Le leader druze, Walid Jumblatt, chef du Parti Socialiste Progressiste. Photo d'archives JOSEPH BARRAK/AFP/GettyImages
Le Parti socialiste progressiste (PSP) dirigé par le leader libanais druze Walid Joumblatt a fustigé vendredi les propos du président syrien Bachar el-Assad qui affirmait jeudi que "les milliards de dollars (syriens) bloqués dans les banques libanaises sont à l'origine de la crise économique en Syrie".
Jeudi, Bachar el-Assad avait affirmé que l'aggravation de la crise économique en Syrie, pays dévasté par dix ans de guerre, était due aux "milliards de dollars d'avoirs" syriens bloqués dans les banques libanaises, alors que le pays du cèdre est en proie depuis un an à une crise financière et monétaire sans précédent.
"Le président syrien insiste à saper l'économie libanaise", a déploré le PSP. "Une réponse claire est requise face à une telle insolence et à cette insistance à faire chuter le Liban avec le régime syrien", affirme la formation de M. Joumblatt, qui accuse le "régime baassiste" d'avoir été "l'architecte de la corruption qui frappe le Liban et qui est la cause de sa crise". "Les dépôts dans les banques libanaises, indépendamment de la nationalité de leurs détenteurs, ont connu le même sort sans discrimination".
Pour le PSP, les déclarations de Bachar el-Assad "confirment l’existence d’un plan clair pour frapper le système bancaire libanais, qui a toujours été un refuge sûr et stable pour les frères arabes". "Ces propos justifient voire encouragent la contrebande au Liban" vers la Syrie, un problème que l'Etat libanais n'a toujours pas réussi à résoudre.
Dans un message à part sur son compte Twitter, le leader du PSP est allé encore plus loin dans les critiques à l'encontre du président syrien : "Il semble qu'après avoir pillé, détruit et poussé à l'exode la plupart de la (population de) Syrie, profité de la contrebande des produits subventionnés par le Liban, qu'après la destruction du port de Beyrouth où était entreposé le nitrate qu'il a importé pour s'en servir dans des barils explosifs contre son peuple, il (M. Assad, NDLR) compte achever le système bancaire libanais", a martelé Walid Joumblatt.
Depuis le début de la crise, les banques libanaises ont imposé des contrôles serrés sur les retraits et transferts à l'étranger, rendant impossible aux dépositaires l'accès à leurs économies, alors que selon plusieurs observateurs, les niveaux de liquidité des banques sont au plus bas. Selon le chef de l’État syrien, "entre 20 et 42 milliards de dollars de dépôts syriens auraient été perdus dans ce secteur" en crise qui détenait autrefois 170 milliards en devises étrangères.


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