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Monde - Diplomatie

Les tensions en Méditerranée au cœur d’un sommet européen en Corse

La France appelle à ce que la réunion amène à « une clarification » des relations avec la Turquie.

Les tensions en Méditerranée au cœur d’un sommet européen en Corse

Un navire turc d’exploration au large des côtes chypriotes, le 25 septembre 2019. Photo AFP

Au total, sept pays européens du sud de la Méditerranée seront réunis aujourd’hui en Corse autour du président français Emmanuel Macron. Le sommet, sous-régional, a lieu en anticipation du Conseil européen des 24 et 25 septembre, avec au cœur des discussions les récentes tensions en Méditerranée orientale entre la Turquie et plusieurs pays dont la Grèce et Chypre.

L’objectif de la réunion est de coordonner les positions des différents pays européens, avec en ligne de mire l’ambition de créer un front commun unifié sous l’égide de la France. L’« unanimité européenne quant à la solidarité avec la Grèce et quant au caractère inacceptable des menaces militaires de la Turquie » est ce qui rassemble ces pays, estime Marc Pierini, chercheur au centre Carnegie et ancien diplomate français.Tous ces États sont membres du Med7, un forum sous-régional né en 2016 sur fond de crise grecque. Les dirigeants ont quelques heures aujourd’hui, dans un hôtel de la baie d’Ajaccio, pour faire émerger une stratégie afin de faire progresser « le consensus sur la relation de l’UE avec la Turquie, en vue notamment du sommet européen des 24-25 septembre qui y sera consacré », à Bruxelles, précise le palais présidentiel de l’Élysée.

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Officiellement, l’Union européenne cultive un discours de médiation. La France appelle ainsi à ce que le sommet corse amène à « une clarification » des relations avec la Turquie, « un partenaire important » avec lequel « il faut pouvoir travailler sur une base solide », en référence à l’attachement des Européens à une résolution pacifique des tensions et au maintien de bonnes relations avec les pays du voisinage immédiat. Mais Paris semble enclin à adopter une posture plus offensive et cherche des alliés européens pour la mettre en place.

Depuis une dizaine d’années, la découverte de nouveaux gisements d’hydrocarbures a en effet réveillé d’anciennes disputes territoriales entre ces pays, faisant de la région un terrain explosif et surmilitarisé. Ankara conteste les frontières maritimes et revendique une souveraineté sur une partie des eaux territoriales grecques et chypriotes, jusqu’à envoyer des flottes d’exploration mettant la Grèce, Chypre et plusieurs pays européens en état d’alerte militaire. Au cours des dernières semaines, la multiplication de manœuvres militaires, de déclarations belliqueuses et d’incidents a entraîné le conflit, déjà latent, dans une nouvelle phase d’affrontement sur le terrain.

Dans ce contexte tendu, la France tente de prendre le leadership d’une alliance méditerranéenne antiturque – au nom d’une solidarité intra-européenne, mais également en raison des intérêts français en Libye, l’autre grand dossier qui divise la région. Début juillet, la France s’était retirée temporairement de l’opération de sécurité maritime de l’OTAN en Méditerranée, espérant obtenir un soutien plus franc de l’alliance face à la multiplication des tensions avec la Turquie. En plus des accrochages réguliers en mer, Paris reproche à Ankara de violer quotidiennement l’embargo sur les armes à destination de la Libye. La Turquie y est engagée depuis la fin 2019 aux côtés du Gouvernement d’union nationale face aux forces du général Haftar soutenu par Paris.

Sanctions

L’escalade des tensions au cours de l’été confirme le choix français d’une stratégie frontale afin de changer le rapport de force sur le terrain et de pousser les Turcs à la négociation. Début août, la France a déployé sa flotte navale et aérienne en soutien à Athènes afin de contrer les tentatives turques d’exploration en eaux grecques. Une série de déclarations hostiles entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan marque également une phase particulièrement délicate dans les relations entre les deux pays.

L’Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l’Union, tente, elle, de refroidir les ardeurs françaises afin de ménager ses relations avec la Turquie, un partenaire stratégique et commercial de Berlin. Le gouvernement Merkel s’attache à rétablir le dialogue entre Ankara, la France et plusieurs autres pays de l’Union européenne, alors que de nombreuses tensions militaires et diplomatiques ont eu lieu cet été.

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Mais l’objectif de front commun et l’approche médiatrice pourraient se révéler difficiles à mettre en pratique. « Au-delà des messages politiques, il n’y a pas d’obligation de prendre des décisions formelles, peut-être peut-il y avoir tout au plus une annonce à l’issue de la réunion France-Grèce », estime Marc Pierini. Malgré les déclarations de bonnes intentions, la problématique centrale reste donc celle des méthodes à adopter afin de parvenir à cet objectif – ou « comment arrêter la spirale des menaces turques et déclencher un dialogue direct entre Athènes et Ankara », note M. Pierini. Pour beaucoup, « le dialogue ne sera pas possible tant que la Turquie n’aura pas mis un terme à ses opérations navales et à son discours guerrier », résume l’ancien diplomate.

L’une des options envisagées pourrait être l’adoption de sanctions contre Ankara, qui pourraient être à l’ordre du jour du prochain sommet, prévu le 24 septembre, selon des récentes déclarations du haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères. « En l’absence de progrès de la part de la Turquie, nous pourrions établir une liste de nouvelles mesures restrictives », a déclaré Josep Borrell.


Au total, sept pays européens du sud de la Méditerranée seront réunis aujourd’hui en Corse autour du président français Emmanuel Macron. Le sommet, sous-régional, a lieu en anticipation du Conseil européen des 24 et 25 septembre, avec au cœur des discussions les récentes tensions en Méditerranée orientale entre la Turquie et plusieurs pays dont la Grèce et Chypre.L’objectif de...

commentaires (3)

La Turquie via la politique d’Erdogan est entrée dans la logique de la stratégie du 3 ième Reich du nationalisme et de l’espace vital qu’elle veut occuper en méditerranée orientale et ses anciens territoires arabes, en réveillant le rêve de l’empire ottoman. cette folie va ajouté encore des souffrances aux souffrances du M.O.

DAMMOUS Hanna

19 h 54, le 10 septembre 2020

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Commentaires (3)

  • La Turquie via la politique d’Erdogan est entrée dans la logique de la stratégie du 3 ième Reich du nationalisme et de l’espace vital qu’elle veut occuper en méditerranée orientale et ses anciens territoires arabes, en réveillant le rêve de l’empire ottoman. cette folie va ajouté encore des souffrances aux souffrances du M.O.

    DAMMOUS Hanna

    19 h 54, le 10 septembre 2020

  • Il ne faut pas compter sur l'Allemagne , c'est une traitre, l'Europe n'existe pas chacun son intérêt mais quand il y aura une guerre contre on va bien rigoler . Les pays du nord s'enfoutent royalement, ils n'ont pas l'histoire que nous avons , il faut qu'ils aillent à l' école, il y a la Greta en question que je ne sais pas qui il y a dérriere dans tous les cas elle est devenue riche

    Eleni Caridopoulou

    18 h 50, le 10 septembre 2020

  • IL FAUT ARRETER LE DANGER DES GENOCIDAIRES OTTOMANS.

    OLJ, FOSSOYEUR DE LA LIBRE EXPRESSION

    10 h 06, le 10 septembre 2020

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