Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à droite sur la photo), recevant son homologue suisse, Ignazio Cassis, à Téhéran, le 7 septembre 2020. Photo AFP / ATTA KENARE
Le ministre suisse des Affaires étrangères Ignazio Cassis a déclaré lundi avoir eu une "discussion fructueuse" à Téhéran avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif sur des questions ayant trait à la "paix" et aux "droits humains" notamment. M. Zarif s'est félicité pour sa part dans un message sur Twitter des "discussions excellentes" qu'il dit avoir eu avec son hôte sur "des questions bilatérales, régionales et planétaires".
M. Cassis, dont le pays représente les intérêts américains à Téhéran depuis la rupture des relations diplomatiques entre la République islamique et les Etats-Unis en 1980, doit achever lundi une visite de trois jours en Iran. Selon un communiqué des Affaires étrangères iraniennes, le dialogue entre les deux ministres a porté entre autres sur la situation en Syrie et au Yémen, l'accord international sur le nucléaire iranien et "la politique hostile" de Washington à l'égard de Téhéran. La visite de M. Cassis a été placée sous le signe de la célébration du centenaire de l'instauration de relations diplomatiques entre la Confédération helvétique et ce qui était alors connu internationalement comme la Perse.
L'animosité entre Washington et Téhéran s'est exacerbée depuis que le président américain Donald Trump a dénoncé unilatéralement et s'est retiré en 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. Les deux pays sont apparus par deux fois au bord de la guerre depuis juin 2019.
"Paix, développement économique et droits humains --discussion fructueuse avec mon homologue (Mohammad Javad) Zarif", a tweeté M. Cassis sans plus de précisions, avant d'être reçu dans l'après-midi par le président iranien Hassan Rohani.
Selon l'agence officielle Irna, ce-dernier a répété la position iranienne selon laquelle la République islamique est "ouverte" à ce que les Etats-Unis reviennent sur leurs "erreurs", réparent "leurs actions illégales" et se rallient à l'accord de Vienne.
"Sabotages américains"
Le 2 septembre, Amnesty International a publié un rapport sur l'Iran. L'ONG y dénonce ce qu'elle présente comme un recours généralisé à la torture et aux mauvais traitements pour obtenir des aveux et des condamnations de personnes arrêtées au cours de la répression ayant suivi trois jours de troubles dans une centaine de villes en novembre 2019. Ces troubles étaient survenus après l'annonce d'une hausse surprise du prix de l'essence.
Sur Twitter, M. Cassis s'est félicité de l'instauration du "canal humanitaire suisse permettant le transfert de produits alimentaires et de matériel médical à destination du peuple iranien". Officialisé en janvier après un accord entre Berne et Washington, ce mécanisme n'a jusque-là permis que deux livraisons, réalisées par des entreprises suisses. Les Affaires étrangères iraniennes ont dit espérer qu'il puisse monter en puissance.
Bien que théoriquement non visés par les sanctions unilatérales rétablies par Washington contre l'Iran après la dénonciation de l'accord de Vienne, de tels échanges sont dans les faits pratiquement impossibles compte tenu de la réticence des banques à en assumer la responsabilité par peur de représailles aux Etats-Unis.
Disant apprécier "les efforts de la Suisse pour mitiger les sabotages américains", M. Zarif a néanmoins jugé sur Twitter que la "priorité" devait être donnée au retour à un commerce normal pour l'Iran.
Le rétablissement des sanctions américaines a plongé l'Iran, dès le second semestre 2018, dans une violente récession dont le pays peine à sortir. Les sanctions ont aussi mené à un quasi tarissement des exportations pétrolières de la République islamique, qui constituaient l'essentiel de ses ressources budgétaires.


À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir