Le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, lourdement sanctionné vendredi par Washington qui l’accuse de corruption, abus de pouvoir et soutien au Hezbollah, a vivement réagi à cette décision hier, se défendant des accusations américaines et réaffirmant qu’il ne coupera pas les liens avec le parti chiite. « Je ne suis pas votre agent, je veux être votre ami », a-t-il ainsi martelé, en s’adressant à l’administration du président sortant Donald Trump, lors d’un discours-fleuve prononcé hier à midi au siège principal du CPL dans le centre Mirna Chalouhi à Sin el-Fil, devant lequel des dizaines de partisans s’étaient rassemblés pour le soutenir.
Quatre demandes
« Entre des sanctions contre ma personne et la protection de la paix intérieure, le choix était facile. J’ai choisi la protection du Liban », a déclaré le leader chrétien. « Les discussions sérieuses concernant les sanctions ont commencé à l’été 2018, lors de la formation du deuxième gouvernement de Saad Hariri, a rappelé Gebran Bassil. J’ai été informé récemment par le président de la République qu’un haut responsable américain l’avait contacté pour lui demander de couper les ponts avec le Hezbollah immédiatement, et de me transmettre ce message sans tarder. Le lendemain, j’ai été directement informé de la nécessité de répondre favorablement à quatre demandes, faute de quoi je serais sanctionné sous quatre jours. La première demande était la rupture immédiate des liens avec le Hezbollah. Les trois autres, je ne les rendrai pas publiques, suite aux conseils de certains. Mais aucune de ces demandes ne concerne la lutte contre la corruption. Ce à quoi j’ai naturellement et rapidement répondu : Les choses ne fonctionnent pas de la sorte avec nous et je refuse car cela contredit les principes du CPL selon lesquels nous ne prenons pas de directives de l’étranger. »
« J’ai également dit que si nous acceptions que notre relation avec les États-Unis soit de la sorte, nous agirions alors comme les autres qui acceptent les injonctions extérieures et deviendrions des agents. Mais je ne suis pas votre agent. Je veux être votre ami », a affirmé M. Bassil en s’adressant à l’administration américaine.
Des offres « alléchantes »
« Plus tard, on est entré en contact avec moi afin de me convaincre que le but des Américains n’était pas de m’imposer des sanctions, mais de m’attirer en tant qu’ami et partenaire. Les autres (responsables politiques sanctionnés) n’ont d’ailleurs pas été prévenus à l’avance, alors que moi, on a voulu me donner une chance de me sauver car ils veulent de moi », a poursuivi le chef du CPL.
« J’ai entendu dire à plusieurs reprises “On ne veut pas perdre notre relation avec Bassil”, a encore dit le leader chrétien. Ils m’ont présenté des offres qu’ils considèrent alléchantes (…) Mais cela n’a pas fonctionné. (...) Je n’ai rien fait en ce sens, et vendredi, les sanctions ont été annoncées en pleine présidentielle américaine. Ils se préoccupaient de moi en plein scrutin ! »
« Ces sanctions se réfèrent à la loi Magnitsky et font à peine référence au Hezbollah alors que (les Américains, NDLR) n’ont cessé de me parler du Hezbollah, a encore lancé Gebran Bassil. J’ai informé le CPL de cela, ainsi que le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. Il m’a dit qu’il était prêt à apporter toute aide que nous réclamerions, mais naturellement, je n’ai rien demandé lors de cet entretien. » « Si j’avais accepté de couper les ponts avec le Hezbollah, aurait-on cessé de m’accuser de corruption ? Et puis, la loi Magnitsky concerne les violations des droits de l’homme. Alors que les accusations de corruption portées contre moi sont risibles », s’est encore insurgé Gebran Bassil, qui a déclaré vouloir engager un cabinet d’avocats aux États-Unis pour contester ces sanctions.
Mise en garde aux partisans
Gebran Bassil s’est aussi adressé à ses partisans, les mettant en garde contre les divisions au sein de son parti. « Je suis au courant des tentatives de certains services de renseignements de retourner certains de nos membres contre nous. Je reconnais ceux qui trahissent rien qu’en les regardant dans les yeux. L’un de nos membres qui se trouve à l’étranger l’a déjà fait, et je sais de qui il s’agit. Je vais porter plainte contre cette personne devant le conseil d’arbitrage du parti et des sanctions seront prises », a-t-il annoncé.
Qualifiant les sanctions américaines de « crime », il a affirmé que ces mesures doivent « faire l’objet d’une enquête », accusant implicitement les États-Unis d’être derrière son « assassinat politique ». « Ils peuvent porter atteinte à ma réputation, mais lorsqu’il s’agit de présenter des preuves, ils ne peuvent même pas égratigner mon honnêteté », a assuré Gebran Bassil en critiquant l’administration Trump et en assurant qu’il lutterait contre ces sanctions.
Ouverture en direction de Biden
Le chef du CPL a toutefois fait un geste d’ouverture envers la nouvelle administration américaine qui va se mettre en place, saluant l’élection du candidat démocrate Joe Biden à la présidence et de Kamala Harris à la vice-présidence.
Il a également tenté de prouver que les sanctions contre sa personne n’auront pas l’effet recherché. « Affaiblir le CPL pour affaiblir le Hezbollah ne donnera pas le résultat escompté et poussera le Hezbollah à se défendre, et les chrétiens à l’exode. Ce projet de chaos ne doit pas se répéter au Liban. Il s’agit de tous les ingrédients d’une guerre, a-t-il affirmé. Nous ne serons pas en faveur de l’isolement d’une quelconque composante libanaise (…) Il est donc impossible que nous trahissions le Hezbollah. Si nous voulons couper les ponts avec lui, nous le ferons sur la base de motivations nationales. »


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il est vraiment ridicule de claironner a tout venant que -derriere une telle ou telle action - C'EST LA POLITIQUE ..... mais par Dieu on veut quoi? que des initiatives prises par des politiciens soient contrees par de la science physique pr ex ? par l'horoscope, ou par un jeu de carte ? Ah, par un assassinat pur et simple tel que prefere par certaines nations ?
10 h 42, le 09 novembre 2020