Le directeur de la compagnie d’exploitation du port, Hassan Koraytem. Il est le deuxième haut fonctionnaire en 24 heures à être arrêté, dans l’affaire de l’explosion du 4 août. Photo ANI
Le juge d’instruction Fady Sawan, procureur général près la Cour de justice chargée du dossier des explosions du 4 août dans le port de Beyrouth, a émis hier un nouveau mandat d’arrêt, cette fois contre le directeur de la compagnie d’exploitation du port, Hassan Koraytem.
Ce dernier est le second haut fonctionnaire à être arrêté en 24 heures, dans l’affaire de l’explosion du 4 août.
La veille, M. Sawan avait ordonné l’arrestation du directeur général des Douanes, Badri Daher.
M. Sawan a arrêté M. Koraytem après l’avoir interrogé pendant près de quatre heures, en présence de son avocat, Sakhr Hachem. L’interrogatoire du prédécesseur de M. Koraytem, Chafic Merhi, qui était également prévu hier, a été reporté, l’accusé ayant soulevé une exception de forme.
On sait qu’une vingtaine d’employés du port et de fonctionnaires avaient été placés en détention provisoire par le procureur général de cassation, Ghassan Oueidate, dans l’affaire des deux explosions du port, avant que l’affaire ne soit déférée devant la Cour de justice.
Rectificatif de la Finul
Le porte-parole de la Force internationale des Nations unies au Liban, Andrea Tenente, a rectifié hier dans une mise au point une information parue le même jour dans le quotidien al-Akhbar, affirmant que la Finul avait autorisé en 2013 le navire transportant la cargaison de nitrate d’ammonium à poursuivre son chemin, ayant jugé que la matière n’était pas « interdite ». Selon le quotidien, ce détail aurait été communiqué au juge d’instruction par Badri Daher lui-même.
Le porte-parole de la Finul a réfuté cette information, précisant pour commencer qu’il lui était interdit de « commenter une information relative à une procédure judiciaire en cours ».
Toutefois, M. Tenente a indiqué que les règles d’engagement interdisent à la force navale de la Finul d’aborder un navire et de le fouiller, et elle n’assume aucune responsabilité dans l’autorisation d’entrée au port. Ses responsabilités, a-t-il précisé, se limitent à patrouiller dans les eaux territoriales libanaises, à éventuellement interpeller un cargo qui lui semble suspect et à le référer à la marine libanaise pour une fouille éventuelle. Et le porte-parole de la Finul d’ajouter que « les questions de cet ordre doivent être adressées aux autorités libanaises compétentes ».
Sollicité pour un commentaire, l’avocat de M. Daher, l’ancien magistrat Mounif Hamdan, s’est tenu à la plus stricte confidentialité et n’a voulu « ni confirmer ni infirmer » quoi que ce soit.

