Rechercher
Rechercher

Nucléaire

Téhéran prêt à revenir « automatiquement » à ses engagements

Le Trésor US impose de nouvelles sanctions contre l’Iran.


Téhéran prêt à revenir « automatiquement » à ses engagements

Photo satellite publiée par Maxar Technologies, de la centrale nucléaire de Natanz, à Ispahan. Maxar Technologies/Handout via Reuters

L’Iran a signalé hier sa disposition à revenir « automatiquement » au respect intégral de ses engagements en matière nucléaire si le futur gouvernement de Joe Biden lève les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018.

« Quelque chose peut être fait automatiquement », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, dans un entretien publié par le quotidien gouvernemental Iran. « Les États-Unis peuvent respecter leurs engagements (...) et nous respecterons les nôtres (...). Il n’y a besoin pour cela ni de négocier ni de poser des conditions », détaille M. Zarif. « Si les États-Unis respectent (la) résolution (2 231 du Conseil de sécurité des Nations unies), que les sanctions sont levées et qu’il n’y a aucun obstacle aux activités économiques de l’Iran, alors, l’Iran, ainsi qu’il l’a annoncé, respectera ses engagements », ajoute-t-il.

Le président élu américain Joe Biden a dit vouloir un changement de cap par rapport à la politique de « pression maximale » contre l’Iran menée par le gouvernement actuel de Donald

Trump. Celui-ci a sorti unilatéralement en mai 2018 les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne trois ans plus tôt. Il a également remis en vigueur les sanctions américaines que ce pacte avait permis de lever et en a imposé de nouvelles. Hier, le Trésor américain a imposé de nouvelles sanctions contre des dizaines d’individus ou d’entités iraniens. Ces nouvelles mesures visent notamment la Fondation Mostazafan de la révolution islamique, que contrôle l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême. Le ministre iranien du Renseignement, Mahmoud Alavi, est également dans le collimateur, de même que des entreprises opérant dans les secteurs des métaux, du pétrole et des transports. Validé par la résolution 2 231, l’accord de Vienne offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales visant la République islamique en échange de garanties vérifiées par l’ONU et destinées à prouver que le programme nucléaire iranien n’a aucune visée militaire. Le retour des sanctions américaines a plongé l’Iran dans une violente récession et prive le pays des retombées qu’il attendait de ce pacte. En riposte, Téhéran s’est désengagé progressivement de la plupart de ses engagements-clés pris à Vienne, tout en disant être prêt à revenir à une application pleine et totale de l’accord si les États-Unis reviennent au respect de la résolution 2 231. Hier encore, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué que l’Iran a commencé à mettre en service les « centrifugeuses avancées » récemment déplacées dans une partie souterraine de l’usine de Natanz (centre), principal site d’enrichissement d’uranium du pays.

Aucune condition

Si Washington « revient au respect de ses engagements, nous agirons rapidement », a répété M. Zarif, dont le pays produit désormais, selon l’ONU, de l’uranium enrichi à un degré supérieur à ce que prévoit l’accord de Vienne et en accumule bien plus que ce à quoi ce texte l’autorise.

Pour M. Zarif, « c’est une très bonne chose que M. Biden veuille revenir » à l’accord de Vienne, mais « il doit être clair que l’Iran n’acceptera aucune condition ».

Avant la présidentielle américaine du 3 novembre, M. Biden a dit sa volonté de réintégrer les États-Unis à l’accord de Vienne, à condition que l’Iran revienne « à un respect rigoureux de ses engagements ».

Dans son entretien à Iran, M. Zarif estime que l’accord de Vienne « n’est pas semblable à une porte tournante permettant d’entrer dans un bâtiment par un côté et d’en sortir par l’autre ». Pour l’Iran, contrairement à la levée des sanctions, « le retour des États-Unis » à l’accord de Vienne « n’est pas une priorité » et devra faire l’objet de « négociations », dit-il.

De son côté, le président Hassan Rohani a estimé en Conseil des ministres que M. Biden allait « revenir » sur la politique iranienne de M. Trump et que cela devrait « ramener l’atmosphère » de détente qui prévalait en 2015 lors de la conclusion de l’accord de Vienne.

La publication de l’entretien de M. Zarif survient après celle d’un article du New York Times indiquant que M.

Trump a sondé récemment plusieurs hauts responsables américains sur la possibilité d’ « agir » contre des installations du programme nucléaire iranien. Selon le quotidien américain, ceux-ci l’auraient « dissuadé (...) d’aller de l’avant avec une frappe militaire », au vu du risque que cela dégénère rapidement en un conflit plus vaste.

Source : AFP


L’Iran a signalé hier sa disposition à revenir « automatiquement » au respect intégral de ses engagements en matière nucléaire si le futur gouvernement de Joe Biden lève les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018.

« Quelque chose peut être fait automatiquement », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad...

commentaires (1)

"Téhéran prêt à revenir « automatiquement » à ses engagements"? Il est permis d'en douter. On voit mal l'Iran mettre à la casse ses nouvelles centrifugeuses high-tech. Même pour faire plaisir à BIden!

Yves Prevost

07 h 32, le 19 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • "Téhéran prêt à revenir « automatiquement » à ses engagements"? Il est permis d'en douter. On voit mal l'Iran mettre à la casse ses nouvelles centrifugeuses high-tech. Même pour faire plaisir à BIden!

    Yves Prevost

    07 h 32, le 19 novembre 2020