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Halloween à la Maison-Blanche, des traditions et des fantômes

Ni le Covid-19 ni l’effervescence à la veille de l’élection d’un nouveau président n’auront eu le dernier mot sur la célébration d’Halloween qui a eu lieu le dimanche 25 octobre, à la Maison-Blanche. Une coutume qui se célèbre chaque année avec sa kyrielle de fantômes présidentiels.


Halloween à la Maison-Blanche, des traditions et des fantômes

Deux enfants habillés à la manière du président Trump et son épouse Melania, le clou de l’événement. Photo Olivier Douliery/AFP

Halloween, historiquement la fête de la fin des récoltes, est un must aux États-Unis y compris à la résidence la plus iconique du pays, la Maison-Blanche, qui l’a célébrée dimanche dernier, en avance de quelques jours. Une fête maintenue malgré le Covid-19, conformément à une coutume établie depuis les années 50 par Mamie Eisenhower, l’épouse du président Dwight Eisenhower. Suivant cette tradition, l’actuelle First Lady, Melania Trump, avait, en début de semaine, rédigé le tweet suivant : « Dimanche, POTUS (pour President Of The United States) et moi recevrons les enfants des fonctionnaires de la Maison-Blanche, des familles de militaires et des écoliers et leurs parents pour l’annuel trick or treats, (farces ou friandises), de la Maison-Blanche. Nous vous attendons tous à ces festivités. » Une annonce similaire avait également été officiellement publiée dévoilant le programme de cet événement prévu de 15h30 à 19h30 : des fantômes, des fées et autres lutins, des superhéros, une plongée dans l’univers spatial avec la découverte d’une fusée gonflable et un salut amical (et de loin) à un petit ours identique à celui sauvé lors d’un incendie de forêt, nommé Smokey Bear. Enfin, des chansons traditionnelles d’Halloween ont été interprétées par un orchestre militaire avant que des répliques d’avions et de fusées tous modèles confondus soient remises aux jeunes invités en guise de cadeaux. Mais l’image que la presse internationale a partagé de cet événement, c’est celle de ces deux enfants habillés à l’image du couple présidentiel et reçus par Donald et Melania Trump, tout sourire. Le petit garçon arborait la traditionnelle cravate rouge de l’hôte de la Maison-Blanche, avec une perruque blonde rappelant, sans aucun doute possible, la coiffure si souvent raillée du président.


Donald Trump et son épouse Lady Melania Trump à la Maison-Blanche pour la célébration d'Halloween le dimanche 25 octobre. Photo Olivier Douliery/AFP


Le président Lincoln, illustre fantôme

Côté décor, rien d’horrifiant cette année, mais plutôt des guirlandes de feuillages aux couleurs de l’automne enroulées autour des célèbres colonnes de la Maison-Blanche, assorties de toute une variété de chrysanthèmes tombant en cascade des escaliers extérieurs, au bas desquels avaient été disposés, en guise de bienvenue, des potirons en habits de fête.

Pourtant, le premier Halloween de la Maison-Blanche, signé Mamie Eisenhower en 1958, avait une toute autre allure. Dans sa décoration, cette First Lady avait appliqué à la lettre le thème de l’horreur, symbolique de cette fête, qu’elle avait dédiée aux adultes, plus précisément aux épouses des personnes œuvrant à la Maison-Blanche. Ainsi, ces dames avaient été accueillies par des chats noirs, des hiboux, des têtes de sorcières et des lutins suspendus au lustre de l’entrée, puis s’étaient retrouvées face à des squelettes pendus aux appliques murales. La table du repas avait été décorée de miniatures de sorcières perchées sur leurs balais et de bols remplis de chrysanthèmes jaunes. De leur côté, le président John F. Kennedy et son épouse Jackie avaient privilégié la douceur, dans un esprit ludique et familial. Une photo d’archives montre leurs enfants en bas âge, Caroline et John Jr., faisant une irruption costumée, déguisés respectivement en échiquier et en épouvantail dans le Bureau Ovale de leur président de père. Depuis, Halloween à la Maison-Blanche est devenue une affaire d’enfants. Néanmoins, côté adulte, il semble que l’esprit de certains locataires de cette illustre maison la hante encore, selon des récits en possession de la White House Historical Association créée par Jackie Kennedy qui voulait en faire la mémoire de la résidence présidentielle.

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L’éloquent langage vestimentaire des présidentielles

La vedette de ces fantômes reviendrait au président Abraham Lincoln (1809-1865), qui, de son vivant, avait eu des perceptions de l’au-delà et aurait fait, après son décès, quelques apparitions remarquées… Son valet, Jeremiah Smith, avait ainsi rapporté que le président confiait recevoir régulièrement des visites de son fils Willie décédé d’une fièvre typhoïde à la Maison-Blanche en 1862, à l’âge de 11 ans. Après son assassinat en 1865, Lincoln s’est apparemment joint aux revenants. Lors d’une interview en 1920, la First Lady Grace Coolidge (épouse du président Calvin Coolidge), avait ainsi affirmé l’avoir aperçu contemplant l’extérieur par la fenêtre de son bureau. En visite officielle aux États-Unis en 1942, la reine des Pays-Bas, Wilhelmine, qui dormait dans la chambre de Lincoln (devenue Guest Room), a ainsi confié avoir entendu quelqu’un frapper à sa porte puis, en ouvrant, avoir vu devant elle le président Lincoln, avant de s’évanouir. Quelques années auparavant, c’est le Premier ministre britannique Winston Churchill, qui venait souvent à Washington et était toujours l’hôte de la Maison-Blanche, qui relatait avoir rencontré le président assassiné d’une manière étrange. En sortant d’un bain chaud, en tenue d’Adam et un cigare à la bouche, il aurait vu Lincoln debout devant la cheminée et s’était alors exclamé : « Bonsoir M. le Président, il semble que vous me voyez à mon désavantage ! » On avait aussi l’habitude de dire que l’esprit de Lincoln revenait toujours lorsque le pays était en danger.


Donald Trump et son épouse Lady Melania Trump à la Maison-Blanche pour la célébration d'Halloween le dimanche 25 octobre. Photo Olivier Douliery/AFP


Des sorcières déchaînées contre Trump

Retour au monde réel où les ennemies féminines de Trump faisant feu de tout bois ont lancé sur les réseaux sociaux à l’occasion d’Halloween une campagne intitulée Binding spell, pour jeter des mauvais sorts sur Donald Trump afin qu’il perde les élections. Des milliers de dames ont répondu à l’appel. Se donnant le nom de Sorcières, elles ont mené leur bataille armées des hashtags suivants : #BindTrump et #MagicResistance. Quant à leur page Facebook, elle a enregistré plus de 6 000 abonnées qui ont joint leurs efforts pour notamment créer ce qu’elles ont appelé « la vague bleue magique » qui, entre le 31 octobre et le 2 novembre, devrait, comme par enchantement, renverser les urnes à l’avantage du ticket concurrent démocrate, Joe Biden-Kamala Harris. Affaire à suivre...


Halloween, historiquement la fête de la fin des récoltes, est un must aux États-Unis y compris à la résidence la plus iconique du pays, la Maison-Blanche, qui l’a célébrée dimanche dernier, en avance de quelques jours. Une fête maintenue malgré le Covid-19, conformément à une coutume établie depuis les années 50 par Mamie Eisenhower, l’épouse du président Dwight...

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