Un drapeau du Hezbollah et une affiche à l'effigie de son chef, Hassan Nasrallah, le 7 juillet 2020 à Saïda, au Liban-sud. Photo d'archives REUTERS/Ali Hashisho
Le Parlement tchèque a adopté mardi soir à une large majorité une résolution qui appelle le gouvernement à classer le Hezbollah, dans sa totalité, comme organisation "terroriste" et à pousser l'Union européenne à faire de même, rapportent plusieurs médias arabes et israéliens.
Une dizaine de pays, à leur tête les Etats-Unis, considèrent le Hezbollah comme un groupe terroriste. L'Union européenne, quant à elle, distingue entre la branche politique et la branche militaire du parti chiite qu'elle considère comme terroriste. Mais récemment, plusieurs pays européens ont durci leur approche en classant tout le parti comme groupe terroriste. C'est le cas du Royaume Uni et de l'Allemagne notamment.
Selon le Times Of Israel, 63 députés tchèques ont voté en faveur de cette résolution non-contraignante, alors que sept s'y sont opposés. "Selon la résolution, le Hezbollah est un groupe terroriste qui déstabilise significativement le Moyen-Orient et toutes les démocraties à travers son réseau global", rapporte le média israélien. Les députés tchèques ont ainsi "appelé le gouvernement de Prague à pousser vers l'abandon du concept de distinction en deux branches du Hezbollah de la part de l'UE et son inscription en intégralité en tant qu'organisation terroriste". "J'estime qu'il est nécessaire d'abandonner la distinction déroutante entre la branche politique et militaire du Hezbollah, établie par l'Union européenne en 2012 pour certaines raisons diplomatiques", a écrit en anglais Jana Černochová, la présidente de la commission de défense au sein du Parlement, sur sa page Facebook.
Le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazi, n'a pas tardé à réagir à ce vote, remerciant le Parlement pour sa décision. Il a ainsi considéré qu'elle constitue "un nouveau pas dans le sens des efforts menés par le ministère (israélien) des Affaires étrangères pour élargir la pression internationale sur le Hezbollah".
Le 22 octobre, le Trésor américain a sanctionné deux hauts responsables du Hezbollah, Nabil Kaouk et Hassan Baghdadi. Le mois dernier, les États-Unis avaient annoncé des sanctions visant en particulier deux sociétés basées au Liban et un individu pour leurs liens avec le parti chiite. Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control – OFAC), avait indiqué que les compagnies Arch Consulting et Meamar Construction, étaient visées parce qu'elles sont "détenues, contrôlées ou dirigées par le Hezbollah". Quelques jours avant, les États-Unis avaient imposé pour la première fois des sanctions contre des responsables appartenant à des formations politiques alliées du Hezbollah. Ces sanctions avaient été lancées contre les anciens ministres libanais des Travaux publics, Youssef Fenianos, et des Finances, Ali Hassan Khalil, pour "corruption" et soutien au Hezbollah.

