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Explosions de Beyrouth

Le député Henri Hélou démissionne

Le député Henri Hélou démissionne

Le député Henri Hélou, ici dans les locaux de « L’Orient-Le Jour ». Photo d'archives A.-M.H.

Le député de Aley Henri Hélou (affilié à la Rencontre démocratique de Walid Joumblatt) a présenté lundi par écrit sa démission au secrétaire général du Parlement Adnane Daher en guise de protestation contre la classe dirigeante, pointée du doigt pour sa responsabilité dans les explosions meurtrières et a priori accidentelles qui ont ravagé le port de Beyrouth, faisant plus de 150 morts et 6.000 blessés.

"Par respect pour les âmes des martyrs tombés dans l'explosion du port de Beyrouth, et les milliers de blessés suite à cette catastrophe causée par la négligence et l'irresponsabilité, et en solidarité avec les familles des disparus et touts ceux dont les biens ont été endommagés (...), et face à l'incapacité du pouvoir en place à initier des solutions et mettre en place des réformes, je présente ma démission au Parlement, en espérant que cela ouvrira une brèche d'espoir pour la population libanaise qui subit catastrophe après catastrophe (...)" a écrit M. Hélou dans sa lettre de démission. Le député affirme avoir pris sa décision "de manière individuelle", comme son collègue Marwan Hamadé mercredi, alors que le groupe parlementaire joumblattiste a affirmé ne pas vouloir démissionner pour le moment. "J'ai contacté hier Walid Joumblatt et je l'ai informé de ma démission", a souligné M. Hélou.

Le 4 août, deux explosions d'une violence inouïe ont ravagé le port de Beyrouth et de nombreux quartiers de la capitale, faisant au moins 158 morts et 6.000 blessés, selon un bilan encore provisoire. Selon la version officielle, l'explosion a été déclenchée par un incendie dans un stock de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium entreposées au port depuis 2014 sans mesures de sécurité, de l'aveu même du Premier ministre. Le président de la République, Michel Aoun, a pour sa part évoqué l'hypothèse d'une bombe ou d'un missile. Il a rejeté les appels à une enquête internationale, estimant qu'elle "diluerait la vérité".

Ce drame a suscité l'immense colère de la population, et deux manifestations, samedi et dimanche, ont été émaillées de violences, faisant un tué parmi les policiers et des centaines de blessés parmi les protestataires et les forces de l'ordre. Ces explosions se sont produites deux mois avant le premier anniversaire de la révolte populaire déclenchée contre la classe dirigeante le 17 octobre 2019.

Dimanche, la ministre de l'Information, Manal Abdel Samad, et celui de l'Environnement et du Développement administratif, Damien Kattar, ont jeté l'éponge. Hier également, le député de Zghorta Michel Moawad a démissionné. Son collègue Nehmat Frem a lui aussi fait de même, affirmant qu’il ne se rendra au Parlement que pour voter la dissolution. La veille, le bal des démissions avait débuté avec celles des députés Kataëb, Samy Gemayel, Nadim Gemayel et Élias Hankache, ainsi que celle de la député indépendante Paula Yacoubian. C'est le député Marwan Hamadé qui avait été le premier à annoncer sa démission, quelques heures après le drame.


Le député de Aley Henri Hélou (affilié à la Rencontre démocratique de Walid Joumblatt) a présenté lundi par écrit sa démission au secrétaire général du Parlement Adnane Daher en guise de protestation contre la classe dirigeante, pointée du doigt pour sa responsabilité dans les explosions meurtrières et a priori accidentelles qui ont ravagé le port de Beyrouth, faisant plus de...