Le président libanais, Michel Aoun (c), s'entretenant le 5 novembre au palais de Baabda avec le directeur du cabinet Alvarez & Marsal. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le président libanais, Michel Aoun, s'est entretenu au palais de Baabda avec le directeur du cabinet de conseil Alvarez & Marsal de l'audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban, alors que la BDL a refusé de fournir à l'entreprise une partie des documents qu'elle réclame pour mener à bien sa mission, dans un contexte de grave crise économique et financière au Liban.
"Le président Aoun a reçu le directeur de la société Alvarez & Marsal en charge de l'audit juricomptable, James Daniell, en présence du ministre (sortant) des Finances et du gouverneur de la Banque du Liban, et a évoqué avec eux les circonstances entourant l'opération d'audit juricomptable des comptes de la BDL", a écrit la présidence sur Twitter.
Comme le prévoit le contrat signé début septembre avec l'État libanais, Alvarez & Marsal doit examiner l’évolution des comptes de la BDL depuis 2016, année où les premières opérations d'ingénieries financières très controversées avaient été lancées. Pour "la première phase" de cet audit juridique, le cabinet avait fixé l'échéance du 3 novembre à la Banque centrale pour lui remettre tous les documents nécessaires, mais l'institution financière avait refusé de communiquer certaines données, basant cette décision sur le Code de la monnaie et du crédit, ainsi que la Loi sur le secret bancaire. L’audit de la BDL occupe pourtant une position importante dans la liste des réformes urgentes que le Liban, en crise depuis plus d’un an, doit lancer pour prétendre recevoir une aide financière internationale. Il s’agit aussi d’un pilier de la feuille de route française que le président français Emmanuel Macron avait proposée à la classe politique libanaise lors de son passage à Beyrouth le 1er septembre.
Jeudi, le ministère des Finances a annoncé que le sort du contrat établi entre le gouvernement libanais et le cabinet Alvarez & Marsal sera connu "d'ici 24h".
Mardi, le Premier ministre sortant Hassane Diab avait dénoncé une "tentative de faire échouer l'audit", appelant la BDL à fournir au cabinet Alvarez & Marsal les documents requis pour cette procédure visant à retracer l’historique des transactions. Il avait estimé qu'empêcher cet audit reviendrait à empêcher les Libanais de connaître les causes de l'effondrement financier du pays, de la disparition de leurs avoirs et de la chute du taux de la livre sur le marché parallèle.


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