Vue des silos à grains dévastés par les explosions du 4 août dernier dans le port de Beyrouth. Gonzalo Fuentes/AFP
Fadi Sawan, juge d'instruction et procureur général près la Cour de justice, le tribunal pénal chargé du dossier des explosions meurtrières du 4 août dans le port de Beyrouth, a émis lundi cinq nouveaux mandats d'arrêt dans le cadre de cette enquête. Le premier de ces mandats a été délivré contre le directeur général du transport maritime (au sein du ministère des Transports et des Travaux publics), Abdel Hafez el-Kaïssi, et le second contre Mohammad Maoula, chargé du contrôle des accès des navires aux quais et également rattaché au ministère. MM. Kaïssi et Maoula étaient jusque-là en liberté.
Trois autres mandats d'arrêt ont été émis contre des détenus de nationalité syrienne et qui ont, selon les autorités, effectué les travaux de soudage qui ont déclenché l'incendie dans le hangar 12. Il s'agit d'Ahmad Rajab, Khoder Ahmad et Raëd Ahmad. Ils ont été auditionnés par le juge Sawan avant d'être placés sous mandats d'arrêts. Le juge devra demain entendre quatre officiers libanais dans le cadre de l'enquête.
Depuis le début de cette enquête, une vingtaine de personnes ont été arrêtés, notamment des employés et responsables du port, son ancien directeur général Hassan Koraytem et le directeur général des douanes, Badri Daher.
De nombreux responsables libanais ont reconnu avoir été mis au courant de la présence, depuis 2014, des 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium qui ont, selon les explications officielles, soufflé Beyrouth après un incendie déclaré dans le hangar où elles étaient stockées sans précaution. Le président de la République, Michel Aoun, refuse qu'une enquête internationale soit menée, affirmant que celle-ci "diluerait la vérité". Une enquête nationale est en cours. La double explosion du 4 août a fait, selon le dernier bilan disponible, 190 morts et 6.500 blessés.


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