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Hommage

Le Pr Henri Ingea, une carrière médicale vécue comme un sacerdoce

Si nous pleurons aujourd’hui ton départ, mon cher Henri, c’est paradoxalement avec un sourire que nous le faisons. Car ta vie entière n’a été qu’un sourire discret comme tout ce qui est beau et grand. Ajoutons à cela la délicatesse de ton caractère et celle de tes moindres gestes.

Tu as choisi pour ta mission humaine la carrière la plus noble et la plus difficile qui soit : celle de la science médicale que tu as vécue comme un sacerdoce au service de tes frères en humanité. Dans un monde qui étouffe sous la pression des intérêts chez les uns et celle du pouvoir chez les autres, ton cheminement dans la noblesse de l’humilité vient démentir les faussetés des comportements mondains et superficiels.

En tant que chirurgien émérite, en tant que professeur en médecine, tu as semé autour de ta personne, chez les plus modestes comme chez les plus grands, ce grain d’espoir et de paix auquel chacun a droit. Tu fus, au faîte de ton parcours, aux commandes de l’Hôtel-Dieu de France à Beyrouth durant les journées noires de la guerre de 1975. Ceux qui t’ont assisté à l’époque en portent jusqu’à aujourd’hui le vivant témoignage. Il a suffi qu’on te côtoyât une seule fois pour ne plus jamais t’oublier.

Ton passage parmi nous dans ce Liban au destin malheureux aura été une bénédiction octroyée, silencieusement bénéfique pour tous les patients que tu as traités. Sois-en remercié à présent que tu as rejoint l’espace infini où le Créateur du monde te reçoit en fin de parcours.

Je me sens personnellement à court de mots pour évoquer les valeurs que tu as toujours défendues. Tout en sachant que ta grandeur d’âme, avec sa discrétion légendaire, se serait refusée à la banalité de toute louange verbale. Merci, Henri, d’avoir existé comme tu l’as été. Tu savais déjà que l’on n’emportait strictement rien lors du dernier voyage à part le don de soi laissé en héritage. Tu as reçu la grâce de posséder l’une des qualités divines proposées par l’Esprit à sa créature : je veux parler de la gratuité dans tous les domaines. Gratuité de l’amour, gratuité de l’altruisme, gratuité des sacrifices…

Aussi, ne dirai-je à tes enfants, ainsi qu’à ton épouse éplorée et silencieuse, qu’une seule chose : Henri repose désormais dans le grand espace de l’univers avec la conscience d’avoir fait tout simplement son devoir humain. Soyez-en fiers. Fiers que l’exemple de sa vie sera un baume incontournable et constant, non seulement pour tous ceux qui l’on connu et aimé, mais surtout pour votre vie personnelle et ce qui vous reste à offrir autour de vous pour les années qui viennent.

Je termine en demandant à chacun d’entre nous de rester en paix. Car Henri nous sert de phare depuis là-haut.



Si nous pleurons aujourd’hui ton départ, mon cher Henri, c’est paradoxalement avec un sourire que nous le faisons. Car ta vie entière n’a été qu’un sourire discret comme tout ce qui est beau et grand. Ajoutons à cela la délicatesse de ton caractère et celle de tes moindres gestes.

Tu as choisi pour ta mission humaine la carrière la plus noble et la plus difficile qui...