Dans la situation actuelle particulièrement compliquée et face à la succession de tragédies et de drames dont le Liban est le théâtre ces dernières semaines, le discours du chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, dimanche dernier est passé presque inaperçu. Pourtant, c’est l’une des rares fois où le chef du CPL, l’une des personnalités les plus controversées du paysage politique actuel, s’exprime aussi franchement, aussi globalement et en même temps d’une façon aussi détaillée. En évoquant en long et en large ce qu’il appelle « le ciblage systématique » du CPL, à travers sa personne et celles des ministres qui évoluent dans l’orbite de ce courant, l’ancien ministre s’est à la fois adressé à ses partisans et à ses détracteurs, ainsi qu’aux Libanais en général.
D’abord, il a reconnu qu’il y a un malaise autour et au sein du CPL, qui est peut-être le fruit d’erreurs commises soit au niveau du commandement, soit au niveau des responsables qui ont travaillé dans le secteur public sous sa bannière. Gebran Bassil a d’ailleurs affirmé qu’au sein de la formation aouniste, « nous nous remettons chaque jour en question et nous nous demandons en permanence si nous avons bien agi ou si nous avons commis des erreurs ».
Dans ce discours télévisé, Bassil a donc énuméré de nombreux exemples du ciblage du CPL en tant que groupe et en tant qu’individus. Il a ainsi rappelé que dès qu’un membre ou un proche du CPL prend en charge un portefeuille ministériel, il est immédiatement la cible d’une campagne de dénigrement, lui et l’ensemble du ministère. Mais lorsque ce même ministère est pris en charge par une personnalité en dehors du CPL, plus personne n’en parle. Qu’elle agisse ou qu’elle ne fasse rien, le dossier dont elle a la charge n’est plus prioritaire. Il a ainsi donné l’exemple du ministère de l’Environnement. Sous la houlette de Fady Jreissati, il avait dressé un plan pour le traitement des ordures et pour les carrières. Il n’a cessé d’être critiqué et attaqué. Par contre, le ministre actuel n’a jamais été mis en cause...
Pour citer un autre exemple récent : le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt, le chef des Forces libanaises Samir Geagea et le chef du CPL Gebran Bassil ne sont pas favorables au retour de Saad Hariri à la tête du gouvernement en gestation. Mais dans certains médias, c’est Gebran Bassil qui bloque la désignation du chef du courant du Futur. De même, lorsque ce sujet est évoqué avec le chef de l’État et qu’il refuse de se prononcer en suggérant à ses interlocuteurs de parler avec les différents groupes parlementaires, dont celui du Liban fort, c’est de nouveau Gebran Bassil qui est accusé de contrôler la décision présidentielle. Toutefois, si le chef de l’État avait donné un avis clair, il aurait été aussi accusé d’outrepasser ses prérogatives puisqu’en réalité, son rôle sur ce sujet se limite à recueillir les avis des députés et à annoncer ensuite le nom du candidat qui aura obtenu le plus grand nombre de suffrages auprès des parlementaires...
À partir de là, M. Bassil estime être la cible d’une campagne systématique de dénigrement. Certains attribuent cette campagne à la mauvaise gestion du parti par son chef. Selon ses détracteurs, Gebran Bassil aurait multiplié les erreurs dans les choix des personnes, dans le suivi de certains dossiers, et surtout dans son style qualifié d’ « arrogant ». Il serait donc ainsi responsable du mauvais rendement des ministres qu’il a choisis, directement ou non, depuis 2016. Il serait aussi responsable des mauvaises relations du CPL avec la plupart des composantes politiques du pays ainsi que du départ de plusieurs partisans qui ne se retrouvent plus dans cette formation.
Ce sujet mérite sans doute une enquête approfondie au sein du CPL et avec ceux qui l’ont quitté. Mais il est probable que la situation reste plus nuancée.
Ceux qui le connaissent affirment qu’il ne s’agit certes pas d’un personnage facile. Mais selon eux, il y a plus que tout cela dans les attaques lancées contre lui. Pour ses partisans, la grande faute de Gebran Bassil, indépendamment des détails internes, est d’avoir refusé de dénoncer l’alliance avec le Hezbollah conclue le 6 février 2006 après des mois de négociations.
De 2006 à aujourd’hui, des propositions lui ont été régulièrement présentées, assorties de menaces pour qu’il prenne ses distances avec le parti chiite. Mais comme il l’a expliqué lui-même dans son discours de dimanche, le CPL ne peut qu’être aux côtés du Hezbollah contre Israël, contre le terrorisme et contre l’étranger en général, même s’il peut avoir de profondes divergences avec lui sur des questions intérieures.
Pour les partisans de l’ancien ministre, l’intensification actuelle de la campagne internationale, et même, par certains aspects, interne, contre le Hezbollah passe par la destruction systématique de son allié chrétien et la diabolisation du chef du parti. L’isolement politique et confessionnel du Hezbollah exige aujourd’hui de discréditer le CPL puisqu’il n’a pas été possible de le pousser à s’éloigner de la formation chiite. Non seulement il faut l’affaiblir pour l’empêcher de donner une couverture chrétienne au Hezbollah, mais il faut aussi couper l’envie à toute autre partie chrétienne de suivre son exemple. Par son positionnement, le CPL aurait donc entravé le projet d’isoler le Hezbollah au Liban en lui donnant une couverture nationale. Les critiques qu’il subit actuellement seraient donc, selon cette optique, une partie du prix à payer pour ses positions.



Mme Haddad cite Gebran B qui selon elle "c’est l’une des rares fois "qu'il s’exprime aussi franchement, aussi globalement et en même temps d’une façon aussi détaillée..." C'est faux Mme Haddad, ses interventions ne sont pas rares du tout, ce que vous estimez être de la franchise, de la globalité et du détail n'a été que provocation (surtout avant le 17/10/2019) qui a failli dégénérer... Ensuite Mme Haddad nous informe que, Samir G, Walid J, ne veulent pas de Saad H. mais certains média accusent GB de bloquer la nomination de Saad H. Non Mme Haddad,1-quel rapport avec Samir G et Walid J, qui ne sont pas ceux qui forment le gouvernement pour s'accaparer de ce qu'il considère, la part chrétienne. 2- ce n'est pas "certains" médias mais tous sauf ceux de la "moumanaa" surtout que Nabih B (qui déclare souhaiter Saad H) après une longue réunion et un repas dont nous avons eu le menu,avec GB et des représentants du hizb (qui lui aussi souhaite Hariri au pouvoir) a déclaré se laver les mains de la composition du nouveau gouv. et dit que ce ne sera pas de sitôt qu'il sera formé...
16 h 41, le 24 août 2020