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Biélorussie

La contestation contre Loukachenko s’étend : débrayages et appel à manifester

La contestation contre Loukachenko s’étend : débrayages et appel à manifester

Les manifestations se poursuivaient hier à Minsk contre le pouvoir du président Loukachenko. Sergei Gapon/AFP

La candidate d’opposition à la présidentielle du Bélarus a appelé à des rassemblements « de masse » ce week-end, et les manifestations et débrayages se multipliaient hier, signe d’une contestation croissante contre le président Loukachenko malgré une brutale répression.

En fin d’après-midi, plusieurs milliers de contestataires étaient rassemblés près du siège du gouvernement à Minsk, bloquant la circulation et scandant des slogans antipouvoir. « Svetlana, présidente ! » répétaient en chœur des contestataires.

L’opposante Svetlana Tikhanovskaïa, qui s’est réfugiée en Lituanie en début de semaine, s’est exprimée pour la première fois depuis mardi pour appeler dans une vidéo les villes du pays à rejoindre la contestation lors de rassemblements pacifiques les 15 et 16 août. Jugeant la situation « critique », elle accuse le pouvoir bélarusse de « massacre ». « Plus jamais les Bélarusses ne voudront vivre sous » le régime d’Alexandre Loukachenko, a-t-elle martelé, revendiquant de nouveau la victoire à la présidentielle du 9 août. Dans un communiqué, elle a ensuite annoncé la création d’un comité pour organiser le transfert du pouvoir et demandé à la communauté internationale « de faciliter un dialogue » avec les autorités.

Hier, les débrayages dans les usines et les chaînes humaines pacifiques se sont répandus comme la veille dans tout le pays pour dénoncer la brutalité de la police et les fraudes électorales. Des centaines d’ouvriers sont sortis des ateliers des usines de tracteurs (MTZ), et de camions et autobus (MAZ), emblématiques du système socio-économique promu par M. Loukachenko. Des employés de MTZ ont ensuite entamé une marche dans le centre-ville de Minsk.

Tabassés, brûlés, électrocutés

Depuis jeudi, confrontées à des milliers de personnes vêtues de blanc, tenant des fleurs et formant des chaînes humaines le long des rues, les autorités bélarusses ont donné des signes de recul. Les forces antiémeute n’ont pas dispersé ces derniers rassemblements à coups de matraque et d’armes antiémeute, contrairement aux manifestations précédentes. Les autorités ont aussi annoncé la libération de plus de 2 000 des 6 700 personnes arrêtées depuis dimanche.

Celles interrogées par l’AFP ont raconté des conditions de détention atroces. Privées d’eau, de nourriture et de sommeil, tabassées ou brûlés par des cigarettes, elles étaient en outre incarcérées par dizaines dans des cellules prévues pour quatre ou six. « Mon dos est couvert de bleus après des coups de matraque », raconte Maxim Dovjenko, 25 ans, assurant avoir été arrêté et tabassé alors même qu’il n’avait pas participé aux manifestations. Mikhaïl Tchernenkov, entrepreneur de 43 ans, montre ses fesses tuméfiées. Il dit avoir été électrocuté et matraqué. Dans un communiqué, l’ONG Amnesty International a rapporté des cas de manifestants « mis à nu, battus et menacés de viol ».

Depuis dimanche soir, le Bélarus est le théâtre d’une vague de protestations d’une ampleur inédite contre la réélection de M. Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans dans cette ex-république soviétique. Les protestations contre sa victoire –

officiellement avec 80 % des voix – ont été violemment réprimées par les forces antiémeute, faisant deux morts et un nombre élevé mais inconnu de blessés.

Svetlana Tikhanovskaïa, créditée de 10 % des voix, avait dénoncé des fraudes massives et demandé à M. Loukachenko de « céder » la place. Cette novice en politique, professeure d’anglais de formation et mère au foyer, a mobilisé d’immenses foules à la surprise générale. Selon ses partisans, elle a quitté le Bélarus après avoir subi des menaces du pouvoir. Son mari, qu’elle a remplacé au pied levé dans la course à la présidence, est emprisonné depuis mai.

Malgré la répression, le pouvoir n’est pas parvenu à juguler la contestation, avec des foules participant à d’innombrables chaînes humaines partout dans le pays.

La contestation a aussi gagné une partie de l’élite. Des journalistes de médias d’État ont démissionné, plus de 1 000 chercheurs ont protesté « contre la violence » et le lobby des hommes d’affaires russo-bélarusses a appelé à un dialogue entre la société civile et le pouvoir.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE a par ailleurs eu lieu hier pour débattre d’éventuelles sanctions contre le pouvoir bélarusse. Tout comme l’Allemagne, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’y est dit favorable, dénonçant des violations des « droits humains ».

Le ministre bélarusse des Affaires étrangères, Vladimir Makeï, a assuré, lui, que son pays était disposé à « un dialogue constructif et objectif avec ses partenaires étrangers ». Le pouvoir bélarusse a reçu le soutien de Moscou qui a dénoncé des tentatives « d’ingérence étrangère » visant à déstabiliser le pays.

Alexandre Loukachenko, 65 ans, n’a jamais laissé aucune opposition s’ancrer. La précédente vague de contestations, en 2010, avait été sévèrement réprimée.

Source : AFP


La candidate d’opposition à la présidentielle du Bélarus a appelé à des rassemblements « de masse » ce week-end, et les manifestations et débrayages se multipliaient hier, signe d’une contestation croissante contre le président Loukachenko malgré une brutale répression.

En fin d’après-midi, plusieurs milliers de contestataires étaient rassemblés près du...

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