Le député Ibrahim Kanaan (g), s'entretenant avec le patriarche maronite Béchara Raï, le 12 août 2020 à Dimane. Photo Ani
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a reçu mercredi le député aouniste Ibrahim Kanaan, qui a affirmé que la priorité était de traduire en justice les responsables des explosions dévastatrices du 4 août au port de Beyrouth.
Ces explosions ont fait, selon le dernier bilan provisoire, 171 victimes, plus de 6.000 blessés et 300 000 sans-abris. Entre 20 et 30 personnes sont toujours portées disparues. La rue tient les dirigeants pour responsables de cette explosion, qui s'est produite dans un hangar du port où étaient stockées, depuis des années et sans précaution, 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium.
"La catastrophe de Beyrouth a mis en évidence un principe essentiel, le fait qu'il ne peut y avoir de limite à la reddition des comptes", a déclaré M. Kanaan à l'issue de sa réunion avec le dignitaire maronite à Dimane (Nord). "Les Libanais et les sinistrés veulent voir des résultats de la part de l'Etat", a-t-il ajouté, soulignant s'engager "à 100 %" à ce que ces résultats soient rapidement publiés "en coopération avec la communauté internationale".
En ce qui concerne la situation politique, deux jours après la démission du gouvernement de Hassane Diab, le député a souligné que "la question d'une reconstruction du pouvoir au Liban est mise sur la table". Il a dans ce cadre estimé qu'il était nécessaire de constituer un gouvernement productif et efficace "quelle que soit la forme qu'il prend".
Six jours après la catastrophe qui a dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, le gouvernement de Hassane Diab a démissionné et chargé des affaires courantes. Baabda n'a toutefois pas encore annoncé de rendez-vous pour les consultations parlementaires contraignantes, à l'issue desquelles le nom du futur Premier ministre doit être annoncé. Mobilisée en force depuis les premiers jours après les explosions du port, la rue réclame un changement total du régime politique.


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