Des soldats américains dans l’Est syrien le 27 août 2020. Delil Souleiman/AFP
La Russie a accusé hier les États-Unis d’être à l’origine d’une confrontation tendue en Syrie au cours de laquelle des véhicules militaires et des hélicoptères russes ont encerclé des blindés américains, faisant des blessés chez les soldats américains. Le Conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison-Blanche a déclaré dans un communiqué qu’un véhicule russe avait heurté un blindé américain, « blessant l’équipage du véhicule ». Le ministère russe de la Défense a publié un communiqué dans lequel il assure avoir averti à l’avance la Coalition anti-État islamique, dirigée par les États-Unis, du déplacement d’une patrouille de sa police militaire. « Malgré cela, en violation des accords existants, les soldats américains ont tenté de bloquer la patrouille russe », a-t-il affirmé, ajoutant que la police militaire russe avait « pris les mesures nécessaires » pour mettre fin à l’incident et poursuivre sa mission.
Le chef d’état-major russe, Valery Gerasimov, a fourni « des explications complètes » lors d’une conversation téléphonique avec le général Mark Milley, qui dirige l’état-major interarmes américain, a ajouté Moscou. Des vidéos mises en ligne sur Twitter, apparemment filmées par des témoins et les Russes eux-mêmes, semblent montrer des blindés et des hélicoptères russes tentant de bloquer des véhicules américains, puis les forcer à quitter la zone, dans le nord-est de la Syrie.
Sur les images, les véhicules semblent entrer en collision et à un certain point un hélicoptère russe vole très bas de façon menaçante, au-dessus des blindés américains. Le NSC ou le Pentagone n’ont pas précisé le nombre de soldats américains blessés dans la collision ou la gravité de leurs blessures.
Le porte-parole du NSC, John Ullyot, a déclaré que les véhicules américains effectuaient une patrouille dans le cadre de la coalition anti-Daech. Il a précisé que la patrouille américaine avait quitté les lieux afin de désamorcer la situation et éviter tout risque d’affrontement direct.
« Des actions dangereuses et non professionnelles comme celle-ci sont une violation des protocoles de déconfliction, établis par les États-Unis et la Russie en décembre 2019 », a-t-il ajouté. « La coalition et les États-Unis ne cherchent la confrontation avec aucune force militaire nationale, mais les forces américaines conservent toujours le droit et l’obligation de se défendre face aux actions hostiles », a-t-il dit. Les troupes américaines et russes sont souvent en contact en Syrie, mais les affrontements ont été rares.
Source : AFP

