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Politique - Conseil Constitutionnel

Le CPL obtient la suspension de la création d’un Conseil national de l’eau

Sur fond de tiraillements confessionnels, dix députés aounistes espèrent l’annulation de deux dispositions du code de l’eau pour « atteinte aux prérogatives du ministre de l’Énergie ».


Le CPL obtient la suspension de la création d’un Conseil national de l’eau

Le siège du Conseil constitutionnel à Hadath. Photo ANI

Le Courant patriotique libre (CPL) a obtenu lundi du Conseil constitutionnel (CC) la suspension des articles 14 et 15 du code de l’eau créant un Conseil national de l’eau présidé par le chef du gouvernement et chargé de la politique générale de ce secteur. Estimant que les prérogatives accordées à l’organisme empiètent sur les pouvoirs « constitutionnels » du ministre de l’Énergie et de l’Eau, dix députés aounistes avaient présenté jeudi dernier un recours en annulation des deux dispositions, demandant qu’elles soient suspendues dans une première étape, dans l’attente qu’il soit statué sur le fond. Le code de l’eau avait été adopté au Parlement le 30 septembre dernier, et publié au Journal officiel le 22 octobre, modifiant une loi promulguée en avril 2018. Le recours devant le CC se fonde notamment sur l’article 66 de la Constitution, selon lequel « les ministres ont la direction des services de l’État et assurent l’application des lois et des règlements relevant de leurs départements respectifs ». Mais la requête s’inscrit surtout dans la volonté du CPL de disposer d’un maximum de pouvoirs au sein d’un ministère qu’il détient depuis une douzaine d’années, et qu’il réclame toujours, ainsi que dans le cadre des sempiternels tiraillements confessionnels entre le parti aouniste et le courant du Futur.

Un point que d’ailleurs ne cache pas César Abi Khalil, député CPL, qui avait travaillé sur le projet de loi présenté au Parlement en mars 2018, alors qu’il était ministre de l’Énergie. « Avant la séance législative du 30 septembre, les divers partis étaient convaincus de l’opportunité d’un amendement des articles 14 et 15 de la loi. Mais séance tenante, la chef du groupe parlementaire du Futur, Bahia Hariri, a exercé un lobbying si fort que la loi – par ailleurs irréprochable au plan de la modernisation du secteur – a été votée à la hâte et sans finalisation », déplore M. Abi Khalil interrogé par L’Orient-Le Jour. « Le texte est donc passé sans que les deux dispositions portant atteinte aux pouvoirs du ministre ne soient modifiées », regrette-t-il, soulignant que le Conseil national, composé outre du ministre de l’Énergie, des ministres de l’Environnement, de l’Agriculture, des Travaux publics, de la Santé, des Finances et de l’Intérieur, ainsi que des directeurs généraux des institutions publiques d’investissement de l’eau, devrait se cantonner à « un pouvoir consultatif ». « C’est au ministre de l’Énergie seul que revient le pouvoir de décider des programmes de gestion de l’eau et d’étudier leurs plans de financement. Cela certes après coordination avec les directeurs généraux concernés, selon que les projets touchent à l’environnement, au tourisme, à l’agriculture ou à l’industrie », soutient-il.

Mais le courant du Futur affiche une position divergente. « Le secteur de l’eau impliquant plusieurs ministères, il est naturel que l’autorité qui supervise ces ministères soit la présidence du Conseil des ministres », indique Bahia Hariri à L’OLJ. À l’opposé, César Abi Khalil dénonce les « larges prérogatives » confiées à l’organisme présidé par le chef du gouvernement. « Le ministre de l’Énergie risque de devoir assumer une responsabilité pour des mesures que lui-même n’a pas prises, sachant que la Constitution édicte la mise en accusation devant la Haute Cour de justice des ministres ayant failli à leurs devoirs ». Et d’ajouter, sur un autre plan : « Les articles 14 et 15 outrepassent la Constitution en accordant au Conseil national de l’eau la mise en place de plans généraux de développement, alors que ceux-ci nécessitent l’approbation des deux tiers du gouvernement. »


Le Courant patriotique libre (CPL) a obtenu lundi du Conseil constitutionnel (CC) la suspension des articles 14 et 15 du code de l’eau créant un Conseil national de l’eau présidé par le chef du gouvernement et chargé de la politique générale de ce secteur. Estimant que les prérogatives accordées à l’organisme empiètent sur les pouvoirs « constitutionnels » du ministre de l’Énergie et de l’Eau, dix députés aounistes avaient présenté jeudi dernier un recours en annulation des deux dispositions, demandant qu’elles soient suspendues dans une première étape, dans l’attente qu’il soit statué sur le fond. Le code de l’eau avait été adopté au Parlement le 30 septembre dernier, et publié au Journal officiel le 22 octobre, modifiant une loi promulguée en avril 2018. Le recours devant le CC se...
commentaires (7)

Énergie, énergies au pluriel doit-on préciser... Énergies abondantes, et Ô combien lucratives pour les joueurs politiques irrationnels... mais Ô combien manquantes pour tous les ayants-droit. le peuple!!! Cette attitude démontrée du CPL n'est qu'un exemple de ce qui nous est promis avec le gouvernement «de technocrates» de Saad Hariri. Liban, jouiras-tu un jour du droit d'un pays à s'auto-gouverner?

Christian Samman

17 h 34, le 11 novembre 2020

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Commentaires (7)

  • Énergie, énergies au pluriel doit-on préciser... Énergies abondantes, et Ô combien lucratives pour les joueurs politiques irrationnels... mais Ô combien manquantes pour tous les ayants-droit. le peuple!!! Cette attitude démontrée du CPL n'est qu'un exemple de ce qui nous est promis avec le gouvernement «de technocrates» de Saad Hariri. Liban, jouiras-tu un jour du droit d'un pays à s'auto-gouverner?

    Christian Samman

    17 h 34, le 11 novembre 2020

  • On se tiraille sur des ministères fantômes. Il n'y a pas plus d'eau que d'électricité. Ils n'ont pas honte de se disputer des pouvoirs stériles et non productifs.

    Citoyen

    17 h 19, le 11 novembre 2020

  • On a vu le résultat de leur labeur. Les libanais continuent d’acheter des citernes d’eau comme dans les pays sous développés sans parler de l’électricité et les communications qui sont devenues les plus coûteuses du monde pour le citoyen, pour subvenir à leurs besoins quotidiens sans qu’aucun plan n’est été exécuté pour leur fournir ce qui leur est nécessaire. Ils continuent à se cramponner à des ministères juteux qui ont fait leurs fortunes en bloquant toute décision d’avancer prétextant des droits de certaines confessions qu’ils ont noyées dans la misère par leur simple présence au gouvernement. Il est temps qu’ils comprennent tous que les libanais n’ont plus les mêmes critères quand aux choix de leurs gouverneurs. Il veulent avant tout des gens honnêtes et patriotes peu importe leur religion et un état souverain qui ne dépend d’aucun pays étranger que les vendus ont toujours préféré au leur.

    Sissi zayyat

    13 h 49, le 11 novembre 2020

  • mais qu'ils se decident donc, ministeres ou conseils mais pas les deux institutions a la fois. puisque corruption et ineptie feront partie dans les 2 cas , nous aurions au moins fait des economies de salaires non ?

    Gaby SIOUFI

    10 h 13, le 11 novembre 2020

  • Mon Dieu, quel mic mac!! Quelle que soit l'initiative (à part les mauvaises), elle est vite bouchée! On n'a même pas le temps de savoir ce qu'elle pourrait donner...

    Soraya Naufal

    07 h 18, le 11 novembre 2020

  • même avec L'eau ....Ils nous saoûlent !!!!!!

    LE FRANCOPHONE

    03 h 15, le 11 novembre 2020

  • Mais que c’est pathétique ... quel culot incroyable ... à ce stade les « fromagistes » ne se cachent même plus pour clamer haut et fort leur avidité ...

    AntoineK

    00 h 57, le 11 novembre 2020

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