP le président du Tigré et chef du TPLF, Debretsion Gebremichael.

"Il s'agit de camoufler la défaite qu'ils ont subie aujourd'hui sur trois fronts. Afin d'avoir du temps pour se regrouper", a-t-il ajouté, sans préciser de quels fronts il s'agissait.

"Votre destruction touche à sa fin"

Le TPLF a également annoncé, via son agence de presse officielle, Tigray Mass Media Agency, avoir tiré lundi des roquettes sur l'aéroport de Bahir Dar, capitale de la région voisine de l'Amhara. C'est la troisième fois que cet aéroport est visé par des attaques du TPLF qui affirme qu'il est utilisé par les appareils éthiopiens bombardant le Tigré.

Lundi, deux habitants de Bahir Dar ont indiqué à l'AFP avoir entendu des roquettes tomber. "Trois roquettes sont tombées sur la ville près de la zone de l'aéroport. Nous ne savons pas s'il y a des victimes ou des dégâts", a déclaré l'un d'eux. La vérification sur le terrain et de source indépendante des affirmations de l'un et l'autre camp est très difficile, le Tigré étant quasiment coupé du monde depuis le début du conflit.

Aucun bilan précis des combats, qui ont fait au moins des centaines de morts, n'est non plus disponible. Plus de 36.000 habitants de la région ont déjà fui au Soudan voisin. "La route vers votre destruction touche à sa fin", a notamment écrit dimanche aux dirigeants du TPLF, M. Abiy, Premier ministre depuis 2018 et lauréat du prix Nobel de la paix l'année suivante.

Le gouvernement fédéral affirme désormais contrôler la localité d'Edaga Hamus, à 100 km au nord de Mekele et l'armée avait dit la semaine dernière contrôler Mehoni, à 125 km au sud. Ces deux villes se trouvent sur la principale route menant à la capitale régionale.

Tentatives de médiation

L'armée a prévenu dimanche prévenu de l'imminence d'une attaque contre Mekele, qu'elle entend "encercler avec des chars". L'un de ses porte-parole a invité son demi-million d'habitants à "se sauver", annonçant qu'il n'y aurait "aucune pitié".

Le Premier ministre a également accusé dimanche le TPLF d'avoir détruit de nombreuses infrastructures au Tigré, notamment l'aéroport de la ville antique d'Aksoum (Nord-Ouest), également contrôlée par l'armée fédérale selon Addis Abeba, ainsi que des "écoles, des centres médicaux, des ponts et des routes qui étaient des biens du pays".

Appelant à une désescalade rapide du conflit, la communauté internationale a lancé plusieurs tentatives de médiation. L'Union africaine (UA), notamment, a nommé envoyés spéciaux les anciens présidents mozambicain Joaquim Chissano, libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et sud-africain Kgalema Motlanthe.

Lundi, le porte-parole de la cellule de crise gouvernementale pour le Tigré, Redwan Hussein, a décliné en substance cette médiation, mais indiqué que le gouvernement "parlerait avec ces envoyés par respect pour (...) les dirigeants africains". "Il pourrait y avoir plusieurs scénarios selon lesquels l'enjeu d'une paix durable pourrait être discutée, mais pas avec" le TPLF, a dit M. Redwan.

Les tensions entre Addis Abeba et le TPLF, qui a contrôlé durant près de trois décennies l'appareil politique et sécuritaire éthiopien, ont culminé avec l'organisation en septembre au Tigré d'un scrutin qualifié "d'illégitime" par le gouvernement fédéral. M. Abiy a justifié l'envoi de l'armée au Tigré en accusant le TPLF d'avoir ensuite attaqué deux bases de l'armée fédérale de la région, ce que nient les autorités tigréennes.


Le président de la région dissidente du Tigré, dans le Nord de l'Ethiopie, a affirmé lundi que son peuple était "prêt à mourir", au lendemain de l'ultimatum de 72 heures lancé par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed aux dirigeants tigréens pour qu'ils se rendent.

Près de trois semaines après le début de cette opération militaire visant à rétablir son autorité, le...