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Conflit

La Grèce dénonce « l’ingérence » turque au Haut-Karabakh

Une vingtaine de députés français pour la reconnaissance de la République d’Artsakh.

La Grèce dénonce « l’ingérence » turque au Haut-Karabakh

Un combattant arménien passe un coup de fil lors d’une pause à Karmir Shuka près de Stepanakert, hier. Aris Messinis/AFP

En visite à Erevan, le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias a dénoncé hier « l’ingérence » turque au Haut-Karabakh, région séparatiste pour laquelle s’affrontent l’Arménie et l’Azerbaïdjan, soutenu par Ankara. « L’ingérence de la Turquie dans le conflit du Haut-Karabakh nous inquiète », a-t-il déclaré durant une conférence de presse aux côtés de son homologue arménien, Zohrab Mnatsakanian. L’Arménie et la Grèce ont « un problème commun, la Turquie », a-t-il ajouté, accusant Ankara d’« ignorer les appels de l’Union européenne à respecter la loi internationale ».

Territoire majoritairement peuplé d’Arméniens, le Haut-Karabakh a fait sécession de l’Azerbaïdjan peu avant l’effondrement de l’URSS, entraînant une guerre qui a fait 30 000 morts dans les années 1990. Les combats, qui n’avaient jamais totalement cessé, ont repris fin septembre avec une violence jamais vue depuis un cessez-le-feu en 1994. Ils ont fait à ce jour plus de 700 morts, selon des bilans partiels.

Début octobre, l’Azerbaïdjan a accusé Athènes de ne pas s’opposer à l’arrivée au Haut-Karabakh d’Arméniens de Grèce combattant aux côtés des séparatistes. Athènes a protesté et les deux pays ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs.

La Turquie est l’allié le plus proche de Bakou. De nombreux rapports ont fait état de l’envoi sur le front au Haut-Karabakh de combattants proturcs de Syrie, mais Bakou et Ankara ont nié ces accusations.

Aucun mercenaire n’a été déployé dans le conflit opposant l’Azerbaïdjan aux séparatistes du Haut-Karabakh, a déclaré le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev dans une interview diffusée par la chaîne d’information France 24, lors de laquelle il a également réfuté l’implication militaire de la Turquie. « Aucun élément de preuve ne m’a été présenté. (...) Ainsi, s’il n’y a pas de preuve, je pense que ces rumeurs devront être oubliées », a déclaré Ilham Aliyev. « Nous n’avons pas besoin de mercenaires, nous avons une armée de 100 000 soldats, et ce que nous faisons sur le terrain montre clairement que notre armée est capable de libérer ces territoires seule », a-t-il ajouté.

Il a également réfuté les propos du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, selon lequel la Turquie est partie prenante du conflit. « Il se trompe. L’implication militaire de la Turquie est une autre fausse information. (...) Nous utilisons des équipements militaires de la Turquie, c’est un fait, mais nous en avons également qui viennent de Russie, d’Israël et d’autres pays. »

Sur un autre plan, une vingtaine de députés français ont demandé jeudi la reconnaissance « sans délai » par la France de la République du Haut-

Karabakh séparatiste. Dans une résolution déposée à l’Assemblée nationale et qui a peu de chances d’être débattue dans l’hémicycle, les députés François Pupponi (Libertés et territoires) et Guy Tessier (LR, droite) invitent le gouvernement français « à procéder sans délai à la reconnaissance de la République d’Artsakh et à l’établissement de relations diplomatiques avec ses autorités en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ». Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait déjà rejeté les appels d’élus français à prendre le parti des Arméniens dans le conflit, arguant de la nécessaire « impartialité » de la France liée à son statut de médiateur.

Enfin, la Russie a annoncé hier avoir démarré des manœuvres militaires en mer Caspienne, qui borde notamment la capitale azerbaïdjanaise Bakou. Ces exercices relativement modestes impliquant six navires, sept avions et plus de 400 soldats sont organisés au nord de la péninsule d’Abcheron, où se trouve Bakou, et prévoient des tirs d’artillerie et de missiles, a indiqué l’armée russe dans un communiqué.

Ils « ne représentent aucune menace et n’imposent aucune restriction aux activités économiques des États littoraux de la Caspienne », souligne le communiqué. La Russie entretient de bonnes relations avec les deux belligérants, mais est plus proche de l’Arménie, membre d’une alliance militaire au sein de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) menée par Moscou. La Russie ne cesse d’encourager une solution diplomatique du conflit, mais a prévenu que si les affrontements s’étendaient au territoire arménien, elle remplirait ses « obligations » découlant de son alliance avec Erevan.

Sources : agences


En visite à Erevan, le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias a dénoncé hier « l’ingérence » turque au Haut-Karabakh, région séparatiste pour laquelle s’affrontent l’Arménie et l’Azerbaïdjan, soutenu par Ankara. « L’ingérence de la Turquie dans le conflit du Haut-Karabakh nous inquiète », a-t-il déclaré durant une conférence de presse aux...

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