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Monde - Reportage

À Stepanakert, « peine immense » après les bombardements

À Stepanakert, « peine immense » après les bombardements

Les forces azéries ont visé la ville de Stepanakert dans le Haut-Karabakh le 3 octobre 2020. Karo Sahakyan/ArmGov/PAN Photo/Handout via Reuters

À Stepanakert, capitale de la région séparatiste du Haut-Karabakh, les habitants exprimaient samedi leur désarroi et leur « peine immense » en ramassant à l’aube les débris de leurs appartements, au lendemain de bombardements destructeurs ayant visé la ville. Dans la journée et la soirée de vendredi, l’armée azerbaïdjanaise a tiré à l’artillerie lourde – une première – sur cette ville d’environ 50 000 habitants, obligeant les habitants à se réfugier dans les caves, les abris et les garages. « Je suis sorti de chez moi et 5 ou 10 minutes plus tard, boum, une explosion. Heureusement, il n’y avait personne à la maison », raconte Nelson Adamian, un électricien de 65 ans. « C’est une peine immense pour notre communauté et pour notre peuple », lance-t-il dans la cour de son immeuble, touché par une roquette. Samedi matin, des tirs étaient à nouveau entendus à Stepanakert après une nuit plus calme.

Dans cette partie de la ville, deux vieux immeubles de trois étages ont été touchés. Leurs toits sont enfoncés, les fenêtres brisées. Un magasin avoisinant a également été frappé, les débris s’éparpillant sur des dizaines de mètres à la ronde. Une dizaine d’habitants rassemblent des affaires pour quitter la ville tandis que d’autres nettoient les débris de verre ou tentent de réparer les portes soufflées par l’explosion. Une mare de sang est encore visible sur l’asphalte et sur la porte d’une voiture. Les frappes sur Stepanakert témoignent de la recrudescence des combats au Haut-Karabakh région reconnue azerbaïdjanaise par la communauté internationale mais habitée par une majorité arménienne. La région a fait sécession au début des années 1990, provoquant une guerre qui a fait 30 000 morts. Aucun traité de paix n’a été signé et les heurts sont réguliers, mais n’avaient jamais atteint l’intensité connue depuis la reprise des hostilités, dimanche dernier.

« Pas peur »

« Pour la première fois, Stepanakert a été touchée par des systèmes de missiles lourds », a indiqué vendredi soir aux journalistes un haut représentant du Haut-Karabakh, Artak Beglarian, faisant état d’un mort et de onze blessés dans ces tirs. Un autre responsable séparatiste, Grigori Martyrossian, a affirmé aux journalistes vendredi que « des bâtiments publics, résidentiels et des infrastructures » ont été endommagés. Pas question pourtant d’évacuer la ville pour le moment, a-t-il ajouté alors que des villes et villages proches du front, une cinquantaine de kilomètres à l’est, ont été évacués.

Dans la capitale, un des bâtiments les plus endommagés par les bombardements de vendredi est le siège du ministère des Situations d’urgence, qui chapeaute les services de secours et les pompiers. Les autorités accusent Bakou d’avoir visé « à dessein » l’édifice, un « crime de guerre » selon elles.

« L’Azerbaïdjan continue de viser des infrastructures civiles », a notamment accusé Artak Beglarian.

L’ancien ministre arménien de la Santé Armène Mouradian, médecin volontaire au Haut-Karabakh, a dit « constater que les blessures par éclats d’obus sont majoritaires » dans la population civile, signe selon lui du « caractère inhumain » des bombardements. Cette situation exige « de nouvelles ressources, médicaments et médecins », ajoute-t-il.

La menace des drones

Stepanakert est aussi souvent survolée par les drones azerbaïdjanais, au sifflement caractéristique audible chaque nuit. L’éclairage public a d’ailleurs été coupé dans la ville pour la camoufler et les habitants n’allument la lumière chez eux que si les rideaux de leurs fenêtres ont été fermés.

Plusieurs fois par jour, les alertes à la bombe résonnent mais si certains habitants ont choisi de quitter la ville, aucun signe de panique n’est encore visible depuis la reprise des hostilités, dimanche. Avant les bombardements de vendredi, les habitants affichaient déjà une certaine défiance face à la guerre. « Il y a des tirs, des bombardements, mais ça ne nous touche pas. Nous sommes habitués », lançait vendredi matin Arkadi, un habitant de 66 ans. « Il y aura des victimes, la guerre, c’est la guerre », poursuivait-il avant d’ajouter : « Nous n’avons pas peur, nous avons notre fierté. »

Source : AFP

À Stepanakert, capitale de la région séparatiste du Haut-Karabakh, les habitants exprimaient samedi leur désarroi et leur « peine immense » en ramassant à l’aube les débris de leurs appartements, au lendemain de bombardements destructeurs ayant visé la ville. Dans la journée et la soirée de vendredi, l’armée azerbaïdjanaise a tiré à l’artillerie lourde – une première – sur cette ville d’environ 50 000 habitants, obligeant les habitants à se réfugier dans les caves, les abris et les garages. « Je suis sorti de chez moi et 5 ou 10 minutes plus tard, boum, une explosion. Heureusement, il n’y avait personne à la maison », raconte Nelson Adamian, un électricien de 65 ans. « C’est une peine immense pour notre communauté et pour notre peuple », lance-t-il dans la cour...
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